2. Réponses des ministres aux questions écrites SÉNAT 7 JANVIER 2021 une baisse générale des appels au boycott et autres messages hostiles envers la France sur les réseaux sociaux. Dans ce contexte, le réseau diplomatique s’est mobilisé pour mener un travail d’explication et d’apaisement, notamment dans la continuité de l’entretien du Président de la République du 31 octobre 2020 sur la chaîne Al-Jazeera. Les représentations diplomatiques françaises ont multiplié les démarches, à la fois auprès des autorités locales et de la société civile. Ces messages de la France visent à lever les malentendus qui ont été sciemment construits au travers de manipulations de la part de mouvances hostiles à notre pays. Ces messages rappellent : le profond respect de la France pour la religion de l’Islam, parce que notre principe de laïcité, justement, garantit et protège la liberté de culte des musulmans, comme de tous les croyants quelle que soit leur religion ; le principe de liberté d’expression comme fondement de notre République et pilier du pacte républicain français ; la détermination de la France dans sa lutte contre l’extrémisme et le terrorisme. Le réseau diplomatique français s’est également mobilisé pour sensibiliser les autorités locales aux répercussions des appels au boycott sur l’activité des entreprises françaises et leur demander de prendre toutes les mesures nécessaires pour assurer la sécurité de nos ressortissants et de nos entreprises dans leur pays de résidence. S’agissant de la sécurité de la communauté française, notre réseau diplomatique a été instruit de faire preuve d’une vigilance renforcée en évaluant les risques pour nos emprises, nos intérêts et nos ressortissants à l’étranger, de prendre toutes les mesures utiles en lien avec les autorités locales et d’assurer un suivi des réactions et des incidents qui affecteraient nos ressortissants et nos entreprises. Cet appel à la vigilance maximale, assorti de recommandations précises, a également été adressé à l’ensemble des Français à l’étranger, quel que soit le pays, par les différents canaux disponibles (messages aux ressortissants français immatriculés diffusés par les postes diplomatiques et consulaires, actualisation des Conseils aux voyageurs, diffusion d’alertes Ariane, messages aux entreprises françaises). L’ensemble de nos postes diplomatiques et consulaires dans le monde demeure ainsi mobilisé au service de la protection de la sécurité des Français et de l’activité des entreprises françaises à l’étranger. Procédure d’entrée dérogatoire à destination des couples binationaux séparés par la fermeture des frontières 18942. − 19 novembre 2020. − Mme Évelyne Renaud-Garabedian attire l’attention de M. le ministre de l’Europe et des affaires étrangères sur la procédure d’entrée dérogatoire mise en place à destination des couples binationaux séparés par la fermeture des frontières, du fait de la pandémie actuelle. Ce dispositif s’adresse aux personnes qui peuvent justifier d’une relation depuis un minimum de six mois avant la fermeture des frontières et d’un précédent séjour en France. Elle l’interroge sur les fondements de ce dernier critère et sa pertinence, alors même que les couples concernés se sont rencontrés - et ont vécu - la plupart du temps à l’étranger. Elle lui demande si cette condition très restrictive pourrait être assouplie dans la perspective du prolongement, sans date de fin pour le moment, des restrictions de déplacement. Réponse. − La procédure en place depuis le début de la crise sanitaire permet aux couples binationaux mariés, pacsés ou justifiant d’une vie commune (concubins) de se retrouver en France grâce à l’attestation de déplacement vers la France métropolitaine. Toutefois, lorsqu’une relation sentimentale ne s’est pas matérialisée par un mariage, un pacs, un acte de concubinage ou une résidence commune, la procédure ne permet pas d’accueillir en France des partenaires étrangers de ressortissants français. Néanmoins, sensibles à la situation difficile de ces personnes séparées par la situation sanitaire, le ministère de l’Europe et des affaires étrangères et le ministère de l’Intérieur, sur des directives internes du gouvernement français, ont mis en place un dispositif dérogatoire d’entrée en France qui s’applique aux ressortissants étrangers qui sont en mesure de justifier, auprès du consulat compétent, d’une relation sentimentale stable (existant depuis 6 mois ou plus avant la fermeture des frontières) avec un ressortissant français établi en France, et ayant effectué au moins un précédent séjour en France. La possibilité de retour dans le pays de résidence et la présentation d’un billet retour sont également requis. Une autorisation d’entrée est délivrée à ces personnes à titre exceptionnel, pour un séjour en France d’une durée maximum de 90 jours. Les détenteurs de ce laissez-passer restent soumis aux règles applicables en matière d’entrée et de séjour en France (notamment l’obligation éventuelle de visa en fonction de la nationalité) et en matière sanitaire (présentation des résultats d’un test RT-PCR ou obligation de test à l’arrivée selon le pays d’origine). Effectif depuis septembre dernier, le dispositif donne toute satisfaction : plus de 1500 laissez-passer ont été délivrés, avec un taux d’acceptation des demandes de 79 %. À ce stade de l’épidémie, aucun assouplissement des conditions de délivrance de ce laissezpasser ne peut être envisagé, car ce dispositif est déjà dérogatoire aux principes d’interdiction d’entrée sur le territoire national et de limitation des déplacements imposés par la crise sanitaire mondiale. 56

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