Avant-propos Le 14 septembre 1950, il y a donc plus de 70 ans, la République populaire de Chine et la Suisse nouaient des relations diplomatiques. Le Conseil fédéral était arrivé à la conclusion que cette coopération serait profitable malgré des systèmes politiques, sociaux et économiques différents et des visions divergentes du monde entre les deux pays. La Suisse faisait alors partie des premiers pays occidentaux à franchir ce pas. À l’heure actuelle, la Chine est le troisième partenaire commercial de la Suisse (après l’Union européenne et les États-Unis) et compte parmi les pays prioritaires à l’échelle mondiale pour notre politique extérieure. Elle est aujourd’hui un acteur de poids dans la conduite des affaires politiques et économiques du monde. La Suisse recherche la collaboration, aux niveaux bilatéral et multilatéral, dans le but de préserver ses intérêts et de promouvoir des solutions globales susceptibles de répondre aux défis impérieux de notre temps. Un millier d’entreprises suisses sont actives en Chine. Le Conseil fédéral se mobilise pour qu’elles puissent bénéficier de conditions équitables et sûres. Les intérêts suisses défendent également des valeurs telles que la démocratie, l’état de droit et les droits de l’homme qui sont essentielles au fonctionnement du modèle de réussite qu’est la Suisse et qui constituent la base de ses relations fructueuses avec l’étranger. Par rapport à ces valeurs, la Suisse et la Chine ne sont souvent pas sur la même ligne. Le dialogue sur nos différences en est d’autant plus important. Les rapports de force à l’échelle mondiale évoluent. Les relations internationales sont marquées de plus en plus, notamment, par la rivalité géopolitique entre les États-Unis et la Chine. Actuellement, la politique mondiale est instable et peu prévisible. Le Conseil fédéral tient compte de ces dynamiques dans la présente stratégie et garde la flexibilité nécessaire pour être en mesure de réagir à toute évolution. La politique suisse à l’égard de la Chine comporte de nombreuses facettes : les sept départements fédéraux sont en relation avec Pékin dans le cadre de leurs compétences respectives. Plusieurs cantons, villes, hautes écoles, entreprises privées, associations et groupes de réflexion entretiennent des relations parfois intenses avec des partenaires en Chine. Le fédéralisme et la prise de décisions décentralisée sont des atouts de la Suisse qu’il importe de préserver. Au moyen de la présente stratégie, le Conseil fédéral tient à prendre en compte cette diversité tout en s’efforçant d’améliorer la coordination et de renforcer la cohérence politique. Depuis 70 ans, la politique de la Suisse à l’égard de la Chine est imprégnée d’un esprit pionnier, de pragmatisme et de constance dans la défense de ses intérêts et de ses valeurs. Et il continuera d’en être ainsi. Ignazio Cassis Chef du Département fédéral des affaires étrangères En adoptant la présente stratégie, la Suisse confirme sa volonté de mener envers la Chine une politique indépendante. Elle attache par ailleurs une grande importance à la collaboration et au dialogue. En tant qu’État neutre et pays hôte d’organisations internationales, la Suisse se voit comme une force fédératrice. Elle continue de s’employer à promouvoir le droit international et de s’engager en faveur d’une coopération multilatérale régie par des règles. Avant-propos 3

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