120
100
Milliards de CHF
80
60
40
20
0
2015
Japon
2016
Chine
2017
Royaume-Uni
2018
2019
États-Unis
Durant la pandémie de la COVID-19 au printemps 2020, la
Suisse officielle et ses représentations en Chine ont soutenu
l’acquisition de produits médicaux dans ce pays. Malgré des
difficultés diverses, l’existence d’un réseau de contacts bien
établi a permis une communication (et, le cas échéant, une
coordination) simple et intensive via des entreprises, des associations faîtières et les représentations sur place.
Les entreprises suisses restent confrontées à de nombreux
défis sur le marché chinois : le manque de sécurité juridique,
le protectionnisme local et l’imbrication étroite entre État et
économie sont régulièrement évoqués. Par ailleurs, l’industrie
locale est de plus en plus concurrentielle sur le plan international. Certaines mesures découlant du conflit commercial et
technologique entre la Chine et les États-Unis touchent aussi
indirectement les entreprises suisses. C’est par exemple le cas
du prélèvement de droits de douane supplémentaires dans le
commerce de marchandises et du renforcement des contrôles
à l’exportation, dont certains ont des effets extraterritoriaux.
Cela étant, l’application de mesures drastiques en matière de
régulation, en particulier dans le domaine des flux transfrontières de données, compliquait déjà l’activité des entreprises
étrangères. En outre, les livraisons de petits colis provenant
de Chine, commandés sur des plateformes de commerce en
ligne américaines ou chinoises, constituent un défi pour les
autorités fiscales et douanières en Suisse.
Travail et emploi : depuis qu’elles ont conclu un accord bilatéral dans le cadre de leur accord de libre-échange, la Suisse
et la Chine entretiennent un dialogue approfondi dans ce
domaine. L’accord renforce les obligations des deux pays en
tant que membres de l’Organisation internationale du travail
(OIT), et leurs partenaires sociaux participent activement à
sa mise en œuvre. Les dialogues menés jusqu’ici ont principalement porté sur le partenariat social, le service public de
l’emploi ainsi que la santé et la sécurité sur le lieu de travail.
Figure 14 : Volume des échanges commerciaux de
la Suisse avec le Japon, la Chine, le Royaume-Uni,
les États-Unis et l’Allemagne jusqu’en 2019
(source : AFD).
Allemagne
Questions financières et fiscales : dans ce domaine, la
coopération des autorités s’est approfondie depuis le lancement du dialogue financier bilatéral organisé chaque année
et la révision de la convention contre les doubles impositions
en 2013. En septembre 2019, l’échange automatique de
renseignements relatifs aux comptes financiers a été introduit. Pour le secteur financier suisse, la Chine représente un
marché stratégique en pleine expansion. Si Hong Kong reste
le principal site, l’ouverture progressive du marché financier
chinois permet en outre de renforcer la présence des acteurs
suisses en Chine continentale. Ainsi, les établissements financiers suisses contribuent eux aussi au développement du
marché financier chinois. La libéralisation a par ailleurs créé de
nouvelles opportunités de coopération bilatérale, par exemple
dans les domaines du marché des capitaux, de l’infrastructure
financière, du marché des assurances et de la finance durable.
Malgré ces développements positifs observés au cours des
dernières années, l’accès limité au marché, les contrôles des
capitaux et les obstacles liés au développement de nouveaux
secteurs d’activité et à l’établissement de nouvelles filiales
restent autant de défis pour l’industrie financière suisse. Les
banques chinoises sont également présentes en Suisse depuis
la mise sur pied de la plateforme du renminbi en 201613.
Investissements : les investissements directs de la Chine
en Suisse n’ont cessé d’augmenter depuis 2016, mais restent
comparativement modestes (figure 16). La reprise en 2016 de
l’entreprise d’agrochimie Syngenta, sise à Bâle, par l’entreprise étatique chinoise ChemChina, a marqué le point culminant de cette tendance. En 2019, les investissements directs
chinois en Suisse (selon le critère de l’investisseur ultime) se
montaient à 14,9 milliards de francs, soit 1,1 % du total des
investissements directs étrangers en Suisse. Fin 2019, les
13 Depuis 2016, la monnaie chinoise (le renminbi) peut être négociée en Suisse.
La Suisse et la Chine
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