La Chine a pris différentes mesures pour consolider le fondement de sa prospérité et de sa puissance :
30%
Premièrement, ces mesures impliquent un remaniement du
modèle de croissance économique pour réduire la dépendance envers l’étranger et renforcer la demande nationale.
La part du commerce extérieur dans le PIB chinois, supérieure
à 60 % il y a 15 ans, est tombée à 35 % en 2019.
20%
Deuxièmement, en corrélation avec le remaniement précité,
la Chine est en passe de devenir une puissance mondiale
sur le plan technologique également. L’État chinois et
les entreprises investissent beaucoup dans la formation, la
recherche et l’innovation. En 2019, la Chine a pour la première
fois supplanté les États-Unis au niveau des dépôts de brevets
internationaux, s’établissant ainsi au premier rang mondial.
Dans le secteur de la robotique, la Chine domine le marché.
Le groupe de télécommunications Huawei s’est hissé pour la
troisième année consécutive au sommet du classement des
entreprises, avec plus de 4400 dépôts de brevet4. La Chine a
également rattrapé les États-Unis concernant la quantité d’articles publiés dans des revues scientifiques occidentales (figure
5). La stratégie « Made in China 2025 »5 vise à augmenter la
qualité de la production chinoise, l’objectif étant que la Chine
ne soit plus un acteur de poids uniquement dans la production à faible valeur ajoutée. Dix secteurs industriels clés ont
été identifiées à cet effet, parmi lesquels on trouve ceux de la
technologie informatique, de la robotique, de la médecine et
des technologies vertes. Le secteur de l’informatique et des
technologies est déjà très performant. La Chine a su créer,
grâce aussi en partie à l’application d’une politique industrielle
protectionniste, un « écosystème » numérique d’importance,
0
4
5
OMPI, La Chine devient le principal déposant de demandes internationales
de brevet en 2019, dans un contexte de forte croissance des services de
propriété intellectuelle, des adhésions aux traités et des recettes de l’OMPI,
avril 2020.
Mercator Institute for China Studies, Evolving Made in China 2025, juillet 2019.
États-Unis
Chine
10%
2019
2018
2017
2016
2015
2014
2013
2012
2011
2010
2009
Royaume-Uni
Allemagne
Suisse
Figure 5 : Pourcentage d’articles cités dans des revues occidentales (source :
SCImago).
qui regroupe de grands prestataires numériques. Ces derniers
gagnent de plus en plus de terrain à l’étranger.
Troisièmement, la Chine rattrape également son retard en
matière de capacités militaires. L’Armée populaire de libération poursuit sa transformation et modernisation. Certes, des
lacunes en matière de capacités demeurent et le fossé avec
les États-Unis, qui disposent d’un réseau d’alliés et de plus de
800 bases militaires dans le monde, reste extrêmement vaste.
Toutefois, la Chine est aujourd’hui capable d’opérer militairement au-delà du continent asiatique. À long terme, elle
sera en mesure de projeter ponctuellement sa puissance dans
le monde entier. Son arsenal d’armes nucléaires, qui reste
modeste par rapport à celui des États-Unis et de la Russie, est
en cours de développement et de modernisation. Les cyberoutils continuent de gagner en importance dans la doctrine
militaire chinoise. De plus, le pays investit massivement dans
le développement de systèmes d’armement stratégiques d’un
genre nouveau. Les dépenses militaires chinoises augmentent
et se situent au deuxième rang mondial, derrière les ÉtatsUnis. Ce volume est toutefois constant en comparaison avec
le PIB (figure 6).
900
6.0%
800
5.0%
700
Milliards de dollars
600
États-Unis
4.0%
500
États-Unis% PIB
400
300
Chine % PIB
200
100
Figure 6 : Dépenses militaires de la Chine (estimations)
et des États-Unis, en termes réels (axe de gauche) et en
pourcentage du PIB (axe de droite) (source : SIPRI Military
Expenditures Database, Stockholm 2020).
0
3.0%
2.0%
1.0%
Chine
2000
2002
2004
2006
2008
2010
2012
2014
2016
Analyse géopolitique
2018
0%
9