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Ces directions auront donc une vue d'ensemble
transversale, dite à 360 degrés, sur nos intérêts,
les instruments que nous pourrions déployer pour
les consolider et les leviers diplomatiques dont
nous disposons. Ce que vous avez lu dans le
blueprint est donc, d'une part, une réponse aux
priorités politiques et géopolitiques de ce
gouvernement et de notre pays, dans un monde
qui évolue sans cesse, et d'autre part, le fruit d'une
longue réflexion et d'une large consultation au sein
du ministère.
Il n'est donc guère correct d'affirmer que cette
réforme aurait été élaborée sans la pleine
participation de l'une ou l'autre DG. Cela s'est fait
des mois durant et le processus avait d'ailleurs
débuté même avant mon arrivée. C'est vrai, par
contre, il s'agit d' une réforme en profondeur.
Comme chaque réforme, elle suscite toujours un
petit peu de crainte, d'appréhension. On sait où on
est, on s'interroge quant à savoir ce que l'on fera
demain, comment on devra travailler différemment
avec les partenaires. Mais voilà toute la plus-value:
pouvoir faire en sorte que, tant au niveau
organisationnel qu'individuel, ce soit un défi qui,
au-delà de poser des questions, offre surtout des
perspectives d'épanouissement.
Il n'y a pas encore à ce stade de réponse à toutes
les questions qu'il me paraît logique de poser dans
le chef de chacun des agents, vu l'ampleur de la
réforme, puisque chacun souhaite très rapidement
être confortabilisé quant à son devenir
professionnel, à son nouveau cadre. Mais c'est
évidemment au fil des semaines qui viennent ce
qui sera réalisé.
Un accompagnement au changement, tant au
niveau technique que sur le fond, est bien sûr mis
en place. Ce sera la priorité du management du
SPF pour les mois et les années à venir. Je veillerai
personnellement à ce que ce soit le cas. Cette
réforme doit en tout cas permettre à nos agents,
dans les départements comme à l'étranger,
d'évoluer d'une diplomatie parfois trop déclaratoire
vers une diplomatie d'action, basée sur nos intérêts
concrets propres, plutôt que de se faire à chaque
fois dribbler par les Chinois, les Américains ou les
Russes. Il faut pouvoir agir avec lucidité sur le
monde tel qu'il est, en acceptant que ce qui est
transactionnel n'est pas sale. Tout dépend de
quelle manière on aborde les choses, avec quelles
valeurs. Il ne s'agit pas d'aller vampiriser les
ressources des autres, comme certains le font. Il
s'agit
de
travailler
intelligemment
au
développement, par exemple, de l'autonomie
stratégique européenne, ce qui nécessite d'avoir
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2025
aussi accès à des matériaux critiques, mais de le
faire dans le respect de notre interlocuteur et du
développement de ses propres intérêts locaux.
On vit dans une période turbulente au niveau
international, compliquée aussi. Une diplomatie qui
pèse sur la scène internationale n'est pas un luxe.
C'est une nécessité pour un pays de taille moyenne
comme le nôtre, dont l'économie dépend aussi
lourdement des exportations.
Une fonction publique agile, forte, efficace; une
fonction publique respectée, qui trouve matière à
saisir les challenges et défis de demain grâce à ces
transformations, c'est important pour sauvegarder
et consolider la prospérité et la sécurité de nos
concitoyens.
24.03 Christophe Lacroix (PS): Merci, monsieur
le ministre. Vous avez été plus que complet dans
la défense de la réforme que vous portez à travers
une complémentarité entre les Relations
extérieures et la Coopération au développement.
Et je dois dire que je peux vous rejoindre sur de
nombreux arguments que vous évoquez. On en a
fait écho lors d'une audition de cette commission il
y a quelques semaines sur le programme Global
Gateway de l'Union européenne, qui rassemblait
des représentants de la société civile mais
également de votre SPF et de BIO. C'était très
intéressant et votre réponse l'est tout autant.
Pour le reste, je crois que la réforme et votre
volonté de disposer d’une administration plus
souple, plus agile consistent à transformer un
paquebot qui n'a plus été gouverné – ou très mal
ou très peu gouverné – depuis les années 90.
24.04 Maxime Prévot, ministre: (…)
24.05 Christophe Lacroix (PS): Je reprends,
puisque j'aime aussi la nuance. La structure n'était
selon vous pas suffisamment cohérente.
J'ai été mandataire à la province – député
provincial – il y a quelques années, où j'ai amené
une modernisation de la fonction publique
provinciale. On me disait: "Monsieur le député,
nous avons toujours fait comme cela!"
Face à ces difficultés, il a donc fallu consacrer
énormément de temps au facteur humain: rassurer
les agents, privilégier le dialogue social et
convaincre de l'opportunité. Quand il y a un
changement ou un problème, il y a toujours une
solution et une opportunité. C'est toujours la même
chose.
2026
CHAMBRE-3E SESSION DE LA 56E LÉGISLATURE