Situation des Tibétains et des Ouïgours en Suisse
futur successeur. Le dalaï-lama, ainsi qu’une très grande majorité de Tibétains, rejette une
telle ingérence.
Selon des rapports du Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme (HCDH),
la situation au Tibet serait caractérisée par la répression et la surveillance : la liberté d’expres
sion, de réunion, d’association, de circulation et de culte serait entravée et les monastères
placés sous surveillance. La RPC chercherait par ailleurs à réduire autant que possible les
relations entre les Tibétains de Chine et la diaspora par un contrôle très étroit des échanges,
qu’ils soient physiques ou virtuels7.
Concernant la situation des Ouïgours, celle-ci se pose dans les mêmes termes que celles des
Tibétains. Selon un rapport récent du HCDH, les autorités chinoises mèneraient en outre
contre eux, depuis plusieurs années, une vaste politique d’internement, de travail forcé et de
transferts forcés hors du Xinjiang. Un autre rapport des Nations Unies fait état de centaines
de milliers de cas où des mesures auraient été prises dans cette région à l’encontre des
Ouïgours et d’autres minorités musulmanes8, notamment la détention dans des camps dits de
rééducation9, où les droits de l’homme seraient massivement bafoués.
Toujours selon les rapports de l’ONU, ces privations de liberté systématiques et discrimina
toires favoriseraient les traitements humiliants, cruels et inhumains tels que la torture, la mé
dication forcée et les violences sexuelles ou sexospécifiques. En outre, il y aurait des indices
de violation des droits procréatifs10 et une restriction sévère de la liberté de culte, de la sphère
privée et de la liberté de circulation. À cela s’ajouterait une augmentation des arrestations et
des condamnations à des emprisonnements de longue durée au Xinjiang. La surveillance
électronique serait systématique et s’appliquerait aussi à la communication avec des per
sonnes se trouvant à l’étranger, laquelle serait signalée aux autorités de poursuite pénale11.
2.2
exil
Exode des personnes d’ethnie tibétaine et communautés tibétaines en
Le soulèvement tibétain de 1959 provoqua la fuite de dizaines de milliers de personnes d’eth
nie tibétaine, qui trouvèrent refuge dans les pays voisins. Il s’agissait là du plus vaste mouve
ment de réfugiés qu’ait connu ce groupe de population. Une deuxième vague d’émigration eut
lieu de la fin des années 1970 au début des années 1990, portée notamment par la libérali
sation de la RPC consécutive à la Révolution culturelle et à la mort de Mao Tsé-toung à la fin
des années1970, aux manifestations d’indépendance de mars 1989 et à l’ouverture de la
frontière sino-népalaise. Les premières missions d’enquête du 14e dalaï-lama et les premiers
voyages privés au Tibet datent aussi de cette époque, la fin des années 1970. En mars 2008,
près de 60 ans après le soulèvement de 1959 et quelques semaines avant les Jeux olym
piques de Pékin, des centaines de manifestations ont agité les régions tibétaines de la RPC.
En réaction, les autorités chinoises ont renforcé les contrôles dans la RAT. Il est alors devenu
difficile pour les personnes d’ethnie tibétaine de quitter légalement la RPC. Selon des sources
de la diaspora tibétaine, plusieurs centaines d’entre elles y sont néanmoins parvenues par
des voies illégales. Le nombre des franchissements illégaux de la frontière avec le Népal n’a
cessé de diminuer depuis. De 1990 à 2008, l’itinéraire des départs illégaux des régions tibé
taines de RPC passait par la RAT pour mener au Népal. Après 2008, les émigrants se sont
mis à éviter la RAT, sans doute du fait de l’augmentation des contrôles dans cette zone. Ils
7
Cf. ONU, Comité des droits économiques, sociaux et culturels (2023); ONU, HCDH (2023): 30.
Cf. ONU, HCDH (2022): 43, ch. 146.
9
Cf. Wang (2023).
10
Cf. ONU, HCDH (2022): 32-36.
11
Cf. ONU, HCDH (2022): 31, 41.
8
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