SÉNAT
7 JANVIER 2021
2. Réponses des ministres
aux questions écrites
Dissolution des caisses des écoles
18174. − 8 octobre 2020. − M. André Gattolin interroge M. le ministre de l’éducation nationale, de la
jeunesse et des sports sur la dissolution des caisses des écoles dans certaines communes. Les caisses des écoles ont
été généralisées dans toutes les communes de France en 1882 lors de l’adoption de la loi sur l’éducation primaire
obligatoire, œuvre de Jules Ferry. Ces établissements publics locaux autonomes ont pour but de faciliter la
fréquentation de l’école publique en allouant des aides aux élèves en fonction des ressources de leur famille. Cette
compétence originelle a d’ailleurs été élargie par la loi no 2005-32 du 18 janvier 2005 de programmation pour la
cohésion sociale, à des actions de caractère éducatif, culturel, social et sanitaire en faveur des enfants relevant de
l’enseignement du premier et du second degré. Les caisses des écoles peuvent également se voir confier par
convention avec la commune l’organisation du service d’accueil issu de la loi no 2008-790 du 20 août 2008 pour
les élèves des écoles maternelles et élémentaires pendant le temps scolaire. Enfin, la caisse des écoles peut également
gérer des services sociaux tels que les colonies de vacances, les cantines scolaires ou les classes de découverte. Les
caisses des écoles constituent donc un rouage important pour faciliter l’apprentissage de tous les élèves. Or, l’article
L. 212-10 du code de l’éducation qui prévoit leur création en son 1er alinéa permet également leur dissolution, en
son 3ème alinéa, lorsque la caisse des écoles n’a procédé à aucune opération de dépenses ou de recettes pendant
trois ans ; et ce, par délibération du conseil municipal. Cette possibilité avait pour but de répondre initialement
aux conséquences de la fermeture de classes dans certaines communes rurales ou suite à des regroupements
intercommunaux. Mais désormais, différentes communes, de strates de population différentes, utilisent cette
possibilité juridique pour dissoudre leur caisse des écoles et pour confier les missions de ces dernières à leurs
services sociaux ou à des sociétés privées notamment dans les domaines de la restauration scolaire et des colonies de
vacances. L’outil de démocratie locale constitué par les caisses d’école permettant aux élus, à l’inspection de
l’éducation nationale, aux parents et aux enseignants de travailler en concertation pour le bien être des élèves se
trouve donc menacé. ll lui demande si un bilan peut être dressé sur le nombre de communes qui ont décidé de
dissoudre leur caisse des écoles ; s’il lui semble normal que des communes disposant d’écoles comportant de
nombreuses classes peuvent dissoudre leur caisse des écoles et si la disparition des caisses des écoles ne constitue pas
un recul de la démocratie participative à l’échelon local et une perte de sens du service public.
Réponse. − Les articles L. 212-10 et suivants et R. 212-24 et suivants du code de l’éducation précisent les modalités
de création, de fonctionnement et de dissolution d’une caisse des écoles. En effet, l’article L. 212-10 prévoit
qu’« une délibération du conseil municipal crée, dans chaque commune, une caisse des écoles, destinée à faciliter la
fréquentation de l’école par des aides aux élèves en fonction des ressources de leur famille », mais aussi que
« lorsque la caisse des écoles n’a procédé à aucune opération de dépenses ou de recettes pendant trois ans, elle peut
être dissoute par délibération du conseil municipal ». Ainsi, bien que le ministère de l’éducation nationale, de la
jeunesse et des sports (MENJS) reconnaisse l’intérêt des actions menées au bénéfice des élèves par les caisses des
écoles, les communes sont seules compétentes pour décider de leur dissolution. Par conséquent, le MENJS n’est
pas en mesure de dresser un bilan des communes qui ne disposent plus de caisses des écoles suite à la dissolution de
ces dernières.
Baisse du niveau de mathématiques des élèves
18199. − 15 octobre 2020. − M. Pascal Allizard attire l’attention de M. le ministre de l’éducation nationale, de
la jeunesse et des sports à propos de la baisse du niveau de mathématiques des élèves. Il rappelle que les
mathématiques font partie des connaissances fondamentales des élèves et permettent d’accéder notamment à
l’univers scientifique au collège. La dernière étude « Cedre » pour la période 2008-2014-2019 relative aux
mathématiques en fin d’école, et qui vient d’être publiée, fait état de résultats en nette baisse. Cette étude révèle
également un accroissement des inégalités puisque les élèves des écoles les plus favorisées, en particulier celles du
secteur privé, ne sont pas touchés par la baisse des performances. Les différences de niveaux sont ainsi très
marquées par l’origine sociale des élèves. Enfin, ce qui est plus inquiétant encore pour l’avenir, les élèves sont
moins nombreux à déclarer faire des mathématiques par plaisir et s’intéressent moins aux apprentissages en
mathématiques. Par conséquent, il souhaite savoir comment le Gouvernement compte inverser cette tendance à la
baisse du niveau et, par ailleurs, connaître les mesures qu’il entend prendre pour redonner le goût des
mathématiques et des sciences aux élèves.
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