A SSEMBLÉE NATIONALE
27 JANVIER 2026
demeure insuffisante. Cette situation affecte particulièrement les personnes âgées dépendantes, les résidents
d’EHPAD ainsi que les personnes à mobilité réduite, pour lesquelles les déplacements vers un centre d’audition
représentent un obstacle majeur. La réglementation actuelle, issue notamment de l’article L. 4361-7 du code de la
santé publique et des stipulations conventionnelles de la filière audioprothèse, interdit aux audioprothésistes
d’exercer leur activité en itinérance, y compris lorsque l’équipement mobile utilisé répond aux normes techniques
des centres fixes. Or cette contrainte limite fortement les possibilités d’organisation de soins au plus près des
patients, alors même que d’autres professions de santé bénéficient déjà de dispositifs expérimentaux similaires
(notamment les chirurgiens-dentistes via une expérimentation Article 51 pour les unités mobiles bucco-dentaires
en EHPAD). Cette absence de flexibilité réglementaire apparaît paradoxale au regard des priorités fixées par les
pouvoirs publics en matière de lutte contre les déserts médicaux, de réduction des inégalités territoriales et de
promotion d’une démarche « d’aller vers » les patients, telle que portée par le plan France Ruralités et par les
expérimentations nationales Article 51 de la loi de financement de la sécurité sociale pour 2018. Au vu de ces
éléments, Mme la députée souhaite interroger le Gouvernement sur les points suivants : comment justifier, d’un
point de vue sanitaire et organisationnel, le maintien d’une interdiction stricte de l’exercice itinérant pour les
audioprothésistes, alors même que des dispositifs mobiles pourraient être aménagés dans le respect des normes
d’insonorisation, de calibration et de sécurité applicables aux centres fixes ? Le Gouvernement envisage-t-il de
soutenir ou d’autoriser une expérimentation locale, fondée sur l’Article 51, permettant la mise en place de cabinets
mobiles d’audioprothésistes dans les territoires les plus fragilisés, à l’image de ce qui a été validé pour les soins
bucco-dentaires ? En effet, à Maubeuge, les enseignes Optical Center disposent déjà de véhicules équipés
spécialement pour les examens auditifs – cette enseigne en détient même 100 à l’échelle nationale – qui, de fait de
l’article L. 4361-7 du code de santé publique, sont à l’arrêt. Ce matériel pourrait être mis à profit pour une
expérimentation locale en vue de lutter contre les déserts médicaux. Une évolution législative ou réglementaire estelle prévue afin d’adapter le cadre juridique de la profession et de permettre durablement la pratique mobile, dans
des conditions sécurisées et contrôlées, en cohérence avec les objectifs de santé publique nationaux ? Elle la
remercie de bien vouloir préciser les intentions du Gouvernement en matière d’accès aux soins auditifs et
d’innovation organisationnelle au sein de la filière audioprothèse.
4. Questions écrites
Santé
Publication de l’arrêté sur le réemploi des dispositifs médicaux individuels
12511. − 27 janvier 2026. − Mme Josiane Corneloup attire l’attention de Mme la ministre de la santé, des
familles, de l’autonomie et des personnes handicapées sur la publication de l’arrêté relatif à la remise en bon état
d’usage des dispositifs médicaux à usage individuel, prévue par l’article 39 de la loi du 24 décembre 2019 de
financement de la sécurité sociale pour 2020. Afin de rendre cette mesure opérationnelle et de soutenir le
développement de l’économie circulaire notamment dans le secteur, l’article 39 de la loi précitée prévoyait la
publication d’un décret en Conseil d’État, publié le 19 mars 2025, et d’un arrêté listant les dispositifs médicaux à
usage individuel pouvant être remis en état d’usage. L’arrêté a fait l’objet d’une procédure de notification à la
Commission européenne dont la période de statu quo s’est achevée le 3 décembre 2025, du fait de l’absence d’avis
circonstancié rendu par la Commission européenne ou un État-membre. Or le déploiement de l’économie
circulaire dans le secteur optique répond en effet aux attentes des consommateurs, alors que selon l’étude Arcane
réalisée en 2024, 4 porteurs de lunettes sur 10 pourraient s’équiper de monture d’occasion/de seconde main et que
plusieurs dizaines de milliers d’équipements optiques correcteurs pourraient être réemployés chaque année. Elle lui
demande donc de bien vouloir lui indiquer à quelle date le Gouvernement prévoit de publier l’arrêté, afin de
favoriser ce déploiement.
Santé
Réforme du financement de la psychiatrie
12512. − 27 janvier 2026. − M. Loïc Kervran interroge Mme la ministre de la santé, des familles, de l’autonomie
et des personnes handicapées sur la réforme du financement de la psychiatrie. En l’état des informations
disponibles, une première analyse pointe des déséquilibres structurels majeurs induits par cette réforme du
financement de la psychiatrie, au détriment en particulier des centres hospitaliers spécialisés et des zones rurales.
Ainsi les contraintes territoriales et les coûts fixes supportés par les centres hospitaliers spécialisés mais aussi par
exemple l’impossibilité de développer l’offre ambulatoire sur des territoires vastes et dispersés de la même manière
que dans un contexte urbain semblent largement sous-estimés par le nouveau modèle. La faible valorisation dans
ce même modèle d’une psychiatrie lourde qui continuera à exister mais aussi des soins sans consentement ou
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