Situation des Tibétains et des Ouïgours en Suisse devraient ainsi persister. Des variations d’intensité de ces activités seront probables en fonc­ tion de la politique chinoise envers la communauté tibétaine et de la situation sécuritaire au Tibet. Une augmentation des tensions entre la RP de Chine et les États occidentaux à l’égard de la politique chinoise relative aux minorités peut aussi engendrer des fluctuations des acti­ vités de renseignement en Suisse. La succession du dalaï-lama deviendra sans doute un enjeu majeur : les services de rensei­ gnement chinois s’intéresseront aussi bien à tous les aspects entourant la désignation du 15ème dalaï-lama qu’aux réactions et au positionnement de la communauté tibétaine en Suisse, de ceux qui lui sont proches et des autorités suisses. Dans le cadre de sa politique restrictive à l’égard des minorités, la RPC pourrait intensifier ses cyberattaques contre la diaspora tibétaine et les ONG qui s’occupent de la question du Tibet. De telles attaques pourraient également viser des gouvernements étrangers, des parlements et des autorités qui se solidarisent avec la communauté tibétaine en exil ou qui, de manière plus générale, traitent de la question des droits des minorités et des groupes dissidents. Dans le contexte des discussions sur la situation des droits de l’homme au Tibet, le Parlement suisse et l’administration fédérale pourraient devenir la cible de cyberattaques chinoises. 4.4 Activités de renseignement visant la communauté ouïgoure La problématique de la surveillance de la communauté ouïghoure en Suisse se pose, toutes proportions gardées, de la même façon que celle des Tibétaines et des Tibétains. Dans le cadre de la surveillance des dissidentes et dissidents ouïghours en exil, les services chinois infiltrent la communauté au moyen de sources humaines. De même, ils cherchent à manipuler de l’intérieur les courants d’idées et les décisions stratégiques des organisations politiques établies à l’étranger. La Suisse a, jusqu’à présent, été touchée principalement comme pays de transit et de rencontre dans le cadre de ces opérations. Cela s’explique par la taille relati­ vement faible de la communauté ouïghoure en Suisse par rapport à celles établies dans d’autres pays. Tout comme pour la communauté tibétaine, les activités de renseignement visant la commu­ nauté ouïgoure peuvent mener à des mesures d’intimidation et de répression visant tant les militants établis en Suisse que leurs proches en RPC. Certains cas isolés semblent le confir­ mer. De même, lors de voyages au Xinjiang de parents d’activistes ouïgours en exil, les ser­ vices de renseignement ou les forces de police locales peuvent procéder à des interrogatoires poussés, indépendamment de la nationalité des personnes (chinoise ou étrangère). 15/34

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