CRIV 56 COM 394
États membres, dont les conclusions constituent
un compromis équilibré, tenant compte à la fois des
défis migratoires mais aussi du respect des
obligations
découlant
de
la
Convention
européenne des droits de l'homme. La Belgique a
soutenu cette approche, précisément parce qu'elle
garantit que la réflexion reste ancrée dans une
expertise juridique solide et dans les principes
fondamentaux du Conseil de l'Europe.
Pour la Belgique, cette déclaration constitue un
signal politique important: elle reconnait les défis
réels auxquels les États européens sont confrontés
en matière de migration, qu'il s'agisse de la gestion
des arrivées, de la lutte contre l'instrumentalisation
de la migration, de l'éloignement de personnes
condamnées pour des crimes graves, des
questions de sécurité publique, de pression sur les
systèmes d'accueil ou encore de la préservation de
la cohésion sociale.
Pour avoir moi-même co-présidé un groupe de
travail avec mon homologue britannique sur cette
question à Chisinau, je peux vous dire qu'il y a une
vraie préoccupation partagée par toutes les
démocraties occidentales. L'immense majorité de
mes collègues fait l'aveu que, lorsque leur
parlement est mis sous pression, c'est souvent sur
cette question migratoire, et constate à regret que,
que ces dernières années, les chutes de
gouvernement sont régulièrement liées à cette
même question.
On ne peut donc pas éluder la question et c'est
bien – et sain – qu'elle ait été traitée dans le cadre
du Conseil de l'Europe, en lien avec ces
préoccupations liées aux droits fondamentaux. La
Convention européenne des droits de l'homme,
l'universalité des droits humains, l'indépendance
de la Cour, la séparation des pouvoirs demeurent
des principes fondamentaux du Conseil de
l'Europe. Ce fut rappelé.
La déclaration politique n'ouvre pas la voie,
monsieur le député, à de "nouvelles approches en
matière migratoire". En fait, vous vous trompez
d'instrument, c'est le règlement retour de l'Union
européenne qui offre cette faculté. Vous concluez
d'ailleurs votre intervention en m'interrogeant sur
notre politique relative aux hubs retours. Cette
question relève des 27 membres de l'UE, et non
des 46 membres du Conseil de l'Europe. Les hubs
retours sont un instrument nouveau, mais pas la
Déclaration de Chisinau. Cette dernière rappelle
par contre que les États parties ont le droit d'établir
souverainement leurs politiques en matière
d'immigration, à condition qu'ils continuent à
remplir leurs obligations qui découlent de la
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17/06/2026
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Convention. Lors de mon intervention à Chisinau,
j'ai, au nom de la Belgique, exprimé un soutien clair
à cette déclaration politique, issue de discussions
et négociations inclusives et consensuelles, en
soulignant qu'elle reflète un équilibre entre, d'une
part, la nécessité pour les États de mener des
politiques migratoires effectives et, d'autre part, le
respect plein et entier des droits fondamentaux.
J'ai également réaffirmé de manière explicite
l'attachement de la Belgique à l'universalité des
droits humains, à l'indépendance de la Cour
européenne des droits de l'homme et à l'exécution
loyale de ces arrêtés. Cette démarche ne vise en
aucun cas à interférer dans le travail des juges,
mais à maintenir un dialogue institutionnel légitime
entre acteurs de la Convention, dans le strict
respect de la séparation des pouvoirs, tout en
restant attentifs aux préoccupations qui,
légitimement, sont exprimées par la société civile
et les milieux juridiques.
Enfin monsieur Lacroix, en ce qui concerne vos
questions relatives aux mécanismes juridictionnels
spécifiques ou aux politiques concrètes en matière
d'immigration, peut-être est-il plus utile que je vous
renvoie vers mes collègues en charge de la
Justice, de l'Asile et la Migration. Je ne peux pas
m'exprimer ici comme ministre des Affaires
étrangères sur la question des hubs retours, je
peux juste vous dire comme chef de file des
Engagés que nous y sommes fermement opposés
et que dès lors, notre opposition ne permettra pas
un soutien de la Belgique à ce règlement de retour.
14.03 Christophe Lacroix (PS): Monsieur le
ministre, merci, votre réponse a été fouillée et très
claire. J'avais cru comprendre effectivement lors la
dernière interview du président des Engagés, M.
Verougstraete, que votre parti, et je vous en félicite,
était opposé aux hubs retours, donc vous le
confirmez à titre de membre des Engagés.
Évidemment,
vous
êtes
membre
d'un
gouvernement qui ne comporte pas que des
membres des Engagés, mais c'est important que
vous le rappeliez, parce que votre voix compte et
porte.
Pourquoi, à votre avis, ai-je entrepris une confusion
entre le Conseil de l'Europe et l'Union
européenne? C'est en fait parce que les normes du
Conseil de l'Europe sont également consacrées
dans le droit de l'Union européenne, puisque la
Charte des droits fondamentaux de l'Union
européenne intègre la Cour européenne des droits
de l'homme dans l'ordre juridique de l'Union
européenne. C'est donc la raison pour laquelle je
vous ai posé aussi une question sur cet aspect qui
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CHAMBRE-3E SESSION DE LA 56E LÉGISLATURE