A SSEMBLÉE NATIONALE
27 JANVIER 2026
l’association Addictions France le 3 juillet 2025 montre que l’interdiction de vente d’alcool aux mineurs est très
peu respectée par les commerçants. Dans 3 métropoles (Rennes, Nantes et Angers) où ont été réalisés des achatstests en vue de ce rapport, près de 9 établissements sur 10 (86 %) ont vendu de l’alcool à un mineur ; seulement
9 % des établissements ont refusé la vente d’alcool après avoir demandé une pièce d’identité. Parmi ces refus, 8
établissements ont demandé une pièce d’identité et 4 ont juste demandé l’âge du mineur sans vérifier la pièce
d’identité. Les sanctions judiciaires ne sont pas assez fortes et n’empêchent pas les établissements de continuer à
vendre aux mineurs : 75 % des établissements concernés par une procédure judiciaire ont vendu de l’alcool à des
mineurs en 2025. 91 % des établissements n’ayant pas fait l’objet de poursuite ont vendu de l’alcool à des mineurs.
Ces chiffres sont d’autant plus alarmants lorsqu’on sait que la proportion de jeunes ayant déjà bu de l’alcool est à
un niveau toujours très élevé, l’alcool demeurant, de loin, la substance psychoactive la plus consommée par les
jeunes. 80,6 % des adolescents de 17 ans ont déjà bu de l’alcool et 36,6 % ont connu au moins une alcoolisation
ponctuelle importante au cours du dernier mois. Une opération coordonnée entre la mairie d’Angers, Addictions
France, les services de l’État et la justice a permis, à partir d’octobre 2024, d’identifier et sanctionner plusieurs
établissements. Deux fermetures administratives ont été prononcées en décembre 2024. Un second cycle de
contrôles a été lancé en avril 2025, ciblant une liste élargie d’établissements incluant de nouveaux lieux ou non
encore contrôlés. À ce jour, seules des petites épiceries ont fait l’objet d’une suspension administrative, mais aucun
supermarché ou hypermarché. Par ailleurs, pour obtenir ce résultat, un important travail de coordination a dû être
réalisé par l’association pour convaincre de l’importance de cette mobilisation - un processus lourd qui paraît peu
adapté à une déclinaison dans tous les territoires. Il souhaite savoir quelles mesures le Gouvernement entend
prendre pour systématiser et pérenniser ces dispositifs de coopération territoriale, lever les freins organisationnels
identifiés et garantir une application homogène et rigoureuse de la loi sur l’ensemble du territoire.
4. Questions écrites
Alcools et boissons alcoolisées
Vente d’alcool aux mineurs et sanctions
12371. − 27 janvier 2026. − M. Hendrik Davi alerte Mme la ministre de la santé, des familles, de l’autonomie et
des personnes handicapées sur l’interdiction de la vente d’alcool aux mineurs dans l’ensemble des débits de
boissons (vente à emporter comme sur place), de l’épicerie en passant par l’hypermarché, ainsi que les bars,
restaurants rapides, et plus particulièrement sur le non-respect de ce principe par ces établissements. En effet, un
rapport accablant publié par l’association Addictions France le 3 juillet 2025 montre que l’interdiction de vente
d’alcool aux mineurs est très peu respectée par les commerçants. Dans 3 métropoles (Rennes, Nantes et Angers) où
ont été réalisés des achats-tests en vue de ce rapport, près de 9 établissements sur 10 (86 %) ont vendu de l’alcool à
un mineur ; seulement 9 % des établissements ont refusé la vente d’alcool après avoir demandé une pièce
d’identité. Les sanctions judiciaires ne sont pas assez fortes et n’empêchent pas les établissements de continuer à
vendre aux mineurs : en 2025, 75 % des établissements faisant déjà l’objet d’une procédure judiciaire pour vente
d’alcool à des mineurs ont tout de même réitéré l’infraction. 91 % des établissements n’ayant pas fait l’objet de
poursuite ont vendu de l’alcool à des mineurs. Ces chiffres sont d’autant plus alarmants alors que la proportion de
jeunes ayant déjà bu de l’alcool est à un niveau toujours très élevé, l’alcool demeurant, de loin, la substance
psychoactive la plus consommée par les jeunes. 80,6 % des adolescents de 17 ans ont déjà bu de l’alcool et 36,6 %
ont connu au moins une alcoolisation ponctuelle importante au cours du dernier mois. Il est donc essentiel de
mieux faire respecter la loi pour l’ensemble de ces établissements qui ne respectent pas les règles de vérification
d’âge et d’identité dans le cadre de la vente d’alcool. Des mesures doivent être prises pour enrayer cette situation.
Plusieurs dispositifs ont déjà été mis en place et qui vont dans ce sens. C’est le cas l’amende forfaitaire délictuelle
(AFD), mise en place en avril 2025, pour laquelle la vente d’alcool aux mineurs fait l’objet d’une amende de 300
euros, dans le cadre de l’élargissement du dispositif à de nouveaux « petits » délits, ou bien encore la mise en place
en 2019 d’une « charte d’engagements responsables relatives à la vente d’alcool », signée par les principales
enseignes de la grande distribution, impulsée par la mission interministérielle de lutte contre les drogues et les
conduites addictives (MILDECA). Mais ces dispositifs comportent des limites. Le montant de l’AFD apparaît
comme trop symbolique au regard des 7 500 euros d’amende maximum prévu par le code de la santé publique et
son champ d’action est limité. M. le député demande donc à Mme la ministre quels leviers d’actions elle peut
actionner pour enrayer la vente d’alcool aux mineurs. Il lui demande également quelles sont les sanctions nouvelles
qui pourraient être mises en œuvre pour dissuader tout établissement de continuer ce phénomène.
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