SÉNAT
11 MAI 2023
2. Réponses des ministres
aux questions écrites
compétences, signé le 20 octobre 2021, entre l’État, les branches professionnelles et les opérateurs de compétences,
va également permettre de soutenir le secteur dans le déploiement d’une vraie politique de recrutement et de
gestion des emplois et des compétences. En outre, la mise en œuvre opérationnelle de l’appel à projets avec la
caisse nationale de solidarité pour l’autonomie pour les plateformes des métiers de l’autonomie, permet de
construire une offre d’intermédiation territorialisée et multi-services, afin de permettre aux employeurs de voir
leurs offres d’emplois effectivement et rapidement satisfaites. L’ensemble de ces mesures favorisant le recrutement
de professionnels a été soutenu par deux campagnes de communication nationales sur les opportunités d’emploi
dans le secteur (en septembre 2021 et mars 2022). La première journée nationale des aides à domicile a par ailleurs
été organisée le 17 mars 2023 par le ministère des solidarités, de l’autonomie et des personnes handicapées en lien
avec l’ensemble du secteur, pour saluer et valoriser l’engagement des professionnels. Enfin, le Gouvernement et le
Parlement continuent à travailler à des mesures de soutien aux aides à domicile. Le Conseil national de la
refondation bien vieillir, au sein duquel une réflexion avait été dédiée à l’attractivité des métiers, notamment du
domicile, a fait émerger d’autres questions structurantes, auxquelles des réponses seront apportées, notamment au
travers de la proposition de loi relative au bien vieillir dont l’examen a débuté à l’Assemblée nationale. Son article 6
porte création d’une carte professionnelle pour les aides à domicile ; il s’agissait, de longue date, d’une demande
extrêmement forte des professionnels, cruciale pour la reconnaissance des spécificités de leur métier. Sont
également prévues des mesures concrètes, comme des aides à mobilité pour que les employeurs mettent à
disposition des professionnels des flottes de véhicules, ou encore le financement d’heures d’échanges de pratiques
entre professionnels.
Rémunération des mandataires judiciaires à la protection des majeurs indépendants
6097. − 6 avril 2023. − M. Cédric Perrin interroge M. le ministre des solidarités, de l’autonomie et des
personnes handicapées sur la rémunération des mandataires judiciaires à la protection des majeurs indépendants
(MJPMI). La rémunération de ces professionnels est gelée depuis 2014. Autrefois indexée sur le montant du
SMIC horaire, le Gouvernement a supprimé cette indexation en créant un indice de référence fixe de 142,95 euros
par mois. Depuis, aucune revalorisation n’est intervenue et cet indice de référence s’avère aujourd’hui inférieur au
montant du SMIC horaire, ancien barème dont ils bénéficiaient (142,95 euros contre 160,67 euros). Au-delà de
cette perte financière, cette situation constitue également un manque de reconnaissance alors même qu’ils exercent
des missions essentielles au bénéfice des personnes vulnérables. De plus, les MJPMI sollicitent depuis de
nombreuses années une réforme de leur statut. Si un groupe de travail interministériel travaille depuis un an sur
des propositions de mesure qu’ils espèrent voir aboutir prochainement, l’abrogation de l’arrêté du
29 décembre 2014 relatif à la rémunération des MJPMI permettrait de retrouver a minima la juste revalorisation
de leur tarif de base et serait un signal fort de reconnaissance pour cette profession. C’est pourquoi il l’interroge sur
la position du Gouvernement quant à la revalorisation de leur rémunération.
Réponse. − La protection juridique des majeurs est une politique publique transversale, à la croisée des
problématiques d’autonomie, de santé, de protection des droits fondamentaux, d’inclusion sociale des personnes
âgées et handicapées et de lutte contre les maltraitances. Ce dispositif de solidarité contribue à lutter efficacement
contre l’isolement social et à accompagner les personnes en situation de vulnérabilité. L’État consacrera en 2023,
801 M€ (montant inscrit en loi de finances pour 2023) à la protection juridique des majeurs, soit une hausse de +
9,3 % par rapport à 2022. La profession est divisée en deux statuts, avec pour chacun des règles spécifiques
relatives aux rémunérations. Les services mandataires judiciaires à la protection des majeurs sont ainsi rémunérés
de manière fixe, selon une grille de rémunération qui ne dépend pas du service rendu au majeur protégé mais de
conventions d’objectif et de gestion. La part des actes payés par les majeurs protégés est relativement faible (15 %)
et est directement redistribuée dans les recettes des services. Le reste du coût engendré est pris en charge par l’Etat.
Les professionnels indépendants exercent quant à eux une profession libérale réglementée, en qualité d’auxiliaires
de justice pour remplir une mission de service public. Ils sont rémunérés à l’acte, sur la base d’une grille tarifaire
alignée sur un tarif de base. La participation des personnes protégées intervient en complément de rémunération.
La part de la participation dans la rémunération atteint 40% environ. Différents biais à ce système double ont été
observés ces dernières années. Un dialogue nourri existe donc entre l’Etat et les représentants de cette profession.
Les discussions ayant eu cours quant à une éventuelle réforme du financement du secteur de la protection
juridique des majeurs, et cela quel que soit le mode d’exercice, n’ont pour l’heure pas abouti. Les réflexions
s’appuient notamment sur la note méthodologique de l’Inspection générale des affaires sociales d’octobre 2018 et
par l’étude de coûts réalisée par le CGI-business consulting fin 2021. Les fédérations représentant les
professionnels sont étroitement associées à ces travaux qui se poursuivront dans les prochains mois.
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