CRIV 56 COM 394 Ces directions auront donc une vue d'ensemble transversale, dite à 360 degrés, sur nos intérêts, les instruments que nous pourrions déployer pour les consolider et les leviers diplomatiques dont nous disposons. Ce que vous avez lu dans le blueprint est donc, d'une part, une réponse aux priorités politiques et géopolitiques de ce gouvernement et de notre pays, dans un monde qui évolue sans cesse, et d'autre part, le fruit d'une longue réflexion et d'une large consultation au sein du ministère. Il n'est donc guère correct d'affirmer que cette réforme aurait été élaborée sans la pleine participation de l'une ou l'autre DG. Cela s'est fait des mois durant et le processus avait d'ailleurs débuté même avant mon arrivée. C'est vrai, par contre, il s'agit d' une réforme en profondeur. Comme chaque réforme, elle suscite toujours un petit peu de crainte, d'appréhension. On sait où on est, on s'interroge quant à savoir ce que l'on fera demain, comment on devra travailler différemment avec les partenaires. Mais voilà toute la plus-value: pouvoir faire en sorte que, tant au niveau organisationnel qu'individuel, ce soit un défi qui, au-delà de poser des questions, offre surtout des perspectives d'épanouissement. Il n'y a pas encore à ce stade de réponse à toutes les questions qu'il me paraît logique de poser dans le chef de chacun des agents, vu l'ampleur de la réforme, puisque chacun souhaite très rapidement être confortabilisé quant à son devenir professionnel, à son nouveau cadre. Mais c'est évidemment au fil des semaines qui viennent ce qui sera réalisé. Un accompagnement au changement, tant au niveau technique que sur le fond, est bien sûr mis en place. Ce sera la priorité du management du SPF pour les mois et les années à venir. Je veillerai personnellement à ce que ce soit le cas. Cette réforme doit en tout cas permettre à nos agents, dans les départements comme à l'étranger, d'évoluer d'une diplomatie parfois trop déclaratoire vers une diplomatie d'action, basée sur nos intérêts concrets propres, plutôt que de se faire à chaque fois dribbler par les Chinois, les Américains ou les Russes. Il faut pouvoir agir avec lucidité sur le monde tel qu'il est, en acceptant que ce qui est transactionnel n'est pas sale. Tout dépend de quelle manière on aborde les choses, avec quelles valeurs. Il ne s'agit pas d'aller vampiriser les ressources des autres, comme certains le font. Il s'agit de travailler intelligemment au développement, par exemple, de l'autonomie stratégique européenne, ce qui nécessite d'avoir KAMER-3E ZITTING VAN DE 56E ZITTINGSPERIODE 57 17/06/2026 2025 aussi accès à des matériaux critiques, mais de le faire dans le respect de notre interlocuteur et du développement de ses propres intérêts locaux. On vit dans une période turbulente au niveau international, compliquée aussi. Une diplomatie qui pèse sur la scène internationale n'est pas un luxe. C'est une nécessité pour un pays de taille moyenne comme le nôtre, dont l'économie dépend aussi lourdement des exportations. Une fonction publique agile, forte, efficace; une fonction publique respectée, qui trouve matière à saisir les challenges et défis de demain grâce à ces transformations, c'est important pour sauvegarder et consolider la prospérité et la sécurité de nos concitoyens. 24.03 Christophe Lacroix (PS): Merci, monsieur le ministre. Vous avez été plus que complet dans la défense de la réforme que vous portez à travers une complémentarité entre les Relations extérieures et la Coopération au développement. Et je dois dire que je peux vous rejoindre sur de nombreux arguments que vous évoquez. On en a fait écho lors d'une audition de cette commission il y a quelques semaines sur le programme Global Gateway de l'Union européenne, qui rassemblait des représentants de la société civile mais également de votre SPF et de BIO. C'était très intéressant et votre réponse l'est tout autant. Pour le reste, je crois que la réforme et votre volonté de disposer d’une administration plus souple, plus agile consistent à transformer un paquebot qui n'a plus été gouverné – ou très mal ou très peu gouverné – depuis les années 90. 24.04 Maxime Prévot, ministre: (…) 24.05 Christophe Lacroix (PS): Je reprends, puisque j'aime aussi la nuance. La structure n'était selon vous pas suffisamment cohérente. J'ai été mandataire à la province – député provincial – il y a quelques années, où j'ai amené une modernisation de la fonction publique provinciale. On me disait: "Monsieur le député, nous avons toujours fait comme cela!" Face à ces difficultés, il a donc fallu consacrer énormément de temps au facteur humain: rassurer les agents, privilégier le dialogue social et convaincre de l'opportunité. Quand il y a un changement ou un problème, il y a toujours une solution et une opportunité. C'est toujours la même chose. 2026 CHAMBRE-3E SESSION DE LA 56E LÉGISLATURE

Select target paragraph3