A SSEMBLÉE NATIONALE
27 JANVIER 2026
montre que l’interdiction de vente d’alcool aux mineurs est très peu respectée par les commerçants. Dans 3
métropoles (Rennes, Nantes et Angers) où ont été réalisés des achats-tests en vue de ce rapport, près de 9
établissements sur 10 (86 %) ont vendu de l’alcool à un mineur ; seulement 9 % des établissements ont refusé la
vente d’alcool après avoir demandé une pièce d’identité. Les sanctions judiciaires ne sont pas assez fortes et
n’empêchent pas les établissements de continuer à vendre aux mineurs : en 2025, 75 % des établissements faisant
déjà l’objet d’une procédure judiciaire pour vente d’alcool à des mineurs ont tout de même réitéré l’infraction.
91 % des établissements n’ayant pas fait l’objet de poursuite ont vendu de l’alcool à des mineurs. Ces chiffres sont
d’autant plus alarmants alors que la proportion de jeunes ayant déjà bu de l’alcool est à un niveau toujours très
élevé, l’alcool demeurant, de loin, la substance psychoactive la plus consommée par les jeunes. 80,6 % des
adolescents de 17 ans ont déjà bu de l’alcool et 36,6 % ont connu au moins une alcoolisation ponctuelle
importante au cours du dernier mois Il est donc essentiel de mieux faire respecter la loi pour l’ensemble de ces
établissements qui ne respectent pas les règles de vérification d’âge et d’identité dans le cadre de la vente d’alcool.
Des mesures doivent être prises pour enrayer cette situation. Plusieurs dispositifs ont déjà été mis en place et qui
vont dans ce sens. C’est le cas l’amende forfaitaire délictuelle (AFD), mise en place en avril 2025, pour laquelle la
vente d’alcool aux mineurs fait l’objet d’une amende de 300 euros, dans le cadre de l’élargissement du dispositif à
de nouveaux « petits » délits, ou bien encore la mise en place en 2019 d’une « charte d’engagements responsables
relatives à la vente d’alcool », signée par les principales enseignes de la grande distribution, impulsé par la mission
interministérielle de lutte contre les drogues et les conduites addictives (MILDECA). Mais ces dispositifs
comportent des limites. Le montant de l’AFD apparaît comme trop symbolique au regard des 7 500 euros
d’amende maximum prévus par le code de la santé publique et son champ d’action est limité. Elle lui demande
donc quels leviers d’actions elle peut actionner pour enrayer la vente d’alcool aux mineurs et mettre en place des
sanctions plus dissuasives.
4. Questions écrites
Alcools et boissons alcoolisées
Vente d’alcool aux mineurs - expérimentation territoriale
12369. − 27 janvier 2026. − Mme Anne-Cécile Violland attire l’attention de Mme la ministre de la santé, des
familles, de l’autonomie et des personnes handicapées sur l’interdiction de la vente d’alcool aux mineurs dans les
petites, moyennes et grande surface, ainsi que dans l’ensemble des points de vente à consommer sur place, et plus
particulièrement sur le non-respect de ce principe par ces établissements. En effet, un rapport publié par
l’association Addictions France le 3 juillet 2025 montre que l’interdiction de vente d’alcool aux mineurs est très
peu respectée par les commerçants. Dans 3 métropoles (Rennes, Nantes et Angers) où ont été réalisés des achatstests pour ce rapport, près de 9 établissements sur 10 (86 %) ont vendu de l’alcool à un mineur ; seulement 9 %
des établissements ont refusé la vente d’alcool après avoir demandé une pièce d’identité. Parmi ces refus, 8
établissements ont demandé une pièce d’identité et 4 ont juste demandé l’âge du mineur sans vérifier la pièce
d’identité. Les sanctions judiciaires ne sont pas assez fortes et n’empêchent pas les établissements de continuer à
vendre aux mineurs : 75 % des établissements concernés par une procédure judiciaire ont vendu de l’alcool à des
mineurs en 2025. Ces chiffres sont d’autant plus alarmants lorsqu’on sait que la proportion de jeunes ayant déjà
bu de l’alcool est à un niveau toujours très élevé, l’alcool demeurant, de loin, la substance psychoactive la plus
consommée par les jeunes. 80,6 % des adolescents de 17 ans ont déjà bu de l’alcool et 36,6 % ont connu au moins
une alcoolisation ponctuelle importante au cours du dernier mois. Une opération coordonnée entre la mairie
d’Angers, Addictions France, les services de l’État et la justice a permis, à partir d’octobre 2024, d’identifier et
sanctionner plusieurs établissements et conduits à des fermetures administratives. Pour obtenir ce résultat, un
important travail de coordination a dû être réalisé par l’association pour convaincre de l’importance de cette
mobilisation, ce qui représente un processus lourd difficilement déclinable dans tous les territoires. Elle souhaite
savoir quelles mesures le Gouvernement entend prendre pour systématiser et pérenniser ces dispositifs de
coopération territoriale, lever les freins organisationnels identifiés et garantir une application homogène et
rigoureuse de la loi sur l’ensemble du territoire.
Alcools et boissons alcoolisées
Vente d’alcool aux mineurs et coopération des acteurs
12370. − 27 janvier 2026. − M. Hendrik Davi interroge Mme la ministre de la santé, des familles, de
l’autonomie et des personnes handicapées sur l’interdiction de la vente d’alcool aux mineurs dans les petites,
moyennes et grandes surfaces, ainsi que dans l’ensemble des points de vente à consommer sur place, et plus
particulièrement sur le non-respect de ce principe par ces établissements. En effet, un rapport accablant publié par
570
Select target paragraph3
Connect to a paragraph
Connect to an entity
Disable highlights
Add to table of contents