SÉNAT 11 MAI 2023 1. Questions orales REMISES À LA PRÉSIDENCE DU SÉNAT (APPLICATION DES ARTICLES 76 À 77 DU RÈGLEMENT) Questions orales Situation des hôpitaux en Isère 664. − 11 mai 2023. − M. Guillaume Gontard interroge M. le ministre de la santé et de la prévention sur la situation des hôpitaux dans toute la France, mais plus particulièrement à Grenoble et à Voiron, dans le département de l’Isère. Depuis plusieurs mois, le centre hospitalier universitaire (CHU) de Grenoble Alpes se trouve dans une situation alarmante, due au manque de moyens disponibles. En grève illimitée depuis le 6 décembre 2022, le personnel soignant alerte depuis des mois les pouvoirs publics pour dénoncer les conditions de travail et demander la réouverture de lits. Sur la région grenobloise, en l’espace de dix ans, faute de personnel suffisant le nombre de lits d’hospitalisation a été réduit de moitié. Les conditions de travail se dégradent de plus en plus, les départs s’accumulent et rendent les conditions d’hospitalisation extrêmement mauvaises, malgré tous les efforts des personnels restés en poste. Cette situation inédite a d’ailleurs poussé les représentants du personnel à déposer, il y a quelques semaines, un signalement auprès du procureur pour mise en danger de la santé d’autrui. Aux urgences du CHU de Grenoble, la situation de crise a atteint son stade le plus critique. Avec la fermeture des urgences de Voiron et de Bourgoin-Jallieu, les urgences du CHU de Grenoble Alpes sont complètement saturées. Certains patients, souvent très âgés, attendent parfois plusieurs jours aux urgence. Conséquences dramatiques de cette situation : depuis décembre 2022, trois personnes dont le pronostic médical n’indiquait pas d’urgence à leur arrivée, sont décédées aux urgences en attente d’un lit. Dernièrement, un homme de 91 ans est décédé après avoir attendu trois jours un lit d’hospitalisation en gériatrie. La situation du centre hospitalier de Voiron est également préoccupante. Depuis plusieurs mois, un collectif de citoyens et de soignants cherche à interpeller les élus et le Gouvernement sur le manque de moyens et de personnels important qui les touche. Alors que l’hôpital de Voiron est pratiquement neuf ; sa construction a été terminée en 2021 ; un bâtiment entier se retrouve vide, faute de moyens, alors qu’il pourrait accueillir des lits pour prendre en charge les patients qui en ont besoin. Le manque de moyens dans les hôpitaux de Grenoble et de Voiron touche, malheureusement, les hôpitaux de tout le pays. Ces conditions de travail mettent en danger la santé des patients mais également celle des soignants qui exercent dans des conditions intenables, mais pour encore combien de temps et à quel prix ? Il lui demande si le Gouvernement compte enfin prendre des mesures efficaces pour améliorer la situation du système hospitalier en France et en particulier en Isère où elle est particulièrement critique. Parcoursup 665. − 11 mai 2023. − M. Stéphane Sautarel attire l’attention de M. le ministre de l’éducation nationale et de la jeunesse sur Parcoursup. Parcousup est une plateforme d’admission dans l’enseignement supérieur mise en place en 2018. Elle remplace Admission post-bac (APB) et permet aux bacheliers et autres étudiants de formuler des voeux dans plusieurs formations. Parcoursup devait remédier au problème d’APB qui tirait les candidats au sort, mais aujourd’hui le problème n’est pas réglé. Au contraire, Parcoursup a imposé une généralisation de la sélection. Par ailleurs, il créé un stress pour les élèves de seconde qui doivent être conscients que leurs choix de spécialités en première peuvent leur fermer des portes sur Parcoursup. De plus, les bacheliers ne sont pas tous traités de la même manière. Les bacheliers « techno » et « pro » sont les premières victimes de Parcoursup et n’obtiennent pas de place en brevet de technicien supérieur (BTS) ou en diplôme universitaire de technologie (DUT). En réalité, en septembre, beaucoup de bacheliers arrivent dans une filière dans laquelle ils ne sont pas à leur place, ce qui les conduit à l’échec scolaire. En outre, dans un rapport publié en 2020, la Cour des comptes soulignait l’opacité de certains critères de sélection à l’entrée dans le supérieur, notamment le rôle que peut jouer le lycée d’origine. La Cour des comptes réclamait également de rendre publics les algorithmes locaux utilisés par les commissions d’examens. En l’état actuel des choses, quatre ans après sa première utilisation, il est possible de considérer que Parcoursup est la traduction d’un examen algorithmique des dossiers, déshumanise les candidatures, source de stress non négligeable pour les élèves mais également d’inégalités. La volonté de limiter l’accès au supérieur, notamment en raison d’un problème d’investissement à long terme corrélé au baby boom des années 2000, ne doit pas avoir de telles conséquences sur les études des élèves qui représentent l’avenir de demain. De surcroît, les conséquences de Parcousup pour les étudiants en institut de formation en soins infirmiers ne sont pas négligeables. En effet, les étudiants sont beaucoup plus jeunes, manquent de maturité, font preuve de moins d’engagement, 3022

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