CRIV 56 COM 394 73 17/06/2026 Merci, en tout cas, pour vos questions au sujet d'une visite à Bruxelles d'une délégation du régime des talibans à l'invitation – je le précise et je le souligne – de la Commission européenne. À l'heure actuelle, nous avons formellement reçu les demandes de visas de trois membres de la délégation. Nous nous attendons à recevoir les deux autres demandes dans le courant de cette journée. Si ça se trouve, à l'heure où je vous parle, mes services les ont reçues, mais ayant été ici en votre compagnie, je n'en ai pas été informé en temps réel. Ces demandes font évidemment l'objet d'une analyse de la part de nos services de sécurité. La Commission européenne nous avait déjà fourni antérieurement certains noms des membres de la délégation, ce qui a permis à nos services de sécurité de déjà commencer leur analyse avant l'introduction officielle de la demande de visa. Comme il s'agit d'une réunion à l'échelle européenne, organisée par la Commission européenne, il appartient à celle-ci seulement de communiquer sur les aspects pratiques et de contenu de cette réunion, et a fortiori sur les identités. Soyons clairs, madame la députée: personnellement – je n'en ai pas fait grand mystère – je désapprouve la démarche d'inviter des représentants du régime des talibans à Bruxelles. Je n'accepterais pas que le gouvernement belge invite en son propre nom des représentants du régime des talibans sur notre territoire. Je partage entièrement votre position sur le fait que nous ne pouvons pas reconnaître ce régime, et nous ne le faisons d'ailleurs pas. Il est responsable, faut-il le rappeler, de graves violations des droits humains, notamment des droits des femmes, violations que je condamne une fois encore avec la plus grande fermeté. réunions qu’elles souhaitent organiser et des personnes qu’elles invitent à ces réunions. Celles‑ci peuvent impliquer des représentants d’entités ou de régimes que nous ne reconnaissons pas. Je le répète: cela ne vaut ni reconnaissance ni invitation par la Belgique. Si la Belgique venait à se prononcer sur l’opportunité des invitations adressées par les institutions européennes dans le cadre de leurs activités, nous risquerions d’affaiblir la position de Bruxelles en tant que capitale internationale et diplomatique. Notre politique de siège nous impose de faciliter les réunions organisées par les institutions européennes et de ne pas créer d’obstacles à leur tenue. Rappelez‑vous, par exemple, le tollé provoqué en septembre dernier par le refus des autorités américaines d’octroyer des visas à une partie de la délégation palestinienne se rendant à New York dans le cadre de la Semaine de haut niveau de l’Assemblée générale des Nations unies et, en particulier, pour une conférence sur la solution à deux États. Tout le monde l’avait dénoncé. J’avais moi‑même condamné cette prise de position américaine car, oui, en tant que pays hôte, il ne nous appartient pas – il ne leur appartenait donc pas – de nous prononcer sur l’opportunité de ces visites. Nous devons, au contraire, veiller à ne pas créer d’obstacles à celles-ci. Notre rapport au régime en place ne doit pas entrer en ligne de compte dans le traitement des demandes de visas. Pensez, par exemple, aux visites auprès des institutions européennes du président rwandais ou de membres de son gouvernement. Actuellement, l'absence de relations diplomatiques formelles avec le Rwanda ne peut pas nous amener à refuser qu'ils entretiennent des contacts avec les institutions européennes et donc à leur refuser les visas lorsqu'ils souhaitent venir à Bruxelles, au contact de ces mêmes institutions. Le statut de Bruxelles comme capitale de l’Union européenne et siège de plusieurs institutions internationales et de leurs organes cadre l’exercice de notre souveraineté en matière de délivrance des visas. Il en va de même des nombreux courriers de contestation que je reçois lorsque des figures très controversées sont invitées à parler à des évènements au Parlement européen. Il n’appartient pas au gouvernement belge de se substituer au Parlement européen pour décider quelles personnes peuvent être invitées à participer à ses travaux ou à ses événements. C’est précisément ce qu’implique le statut de pays hôte de nombreuses organisations européennes et internationales. En effet, les institutions européennes décident des Je précise un point: cette visite ne saurait, en Il importe de rappeler le cadre dans lequel cette éventuelle visite, en tout état de cause de très courte durée, d'une délégation de représentants talibans pourrait se tenir à Bruxelles. KAMER-3E ZITTING VAN DE 56E ZITTINGSPERIODE 2025 2026 CHAMBRE-3E SESSION DE LA 56E LÉGISLATURE

Select target paragraph3

Connect to a paragraph
Connect to an entity
Disable highlights
Add to table of contents