SÉNAT
4 JUIN 2026
2. Réponses des ministres
aux questions écrites
stratégique entre les communes françaises frontalières et les cantons genevois, et attirer par la même occasion des
professionnels de santé susceptibles d’oeuvrer sur leur territoire dans un contexte de multiplication des déserts
médicaux. Or, ces efforts sont aujourd’hui entravés par un phénomène croissant de départs de médecins,
infirmiers, kinésithérapeutes et autres professionnels de santé vers le territoire suisse, attirés par des conditions de
rémunération et de travail perçues comme plus avantageuses et fragilisant par la même occasion les communes
rurales qui peinent à maintenir un tissu médical fonctionnel et suffisant. Facilité par la proximité géographique et
les différences législatives, sociales et fiscales entre les deux pays, ce phénomène s’accentue du fait de pratiques
actives de démarchage mises en place par certains organismes privés suisses spécialisés tels que Rem’aide, qui
recrutent directement et activement les soignants français en leur promettant une reconnaissance financière
supérieure et de meilleures conditions de travail. Ce phénomène, bien que localisé, participe d’un enjeu national et
européen plus large, s’agissant de la répartition des professionnels qualifiés formés en France et de la soutenabilité
de nos systèmes Aussi, elle souhaite par conséquent connaître les mesures que le Gouvernement envisage de
prendre, en coordination avec les autorités suisses et les instances européennes, non seulement pour contenir ces
pratiques de démarchage, qui conduiront, à moyen terme, à un appauvrissement du tissu sanitaire et économique
local ; mais aussi pour préserver l’attractivité de notre territoire pour les médecins et les travailleurs qualifiés,
notamment formés sur le territoire français, et ainsi contribuer au maintien de notre économie nationale.
Réponse. − Le ministère de l’Europe et des affaires étrangères (MEAE) a connaissance des pratiques de démarchage
actif de nos personnels de santé. Nous avons également connaissance de la démarche de l’agence Rem’aide et avons
pu consulter son courrier dans le détail. Sur cet exemple précis, notre ambassade à Berne va alerter l’Office fédéral
de la santé publique sur son contenu, et plus largement sur la multiplication de ces pratiques, contre lesquels il
convient de lutter le plus possible. Le MEAE connait le contexte plus global de désertification médicale qui touche
nos départements frontaliers. Les résultats d’une étude récente de l’observatoire statistique transfrontalier (OST) et
de l’Observatoire transfrontalier des personnels de santé montrent en effet que le personnel soignant en
provenance des départements de l’Ain et de la Haute-Savoie occupe une place significative dans les cantons de
Genève et de Vaud, dans un contexte de besoins croissants en main-d’oeuvre dans les prochaines années. Partant
de ce constat, nous évoquons régulièrement ce projet dans nos enceintes de coopération frontalières avec la Suisse.
Ce fut le cas lors du dialogue frontalier franco-suisse dont la dernière réunion s’est tenue le 25 mars 2026 à
Divonne-les-Bains. Nos autorités respectives sont par ailleurs pleinement mobilisées dans la lutte contre ce
phénomène. Ainsi, compte tenu du déséquilibre créé par ce phénomène d’aspiration et des tensions locales sur le
système de santé, les Agences régionales de santé (ARS) frontalières ont également mis en place des politiques
volontaristes consistant à fidéliser les professionnels de santé dès leur formation au travers de bourses d’études. Par
ailleurs, le plan d’attractivité des métiers de soignants de la région Grand-Est prévoit l’augmentation des capacités
d’accueil en Instituts de formation en soins infirmiers (IFSI) et Instituts de formation d’aides-soignants (IFAS).
Les capacités d’accueil en IFAS ont été augmentées de 250 % dans le Haut-Rhin (92 % en Grand Est), entre 2019
et 2022. Au-delà des mesures nationales et conformément au voeu exprimé par le Président de la République lors
de sa visite d’Etat en Suisse en 2023, un colloque franco-suisse sur les ressources humaines en santé a été organisé à
Paris le 18 octobre 2024 sur ce thème. Il a donné l’occasion pour la ministre de la santé d’échanger avec les acteurs
institutionnels et du monde de la santé des cantons suisses concernés afin de renforcer nos complémentarités en
matière de numérique en santé, de formations ou de conventions de soins, et de favoriser les partages de
connaissances ou encore réfléchir aux blocages, y compris réglementaires, à lever. La Préfète de région AuvergneRhône-Alpes, la Directrice générale de l’ARS et le Conseiller d’État chargé de la santé du Canton de Genève ont
également signé, le 10 octobre 2024, une lettre d’intention concernant les personnels de santé, avec les Hôpitaux
universitaires de Genève, qui se sont engagés à ne pas recruter proactivement des professionnels de santé des
établissements de santé des territoires français frontaliers. Enfin, dans le cadre de la tenue du dialogue franco-suisse
du 25 mars 2026, le sujet du financement par la Suisse de formations en santé a été abordé. Nous souhaitons
travailler rapidement avec notre voisin helvétique pour discuter des modalités concrètes d’un financement
conjoint. Outre ces considérations cruciales relatives au maintien d’une offre de soin de qualité, nous avons tout à
gagner, France et Suisse, à adopter une approche de bon voisinage dans ce dossier, au-delà du cadre instauré par les
initiatives mentionnées ci-dessus.
Position et actions de la France concernant le conflit soudanais
6561. − 6 novembre 2025. − Mme Colombe Brossel attire l’attention de M. le ministre de l’Europe et des
affaires étrangères sur la situation dramatique qui prévaut actuellement au Soudan, et plus particulièrement après
la prise de la ville d’El-Fasher, au Darfour, par les Forces de soutien rapide (FSR). Dernière grande ville encore
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