SÉNAT
4 JUIN 2026
pertinents, les dossiers des demandeurs de bourses comprenant les comptes-rendus des visites à domicile sont mis à
la disposition des membres du CCB dans les locaux consulaires avant la tenue de chaque réunion du CCB. La note
du 20 janvier 2026 précitée précise qu’en cas de visite intervenant à l’issue du CCB et avant la tenue de la
commission nationale des bourses, le poste consulaire doit en faire rapport aux membres du CCB et les consulter
pour toute modification éventuelle de la proposition de décision.
INDUSTRIE
2. Réponses des ministres
aux questions écrites
Suspension du projet d’usine de recyclage de Dunkerque
2299. − 7 novembre 2024. − M. Joshua Hochart attire l’attention de Mme la ministre de la transition
écologique, de l’énergie, du climat et de la prévention des risques sur la suspension du projet d’usine de
recyclage de Dunkerque. Ce projet, que le Gouvernement et le président de la région Hauts-de-France avaient
annoncé en grande pompe et qui devait générer plusieurs centaines d’emplois directs et indirects, vient d’être
suspendu à cause d’un modèle économique jugé insuffisamment fiable. Cette suspension soulève des questions
préoccupantes sur la capacité de la France à sécuriser des investissements industriels stratégiques dans un secteur en
évolution rapide, mais surtout sur la situation des travailleurs, dans l’un des départements les plus précaires de
France. M. Hochart s’interroge sur les raisons ayant conduit à cette suspension et sur les leçons que le
Gouvernement tire de cette situation. Il souhaite savoir quelles mesures sont envisagées pour relancer ce projet et
pour éviter que d’autres projets similaires ne subissent le même sort, alors que d’autres pays européens semblent
mieux placés pour attirer ces investissements. Il demande également quelles actions le Gouvernement prévoit pour
compenser la période d’incertitude engendrée par cette suspension, notamment en ce qui concerne les travailleurs
qui avaient été mobilisés pour ce projet. M. Hochart aimerait connaître les initiatives mises en place pour garantir
que les promesses d’emploi ne se transforment pas en désillusion pour les habitants de Dunkerque, du
département, et plus largement de la région. Par ailleurs, il s’interroge sur les mesures que le Gouvernement
envisage pour renforcer la position de la France dans la compétition européenne pour les investissements
industriels. Il lui demande de lui préciser quelles stratégies seront mises en oeuvre pour promouvoir une
relocalisation des industries essentielles sur notre territoire, tout en veillant à ce que ces démarches ne nuisent pas à
la compétitivité des entreprises françaises. La France traverse une crise économique sans précédent, marquée par
une inflation record et un manque de pouvoir d’achat pour les Français. Le Gouvernement semble incapable de
réindustrialiser le pays. M. Hochart demande donc à M. le ministre de ne pas laisser les habitants du Nord tomber
dans l’oubli et de ne pas créer une énième désillusion fatale pour nos concitoyens. − Question transmise à M. le
ministre délégué auprès du ministre de l’économie, des finances et de la souveraineté industrielle,
énergétique et numérique, chargé de l’industrie.
Réponse. − Eramet, groupe minier de nationalité française, conduit depuis plusieurs années une stratégie
industrielle structurée autour de deux axes : d’une part, la production de métaux nécessaires au développement
économique mondial tels que le manganèse, le nickel ou les sables minéralisés et, d’autre part, le développement
durable des métaux critiques pour la transition énergétique, incluant notamment le lithium, le nickel pour
batteries et le recyclage des batteries. Concernant le recyclage de batteries, cette activité repose principalement sur
deux grandes opérations. La première consiste à collecter les batteries usagées ou défectueuses, ainsi que les rebuts
de fabrication issus des gigafactories. Ces déchets sont ensuite traités dans des unités de pré-traitement, où ils
subissent une série d’opérations mécaniques permettant leur transformation en une poudre noire, dite black mass,
qui contient en mélange les métaux critiques. La seconde étape consiste en un raffinage de cette black mass afin
d’extraire, de régénérer et de séparer ces métaux sous forme de sels purs, en vue de leur réutilisation dans la
fabrication de matériaux actifs de cathode (CAM) et de leurs précurseurs (pCAM)[1]. Malgré la mise en place d’une
installation pilote en Île-de-France le 24 octobre 2024, Eramet a annoncé la suspension du projet ReLieVe d’usine
de recyclage de batteries de véhicules électriques, initialement localisée à Dunkerque, en raison de plusieurs
obstacles économiques et industriels. L’industrialisation progressive de la filière européenne des batteries a connu
un retard général, notamment dans la maîtrise et la montée en cadence de la production de cellules de batteries
dans les gigafactories en Europe ayant démarré leur production commerciale dès 2024. De plus, une certaine
incertitude pèse sur la capacité à contractualiser à prix compétitif des volumes de déchets à recycler dans l’usine.
Dans un premier temps, ces déchets seront principalement des rebuts de fabrication de cellules de batteries
produits dans les gigafactories européennes. Compte-tenu de leur valeur, ces déchets sont généralement exportés
vers des installations de recyclage déjà existantes et localisées en Asie pour une valorisation aux coûts plus
compétitifs qu’en France. Les débouchés européens pour les sels de métaux critiques issus du recyclage sont
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