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17/06/2026
a 25 ans.
davantage de porosité entre l'action extérieure et
les intérêts intérieurs.
Or le monde autour de nous a fondamentalement
changé. Et ce monde appelle plus que jamais à
une diplomatie forte et dynamique, qui prend des
initiatives au service de nos valeurs, au service de
nos intérêts. C'est pour cette raison que j'ai
souhaité déjà une refonte du réseau de postes
diplomatiques, l'année dernière, en fonction
notamment de nos priorités stratégiques. C'est la
raison pour laquelle il fallait aussi faire aboutir cette
"remise à jour" de la structure de notre ministère à
l'égard des réalités et défis d'aujourd'hui et plus de
ceux de l'après-guerre froide.
Notre sécurité et notre prospérité dépendent plus
que jamais de notre capacité à défendre, dans le
cadre de la géo-économie mondiale, nos intérêts
économiques. Voilà pourquoi j'ai décidé de
centraliser et de consolider, au sein d'une direction
générale pour la géo-économie et la diplomatie
économique, l'expertise économique au sein du
SPF en soutien aux régions et leurs agences,
toujours dans le respect de leurs compétences.
J'insiste sur ce point: il ne doit pas y avoir de doute.
Cette volonté de créer cette direction générale
Économie ne vise en aucun cas à se substituer aux
compétences des régions. Elle consiste plutôt à
regrouper, sous un même chapeau, celles et ceux
qui, au sein du ministère fédéral, travaillent déjà sur
des dossiers à connotation économique. Il s’agit
aussi de rappeler que dans le monde
transactionnel qui est devenu le nôtre, les enjeux
géopolitiques, y compris sur le plan économique
– pensons aux matériaux critiques –, occupent une
place essentielle.
Une direction générale politique, sécurité et
défense permettra aussi de mieux assumer le rôle
du SPF en tant que département de sécurité et
d'approfondir nos partenariats en soutien à la
défense
ainsi
qu'aux
autres
partenaires
sécuritaires en Belgique.
Nous voulons aussi contribuer à ces priorités en
intégrant davantage les instruments de la
coopération au développement et notre politique
étrangère. C'est la raison pour laquelle je suis à la
fois ministre des Affaires étrangères et de la
Coopération internationale. La réforme contribue à
cette intégration, tant au niveau structurel qu'au
niveau de la gouvernance. L'objectif est réellement
que la coopération au développement soit le bras
armé, le prolongement de notre politique
étrangère, et non que l'une agisse dans un sens
tandis que l'autre agirait dans un autre. Il ne s'agit
pas d'instrumentaliser la coopération pour la
détourner de son ADN. Il s'agit d'accepter
KAMER-3E ZITTING VAN DE 56E ZITTINGSPERIODE
CRIV 56 COM 394
2025
Il s'agit aussi d'aligner beaucoup plus étroitement
nos priorités diplomatiques sur nos actions de
coopération. Il est parfois paradoxal de se
retrouver à financer à coups de dizaines de millions
d'euros des projets de coopération dans un pays
avec lequel nous avons décidé, par exemple, de
rompre certains liens ou de supprimer la
coopération parce que le régime a pris des
orientations problématiques. Cela fait donc partie
des enjeux. Il n'est ni choquant ni injustifié d'ouvrir
la perspective de la coopération au développement
aux réalités diplomatiques.
C'est aussi reconnaître qu'une politique de
développement efficace peut contribuer à défendre
nos intérêts nationaux. On parle sans cesse de
partenariats mutuellement bénéfiques. Oui, nous
devons effectivement quitter le registre paternaliste
de ceux qui font de la coopération en apportant tout
leur savoir à l'égard de ceux qui n'en auraient pas.
Lorsque les pays nous demandent des
partenariats gagnant-gagnant, des partenariats
mutuellement bénéfiques, il faut évidemment, en
premier ressort, examiner ce qui pourra bénéficier
au pays avec lequel nous entrons en dialogue,
mais aussi quels sont les intérêts que notre pays,
en retour, compte tenu du caractère mutuellement
bénéfique de ce partenariat, doit lui aussi pouvoir
valoriser et défendre.
Notre objectif est clair: disposer d'un département
plus agile, plus intégré et davantage orienté vers la
défense des intérêts de notre pays. C'est aussi
l'essence même de notre diplomatie. Nous voulons
donc aller au-delà de la logique des silos. Toutes
les dimensions de mon SPF doivent désormais
fonctionner comme les composantes d'une
stratégie internationale unique. C'est d'ailleurs la
logique qui sous-tend les nouvelles directions
géographiques, lesquelles rassembleront toute
l'expertise liée à un pays ou à une région
particulière au sein d'une même direction. Jusqu'à
présent, vous aviez, par exemple, au sein de la
coopération, quelqu'un qui était spécialisé dans tel
pays. Puis, au sein de la diplomatie hors
coopération, vous aviez également un expert de ce
même pays. Et les deux ne se parlaient pas
nécessairement.
À un moment donné, ce qu'il faut, c'est disposer
d'une vision holistique de l'action de la Belgique
dans un pays donné, avec à la fois la diplomatie
économique, les questions de sécurité, les
questions d'intérêt national et les questions de
coopération au développement.
2026
CHAMBRE-3E SESSION DE LA 56E LÉGISLATURE