Situation des Tibétains et des Ouïgours en Suisse 5.1.3 Effets de la répression transnationale Des États étrangers recourent à la répression transnationale pour porter atteinte, notamment, au droit fondamental de communiquer en Suisse. Même les cas non graves peuvent res­ treindre considérablement la liberté d’action des personnes concernées à force de se répéter ou en étant associés à d’autres facteurs. La répression transnationale peut aussi influer sur les processus démocratiques et sur l’état de droit en sapant la souveraineté de l’État con­ cerné29. La répression transnationale viole en outre des principes majeurs du droit international tels que le principe de non-ingérence et l’interdiction pour un État d’accomplir des actes qui ne relèvent pas de sa souveraineté. Le fait, pour un État, d’imposer ses intérêts nationaux en dehors de son territoire peut constituer une atteinte au droit international si l’État hôte n’a pas donné son accord. Lorsqu’un État tiers porte atteinte à des droits fondamentaux, influe sur la formation de l’opinion publique et l’élaboration des politiques, sabote des procédures judi­ ciaires ou incite activement à la commission d’une infraction, il y a ingérence dans les com­ pétences clés de l’État visé, et donc atteinte au droit des peuples à disposer d’eux-mêmes. Ces agissements sapent l’ordre international régi par des règles au profit du pouvoir du plus fort30. 5.2 Activités de la RPC en dehors de Chine Selon le rapport 2021 du Conseil fédéral sur la politique de sécurité de la Suisse, la RPC étend continuellement son influence sur le monde, en recourant notamment à des moyens hégémoniques31. Dans le contexte multilatéral, elle s’efforce en outre de modifier les normes internationales et l’ordre mondial dans le sens de ses intérêts32. Le rapport Weber, qui a été commandé dans le cadre de ce postulat33, dresse un tableau général des différentes formes de répression transnationale34. Selon ce rapport, la répression transnationale menée par la RPC recouvre tout l’éventail des tactiques existantes et va de pair avec d’autres activités d’influence qui ciblent des associations culturelles, des diasporas et d’autres réseaux ; elle passe aussi par l’exploitation de systèmes juridiques et politiques et par la cooptation de différents acteurs ; elle utilise par ailleurs des technologies de pointe pour mener des attaques sophistiquées de piratage et d’hameçonnage. Selon certains rapports, la répression transnationale émane directement du PCC et englobe son appareil de sécurité et son appareil militaire. Enfin, les « postes de police35 » établis à l’étranger peuvent constituer un autre instrument de contrôle et de répression employée par la RPC. En plus d’offrir des services consulaires, ces postes permettent d’exercer un contrôle supplémentaire sur les res­ sortissants chinois en dehors du territoire national36. 29 En 2023, le Conseil de l’Europe a déclaré dans sa résolution 2509 que la répression transnationale viole non seulement les droits de l’homme, mais qu’elle constitue aussi une menace pour l’état de droit, la démocratie et la sécurité nationale des États où les personnes visées vivent et ont trouvé refuge. Cf. Conseil de l’Europe, assemblée parlementaire, résolution 2509 (2023). 30 Cf. El-Hitami (2020) ; Michaelsen et Thumfart (2022) ; Weber et al. (2024). 31 FF 2021 2895, 11, 13 32 DFAE (2021) : 12 33 Pour les détails, cf. ch. 5.3.2.1. 34 Cf. Weber et al. (2024) : 13 s. 35 Dos Santos (2022) 36 . Cf. ONU, HCDH (2022) : 139. Dans sa résolution du 9 mars 2022, le Parlement européen souligne le rôle crucial que joue dans le contrôle des diasporas vivant sur le sol de l’Union européenne (UE) le Front uni de la Chine, qu’il décrit comme un département dépendant directement du Comité central du PCC et étant chargé de coordonner la stratégie d’ingérence exté­ rieure de la Chine par un contrôle strict des individus et des entreprises chinois à l’étranger (cf. la résolution du Parlement européen du 9.3.2022, ch. 120). 17/34

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