74 CRIV 56 COM 394 17/06/2026 aucun cas, être une mission d'identification. Aucun dossier individuel ne serait discuté lors de cette éventuelle réunion à Bruxelles. Permettez-moi néanmoins de dire qu'ignorer le problème ne le fera pas non plus disparaître. À propos des personnes en situation irrégulière sur notre territoire, nous devrons œuvrer à une politique soutenue par l'Union européenne, à une solution structurelle et à un cadre européen clair: cette approche européenne – et j'y insiste, cette approche doit être européenne et pas nationale – est la seule à pouvoir garantir le respect des droits fondamentaux des personnes concernées, tout en nous permettant de réfléchir à des procédures de retour efficaces et à nos relations plus larges avec les pays d'origine. La Belgique doit pouvoir défendre une ligne à la fois juste, cohérente et humaine, conforme à ses engagements internationaux. Il n'est pas question d'instaurer une forme d'immunité de fait pour des personnes en séjour illégal, surtout celles qui commettent des infractions, du seul fait de leur nationalité afghane. Il ne peut pas y avoir une sorte de "collier d'immunité". Il est également question d'appliquer une politique cohérente, car cette réponse doit s'inscrire dans un cadre européen, et une politique humaine conforme à nos principes, parce que nous ne souscrirons pas à une démarche qui n'offrirait pas les garanties suffisantes en matière de droits humains et de respect du droit international. Soulignons que la Belgique est un État de droit, qu'elle continuera à l'être et à le défendre. Cela signifie que les décisions prises par des instances indépendantes, telles que le Commissariat général aux réfugiés et aux apatrides et le Conseil du contentieux des étrangers, seront respectées. Je vous remercie. 35.03 Lydia Mutyebele Ngoi (PS): Merci pour vos réponses, monsieur le ministre. Je sais que je vous ai interrogé en votre qualité de ministre des Affaires étrangères, mais j'aime parfois rappeler le passé et ce qui figure dans les programmes politiques. En l'occurrence, dans le programme des Engagés, vous aviez promis aux électeurs une politique migratoire plus humaine. La situation actuelle pose une question fondamentale de cohérence politique et juridique. Comment peut-on justifier que l'Union européenne sanctionne le régime des talibans pour de graves violations des droits humains, notamment envers les femmes, tout en envisageant d'accueillir ses KAMER-3E ZITTING VAN DE 56E ZITTINGSPERIODE 2025 représentants à Bruxelles? Vous avez établi un parallèle avec le Rwanda. Or vous savez que l'Union européenne n'a jamais sanctionné le gouvernement rwandais. Elle peut donc travailler avec lui, l'inviter et conclure avec lui des Memorandum of Understanding (MoU). La comparaison que vous avez faite n'a donc pas de sens, puisque les talibans sont sanctionnés par l'Union européenne, alors que le gouvernement rwandais ne l'est pas. Alors, sur le plan juridique… 35.04 Maxime Prévot, ministre: (…) 35.05 Lydia Mutyebele Ngoi (PS): Non, c'est vous qui avez mélangé et parlé du Rwanda. Moi, je vous parlais des talibans. Le gouvernement rwandais a-t-il déjà été sanctionné par l'Union européenne pour les exactions commises dans l'est de la RDC? Jamais! 35.06 Maxime Prévot, ministre: J'ai beaucoup de respect pour vous, mais là, vous êtes en train de faire une grande soupe de tout. 35.07 Lydia Mutyebele Ngoi (PS): Je ne fais pas une grande soupe! C'est vous qui avez commencé, ce n'est pas moi, monsieur le ministre. Madame, j''ai évoqué le Rwanda pour expliquer que le fait que la Belgique était en rupture de relations diplomatiques avec ce pays ne pouvait pas justifier qu'elle fasse obstacle à la tenue de réunions européennes. 35.08 Lydia Mutyebele Ngoi (PS): Mais c'est vous qui avez évoqué le Rwanda! Moi, je n'en parlais pas. Dans ma réplique, je vous ai dit que l'Union européenne avait sanctionné les talibans. Comment pouvez-vous encore inviter des personnes que vous avez sanctionnées? Si vous invitez des représentants rwandais… 35.09 Maxime Prévot, ministre: (…) 35.10 Lydia Mutyebele Ngoi (PS): J'ai parfaitement compris. J'ai tout compris. Moi, je vous ai dit que l'Union européenne avait sanctionné le régime des talibans tout en en invitant des représentants à une réunion. Vous, vous avez choisi de parler du Rwanda. Vous souhaitez entrer dans des détails. Mais, de toute façon, vous n'avez pas droit à une réplique, monsieur le ministre. C'est moi qui réplique! 2026 CHAMBRE-3E SESSION DE LA 56E LÉGISLATURE

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