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17/06/2026
Ontwikkelingssamenwerking)
over
"De
Verklaring van Chisinau over het systeem van
het Europees Verdrag voor de Rechten van de
Mens" (56016308C)
- Christophe Lacroix aan Maxime Prévot (VEM
Buitenlandse Zaken, Europese Zaken en
Ontwikkelingssamenwerking)
over
"De
Verklaring van Chisinau" (56016363C)
14.01 Christophe Lacroix (PS): Monsieur le
ministre, le 15 mai 2026, les ministres des Affaires
étrangères des 46 États membres du Conseil de
l'Europe ont adopté la Déclaration de Chișinau
relative au système de la Convention européenne
des droits de l'homme (CEDH) dans le contexte
des migrations. Bien que non juridiquement
contraignante, cette déclaration pourrait influencer
tant la jurisprudence de la Cour européenne des
droits de l'homme que l'application nationale de la
Convention.
Si le texte réaffirme l'attachement des États au
système de la CEDH et à l'indépendance de la
Cour, il ouvre néanmoins la voie à de "nouvelles
approches" en matière migratoire, telles que la
création de centres de rétention externalisés.
Plusieurs observateurs, dont le groupe AGORA
rassemblant plus de de 900 universitaires
européens, s'inquiètent d'un processus susceptible
d'aboutir à un affaiblissement ciblé des protections
pour certaines catégories de personnes, remettant
en cause le principe d'universalité des droits
fondamentaux.
Par ailleurs, certaines initiatives récentes ont
suggéré que la Cour ferait obstacle à un contrôle
efficace des frontières, une affirmation contestée
par de nombreux experts, qui soulignent au
contraire la marge d'appréciation reconnue aux
États. J'avais d'ailleurs pris connaissance, avec
plaisir, du débat dans les médias entre Françoise
Tulkens et le juriste Bossuyt. Il est intéressant
d'observer les positions des uns et des autres
exprimées avec respect mais reposant sur des
visions totalement divergentes.
Au regard de ces éléments, et pour me permettre
aussi de me positionner la semaine prochaine,
puisque je représenterai avec d'autres la
délégation belge auprès de l'Assemblée
parlementaire du Conseil de l'Europe, où
notamment sera abordé ce sujet, j'aimerais
connaître la position de la Belgique sur la
Déclaration de Chișinau et ses implications
potentielles pour la protection des droits
fondamentaux en Europe.
Le gouvernement partage-t-il les préoccupations
KAMER-3E ZITTING VAN DE 56E ZITTINGSPERIODE
2025
CRIV 56 COM 394
relatives à un risque d'érosion progressive du
principe d'universalité des droits, notamment
concernant l'application de l'article 3 de la CEDH?
Envisage-t-il de soutenir ou de recourir aux
mécanismes existants, tels que les avis
consultatifs de la Cour, plutôt que de promouvoir
des interprétations différenciées de la convention?
Enfin, quelle sera la position de la Belgique
concernant l'éventuel développement de dispositifs
d'externalisation comme les return hubs?
14.02 Maxime Prévot, ministre: Monsieur le
député, je vous remercie pour vos questions. Pour
éviter toute maldonne, au vu de certaines analyses
parues dans la presse qui prêtent aux déclarations
des intentions allant au-delà de ce qu’elles
expriment réellement, je tiens à rappeler que la
Déclaration de Chișinau a été approuvée à
l’unanimité par les 46 pays membres du Conseil de
l’Europe, de l’Espagne au Royaume-Uni, en
passant par les pays de l'Est. Nous connaissons la
sensibilité variable entre ces pays.
Cette unanimité témoigne du large consensus qui
existe autour du contenu et des objectifs de cette
déclaration, c'est que ce texte a été jugé équilibré
et un compromis pertinent. Ce débat n’est d’ailleurs
pas nouveau. Il a été engagé l’an dernier,
notamment à la suite du courrier que notre premier
ministre avait souhaité adresser, avec d’autres
dirigeants européens, au secrétaire général du
Conseil de l’Europe.
Je tiens d’ailleurs à saluer M. Alain Berset, qui a eu
l’intelligence de ne pas éluder la question. Au
contraire, il a considéré qu’il fallait s’en saisir
pleinement, notamment pour dépasser certaines
caricatures, déconstruire les idées reçues et
examiner de manière sereine les pistes permettant
d’avancer sur un sujet qui demeure parfaitement
légitime, la question migratoire étant une politique
publique dont chacun des États a évidemment non
seulement le droit, mais également le devoir de se
saisir
pour
déterminer
des
règles
de
fonctionnement.
Cette Déclaration de Chișinau s'inscrit donc dans
le processus ayant été engagé l'an dernier, et dont
le secrétaire général du Conseil de l’Europe a eu le
mérite de réinscrire pleinement dans le cadre
institutionnel de l'organisation – c'est-à-dire là où le
débat doit se tenir, et pas en-dehors de celle-ci.
La Belgique a activement contribué aux travaux
préparatoires de cette déclaration. Elle repose en
effet sur les travaux du Comité directeur pour les
droits humains (CDDH), composé d'experts des
2026
CHAMBRE-3E SESSION DE LA 56E LÉGISLATURE