Situation des Tibétains et des Ouïgours en Suisse
et sur les personnalités politiques du pays hôte (en relation avec la question tibétaine
notamment).
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Des informations éparses indiquent que les services de renseignement chinois travail
lent aussi à surveiller et à infiltrer la communauté tibétaine en approchant des per
sonnes dotées de profils intéressants. Ces tentatives, qui visent à recruter des infor
mateurs ayant leurs entrées dans la communauté, peuvent aussi avoir lieu lors du
déplacement des personnes visées hors de Suisse, notamment en RPC.
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Depuis plus de dix ans, des cyberacteurs chinois mènent des attaques contre la com
munauté tibétaine en exil. Le gouvernement chinois mise beaucoup sur ses capacités
croissantes dans ce domaine. Longtemps, ces cyberattaques ont ciblé principalement
les institutions du gouvernement tibétain en exil et les ONG tibétaines. Mais, depuis
quelques années, elles visent aussi les journalistes et les ONG qui entretiennent des
contacts avec la communauté tibétaine. En Suisse aussi, des membres de la diaspora
ont été victimes de cyberattaques menées depuis la RPC. Les pirates cherchent à
pénétrer les réseaux, à surveiller les activités, à accéder à des comptes de messagerie
ou des comptes de réseaux sociaux pour en extraire des données personnelles.
Ces activités ne visent pas la communauté tibétaine qu’en Suisse. Elles s’inscrivent dans une
offensive plus large qui touche de nombreux pays.
4.2
Possibilités d’action des autorités suisses
Bien que la surveillance exercée par la RPC sur les Tibétains présents en Suisse ne repré
sente pas un risque immédiat pour la sécurité de l’État stricto sensu, il s’agit d’activités d’es
pionnage qui vont à l’encontre des valeurs fondamentales de la Suisse et sont potentiellement
passibles de poursuites pénales. De plus, ces activités pourraient s’accompagner de repré
sailles contre la famille des personnes surveillées qui vit en RPC. La Confédération a la pos
sibilité de poursuivre pénalement les individus impliqués dans des activités d’espionnage po
litique (service de renseignements politiques, art. 272 CP). Toutefois, il est difficile, par
exemple, de démontrer qu’un officier de renseignement chinois, agissant sous couverture
journalistique, prend des photographies des participants à une manifestation tibétaine pour le
compte des services de renseignement et non pour son journal chinois.
De manière générale, outre les procédures pénales, il existe d’autres mesures pour découra
ger, perturber ou endiguer les activités de renseignement étrangères : déclaration « persona
non grata » pour les diplomates se comportant de manière illégale et mettant en danger la
sécurité du pays, refus d’accréditation, interdiction d’entrée (en Suisse ou dans l’Espace
Schengen) ou refus de délivrer un visa. Par ailleurs, des entretiens de sensibilisation avec des
cibles potentielles peuvent avoir un effet préventif, car ils permettent de renforcer leur prise
de conscience et d’augmenter leur vigilance vis-à-vis des risques liés aux activités d’espion
nage.
Enfin, par absence de bases légales, le SRC ne peut traiter les activités d’influence chinoises
menées sur le territoire suisse que s’il dispose de preuves concrètes d’une participation des
services de renseignement chinois.
4.3
Perspectives
Il est probable que la Suisse – siège d’organisations internationales, pays hôte de nombreuses
ONG actives dans le domaine des droits de l’homme et d’une importante communauté tibé
taine, continuera à être concernée par la problématique de l’espionnage chinois. La nature et
le niveau élevé des activités de renseignement visant la communauté tibétaine en Suisse
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