Situation des Tibétains et des Ouïgours en Suisse mobiles par des maliciels et autres virus, du piratage et du blocage de comptes Facebook, de comptes de messageries et de serveurs, sans compter la mise en circulation de faux courriels et d’innombrables commentaires de trolls afin de perturber, voire d’empêcher la communica­ tion, par exemple lors d’un événement en ligne. Selon le rapport Weber, ce genre d’incident est souvent lié à la défense des intérêts des Tibétains et des Ouïgours48. Par ailleurs, plusieurs des personnes interrogées ont déclaré soupçonner que les Tibétains et les Ouïgours vivant en Suisse font l’objet d’une surveillance. Il arrive en effet que les autorités chinoises, juste après un échange, se présentent chez l’interlocuteur qui vit en Chine et lui posent des questions sur l’autre personne, qui vit en Suisse, allant parfois jusqu’à lui confis­ quer son téléphone mobile. Cette surveillance passerait par des applications du type WeChat, WhatsApp ou Tiktok et par les télécommunications en général, téléphonie mobile comprise. Certains pensent en outre que les autorités chinoises recourent à l’hameçonnage, à des logi­ ciels espions et à de faux profils sur les réseaux sociaux afin de recueillir des données numé­ riques et des informations sur les Tibétains et les Ouïgours installés en Suisse49. Selon le rapport Weber toujours, l’activité de surveillance des autorités chinoises, loin de se limiter au numérique, est systématique en Suisse pour les Tibétains et les Ouïgours qui s’ex­ posent : ils sont observés, suivis et filmés lors de manifestations politiques, de rencontres avec d’autres membres de la diaspora, mais aussi dans leurs activités quotidiennes, dans leurs loisirs, dans les cafés et les magasins. Les activités de ce genre seraient le fait des autorités chinoises et de membres du personnel diplomatique mais aussi, et de plus en plus, de Chinois vivant en Suisse. Les informations ainsi collectées serviraient à exercer des pres­ sions : des résidents chinois reçoivent des photos de leurs proches exilés participant à des manifestations, et doivent exiger d’eux qu’ils cessent leur activisme. Selon certains témoi­ gnages, certains d’entre eux ont été arrêtés deux jours après avoir reçu de telles photos de Suisse, et auraient disparu depuis50. Pour sanctionner les activités politiques des Tibétains, les autorités chinoises assortiraient par ailleurs la délivrance de visas de conditions telles que la fourniture de renseignements sur des membres de la diaspora ou un engagement écrit à ne plus critiquer la RPC ou à renier le dalaï-lama. Une fois le visa accordé, elles exigeraient en outre des activités de collaboration et d’espionnage en contrepartie51. Le rapport Weber dénonce comme un moyen supplémentaire de restreindre la liberté de cir­ culation des personnes exposées et de les empêcher de participer à des organes internatio­ naux le détournement de mécanismes internationaux tels que les notices rouges d’Interpol. Aucun abus de ce genre n’a été signalé en Suisse, mais il y a eu des cas de détournement du système des services de sécurité de l’ONU. À cela s’ajoute le recours aux violences phy­ siques. Lors d’une manifestation tibétaine organisée le 7 septembre 2014 à Bâle dans le cadre de la fête de la lune, les forces de sécurité de l’ambassade de Chine sont intervenues pour arracher les pancartes des mains des militants, plaquant brutalement au sol une jeune femme52. 5.3.2.2 Situation dans l’enseignement supérieur en Suisse Le Conseil fédéral est conscient que les établissements suisses d’enseignement supérieur et de recherche ne sont pas à l’abri des activités d’influence. Ce sujet ne les affecte pas tous de la même façon. Ils l’approchent activement à différents niveaux, mettant en place des bureaux 48 Cf. Weber et al. (2024) : 14 s. Cf. Weber et al. (2024) : 24 s. 50 Cf. Weber et al. (2024) : 21 s. 51 Cf. Weber et al. (2024) : 17 s. 52 Cf. Weber et al. (2024) : 25 49 20/34

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