22 CRIV 56 COM 394 17/06/2026 palestiniennes en zone C de Cisjordanie, élément sur lequel, madame Mutyebele Ngoi, vous avez également souhaité insister. Mes services ont rencontré les représentants d'Amnesty International, pas plus tard qu'hier, pour échanger à ce sujet. La discussion a été respectueuse et j'ai pris de nombreuses mesures jugées nécessaires et efficaces qui vont précisément dans le sens du respect du droit international, y compris en zone C de Cisjordanie. résolument contre. Il reste évidemment du chemin à faire, surtout au niveau européen, et nous continuerons à plaider avec force en ce sens. Je regrette que M. Boukili ne soit pas là pour entendre ce que j'allais partager, lui qui évoque systématiquement cette idée selon laquelle il subsiste des blocages, des problèmes, et qui parle d'une Belgique "immobile et complice". Je tiens toutefois à redire ce qui suit à l'attention des membres de la commission: on peut choisir de rester dans la bulle de la Chambre ou essayer de regarder la réalité européenne en face. C'est peut-être un scoop, mais des élections ont régulièrement lieu dans les autres pays européens. Parfois, nous en sommes ravis. Prenons l'exemple de la Hongrie. Le résultat hongrois a permis, sur le dossier ukrainien par exemple, de libérer des décisions qui étaient jusque-là bloquées. Mais il y a d'autres élections qui arrivent à augmenter les blocages plutôt que de les faciliter. Au début de cette semaine, au Luxembourg, nous avons eu une réunion du Conseil européen des Affaires étrangères. Permettez-moi de mettre un peu les choses en perspective. Certains éléments nous paraissent évidents, tels que le fait de déclarer le ministre Ben-Gvir persona non grata. Aujourd'hui encore, seuls 3 parmi les 27 pays européens s'y refusent. Or, il faut l'unanimité. S'agissant de l'interdiction de l'importation de produits de colonies, j'ai à nouveau plaidé avec vigueur pour que mes collègues européens fassent bouger les lignes et que nous adoptions une telle interdiction à l'échelle européenne. En effet, cette question ne requiert pas l'unanimité mais une majorité qualifiée. J'ai rappelé ce paradoxe suprême, qu'on en arrivait aujourd'hui, au niveau européen, à importer 15 fois plus de produits provenant des colonies illégales que de la Palestine elle-même. Mais même cette interdiction, alors que seule une majorité qualifiée est nécessaire, n'est pas garantie au niveau de l'Union des 27 à l'heure où je vous parle. Nous sommes parmi les pays qui souhaitent qu'une telle interdiction soit prise au niveau européen. C’est déjà parce que cette réalité de l'incapacité d'atteindre une majorité suffisante existe depuis longtemps, que j’ai plaidé, porté et obtenu, au niveau de notre accord belge, pour que la mesure nationale soit prise. Mais même ça, aujourd'hui – nous en avons plus ou moins fait la comptabilité en séance lundi – quelques pays s'abstiennent parce qu'ils ne savent pas encore, et quasi autant sont pour que ceux qui sont KAMER-3E ZITTING VAN DE 56E ZITTINGSPERIODE 2025 On peut continuer de ne pas vouloir l'entendre. Je peux vous le redire 15 fois: je n'ai pas la faculté de faire changer la réalité de chacun des États européens, d'autant que des pays changent de position. La Slovénie, par exemple, était en faveur il y a trois mois et ne l'est plus aujourd'hui, parce qu'il y a entretemps eu des élections et que le gouvernement a changé. Ce n'est pas que la Belgique est immobile, impassible, et encore moins complice. Je le redis, même si certains se refusent à l'entendre: nous faisons partie de la minorité des pays de l'Union européenne qui ont adopté des mesures fortes à l'échelle nationale. Je peux entendre que ce n'est pas assez. Ce n'est probablement jamais assez face à l'horreur qui est vécue. Je veux simplement qu'on puisse, à un moment donné, aussi prendre de la hauteur. Au risque de me répéter, les choses sont claires: la présence continue d'Israël dans le territoire palestinien occupé est totalement illicite. On me requestionne à nouveau, via M. Boukili, sur la politique des visas pour sortir de Gaza. J'y ai répondu il y a quelques semaines, ici même. Disposer d'un visa pour la Belgique n'octroie pas un droit automatique à être évacué par la Belgique. Je vous invite à vous référer au débat que j'ai tenu il y a quelques semaines et dans lequel je donne toutes les explications, pour ne pas le refaire une énième fois. Il est vrai qu’aujourd’hui – et ce n’est un secret pour personne – des divergences de sensibilité et de vue subsistent au sein du gouvernement quant aux éventuelles opérations d’évacuation qui pourraient être mises en œuvre après l’achèvement de la liste des personnes identifiées sous la Vivaldi. Tout le monde le sait. Pour ma part, je continue à plaider, dans le cadre des réunions intercabinets, afin que nous puissions identifier de nouveaux profils susceptibles d’être concernés. Cette approche ne fait toutefois pas l’unanimité au sein 2026 CHAMBRE-3E SESSION DE LA 56E LÉGISLATURE

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