4.2 Prospérité Multilatéralisme : la Suisse a besoin d’un système commercial, financier et monétaire multilatéral qui soit stable et fiable. Elle se mobilise à cet effet au sein des principales instances (OMC, FMI, Banque mondiale, OCDE, CSF et G20 entre autres). Par ailleurs, elle est à la tête d’un groupe de vote au sein des institutions de Bretton Woods dont font notamment partie la plupart des pays d’Asie centrale. À cet égard, la question de la coopération avec la Chine est particulièrement pertinente. En tant que deuxième économie du monde, la Chine est une composante essentielle du système multilatéral. Il lui incombe de s’acquitter de ses obligations internationales. La Suisse soutient l’intégration de la Chine et des organisations régionales que celle-ci a récemment créées, telle la BAII, dans les organes multilatéraux établis (et leurs normes sousjacentes), qui sont les piliers de ce système. Commerce bilatéral et investissements : en tant qu’économie ouverte, la Suisse mise sur une circulation des biens, des services et des capitaux la plus libre possible, basée sur la non-discrimination et sur des normes convenues au niveau international. Des problèmes tels que la séparation floue entre entreprises étatiques et privées et leur traitement préférentiel injustifié, le transfert de technologie forcé et le caractère discriminatoire du cadre réglementaire, de jure ou de facto, envers les prestataires étrangers amoindrissent l’importance des progrès de la Chine comme la récente ouverture des marchés, les améliorations intervenues dans la recherche et le développement ou encore la mise en œuvre plus stricte des prescriptions environnementales. La Suisse exploite les opportunités qu’offre l’ouverture économique de la Chine. Elle s’engage en faveur de conditions générales améliorées susceptibles de favoriser des investissements et des relations économiques durables avec la Chine, reposant sur le principe de la réciprocité. Cela implique un accès libre et non discriminatoire au marché chinois, la protection des droits de propriété intellectuelle, des données et de l’information ainsi que la garantie des flux transfrontières de données pour les activités économiques. Promotion des activités économiques extérieures : par l’intermédiaire de l’organisation chargée de la promotion des exportations Switzerland Global Enterprise (S-GE), la Suisse apporte un soutien aux entreprises suisses, en particulier aux PME, concernant la recherche de débouchés, le positionnement face à la concurrence et, de manière générale, l’accès au marché chinois. Ce soutien se traduit principalement par la transmission d’informations, des activités de conseil et la participation à des foires. En collaboration avec S-GE, la Suisse gère une antenne proposant une vaste palette de prestations de soutien et disposant de plusieurs sites en Chine. Cette 24 Priorités thématiques antenne assume également un travail de promotion de la place économique suisse et soutient les implantations de sociétés en Suisse. L’Assurance suisse contre les risques à l’exportation (SERV) couvre les risques politiques ainsi que les risques de ducroire liés à l’exportation de biens et de services vers la Chine. La Suisse dispose également d’autres instruments de diplomatie commerciale pour soutenir les entreprises suisses dans leurs activités menées en Chine et avec la Chine, tels que le réseau extérieur, les dialogues bilatéraux et les voyages de délégations impliquant la participation du secteur privé. Formation, recherche et innovation (FRI) : les objectifs et les instruments définis par le Conseil fédéral dans la « Stratégie internationale de la Suisse dans le domaine formation, recherche et innovation » s’appliquent également aux relations avec la Chine. La Confédération crée les conditions générales nécessaires pour que les acteurs FRI puissent intensifier les collaborations établies avec Pékin et en développer de nouvelles. Ce faisant, elle transmet et préserve avant tout les principes fondamentaux de la politique FRI suisse comme l’autonomie des institutions, l’approche ascendante (bottom-up), la promotion de la concurrence, la recherche de l’excellence et l’ouverture. Elle prête une attention particulière aux objectifs stratégiques à plus long terme de la Chine (par ex. l’acquisition de technologie) et à leurs implications possibles pour les institutions partenaires helvétiques, ainsi que pour la Suisse en tant que siège d’infrastructures à la pointe de la recherche. L’engagement de la Suisse en faveur de la protection de la propriété intellectuelle en Chine sert également les intérêts de la place économique et scientifique. Tourisme : la Suisse crée les conditions indispensables au développement durable du tourisme. Les voyages entre la Chine et la Suisse sont un important facteur économique et contribuent à renforcer l’entente entre les peuples. La Suisse et l’initiative des nouvelles routes de la soie (BRI) La Suisse salue l’idée d’améliorer les connexions entre la Chine et l’Europe. Elle se montre cependant circonspecte quant à la BRI, qui présente autant d’opportunités que de risques. Compte tenu du caractère diversifié des relations sino-helvétiques, permettre à des entreprises suisses de participer sans discrimination aux projets de la BRI présente un intérêt d’un point de vue économique. Des acteurs suisses peuvent contribuer au développement des infrastructures durables dans les régions concernées par la BRI. Dans le même temps, la Suisse entend défendre de manière conséquente ses causes concernant le respect des normes internationales (en lien notamment avec l’environnement et les conditions de travail), les droits de l’homme, l’état de droit, le financement durable de projets et la transparence. La collaboration concrète repose sur cette approche à la fois constructive et prudente14. 14 Protocole d’entente concernant la coopération sur les marchés tiers (Memorandum of Understanding on Developing Third-Party Market Cooperation ; en anglais uniquement), destiné à réguler la coopération dans le cadre de la BRI.

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