SÉNAT
4 JUIN 2026
maternelle (FLAM). Ces perspectives, qui permettent de mieux accompagner les enfants de nos concitoyens à
l’étranger, pourront notamment être soutenues dans le cadre du dispositif FLAM mis en oeuvre par l’Agence pour
l’enseignement français à l’étranger (AEFE).
2. Réponses des ministres
aux questions écrites
Difficultés rencontrées par les retraités français résidant en Espagne pour l’obtention d’un certificat de
vie
6957. − 11 décembre 2025. − Mme Sophie Briante Guillemont attire l’attention de M. le ministre de l’Europe
et des affaires étrangères sur les difficultés persistantes rencontrées par les pensionnés français résidant en Espagne
pour obtenir un certificat de vie, document nécessaire au maintien du versement de leur pension. Depuis le retrait
de la France, en mai 2019, de la commission internationale de l’état civil (CIEC), notre pays n’a pas ratifié la
Convention no 27 du 10 septembre 1998 relative à la délivrance d’un certificat de vie, contrairement à l’Espagne.
L’absence de ratification est aujourd’hui invoquée par de nombreuses autorités locales espagnoles pour refuser de
viser les certificats de vie présentés par les pensionnés français. La liste indicative d’autorités habilitées, publiée par
la France, ne possède aucune valeur contraignante et ne permet pas de sécuriser la procédure. Si la signature par
l’Espagne, en 2022, de l’avenant à la convention d’échanges automatiques de données d’état civil a permis d’alléger
le contrôle annuel pour une majorité de pensionnés, près d’un tiers d’entre eux demeure soumis au dispositif
historique et continue de se heurter au refus des autorités locales espagnoles de valider leur certificat de vie, les
exposant au risque de suspension du versement de leur pension. Par ailleurs, il apparaît que la CIEC continue
aujourd’hui d’exercer son rôle, en produisant régulièrement des rapports normatifs et en poursuivant son activité
conventionnelle. L’organisation, qui demeure active et reconnue par de nombreux États européens, contredit ainsi
en partie les motifs avancés par la France lors de son retrait, à savoir l’absence de perspectives concrètes. Cette
situation conduit à s’interroger sur l’opportunité d’une réévaluation de la position française, d��autant que la
ratification de la Convention no 27 constituerait une solution juridiquement simple et immédiatement opérante
pour résoudre les difficultés rencontrées par les pensionnés français à l’étranger, en particulier en Espagne. Elle
souhaite donc connaître les intentions du Gouvernement quant à l’adoption de mesures permettant d’assurer aux
pensionnés concernés une procédure fiable et harmonisée pour l’obtention de leur certificat de vie. Elle lui
demande notamment si le Gouvernement envisage d’engager des discussions bilatérales avec les autorités
espagnoles afin de mettre fin à ces refus récurrents, et s’il envisage, plus structurellement, un réexamen de la
position française vis-à-vis de la CIEC, incluant la possibilité de ratifier la Convention no 27 relative aux certificats
de vie.
Réponse. − Les régimes de retraite français ont confié au groupement d’intérêt public (GIP) Union Retraite la
coordination du recueil et de la transmission des preuves de l’existence des pensionnés résidant à l’étranger, en
application des dispositions de l’article L.161-24 du Code de la sécurité sociale. Dans ce cadre, le GIP Union
Retraite a mis en place un système de mutualisation des certificats d’existence (MCE), qui repose sur l’envoi et la
vérification d’un seul certificat de vie pour l’ensemble des régimes d’affiliation des assurés concernés. Pour faciliter
les démarches des usagers, le ministère de l’Europe et des affaires étrangères (MEAE) et le GIP Union Retraite ont
mis en place des échanges automatiques de données d’état civil avec plusieurs pays, dont l’Espagne (à ce jour, ces
échanges existent également avec l’Allemagne, la Belgique, le Danemark, l’Italie, le Luxembourg, les Pays-Bas, le
Portugal et la Suisse et ce dispositif devrait bientôt être élargi au Royaume-Uni, à la Serbie et à Israël). Cependant,
ces échanges automatiques ne permettent pas d’identifier tous les assurés résidant en Espagne : en 2025, sur un
total de 248 101 pensionnés d’un régime français de retraite résidant en Espagne, seuls 63 % ont pu être identifiés
grâce à ce système, pour différentes raisons (homonymies, non-concordance d’éléments d’identification tels que les
noms maritaux, dates de naissance, adresses, etc.). Afin d’établir leur certificat de vie, les pensionnés concernés
disposent de plusieurs moyens : - ils peuvent s’adresser à des autorités locales habilitées, dont la liste est actualisée
chaque année (en Espagne, il s’agit des services sociaux des mairies, du juge de paix dans les villages, du « registro
central » dans les communautés autonomes, ou encore de l’institut national de la sécurité sociale) ; - ils peuvent
également justifier de leur existence de façon dématérialisée depuis leur téléphone mobile, en s’auto-certifiant à
l’aide d’un titre d’identité et d’un dispositif de reconnaissance faciale à travers l’application « mon certificat de vie »
(conformément à la loi no 2020-1576 du 14 décembre 2020 de financement de la sécurité sociale pour 2021).
Depuis sa mise en place en septembre 2024, ce dispositif a permis de valider 91 162 contrôles de la part de
pensionnés de 136 nationalités ; - ils peuvent enfin, en dernier ressort, s’adresser aux postes consulaires pour établir
leur certificat de vie (en 2024, 14 014 certificats de vie ont ainsi été délivrés dans le réseau consulaire). Compte
tenu de ces différents moyens de justification de l’existence à la disposition des pensionnés, en particulier le
dispositif d’auto-certification dématérialisée, il n’apparaît pas nécessaire de réexaminer la position française vis-à-
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