30 17/06/2026 Depuis le printemps dernier, les trois pays de l'AES, le Burkina, le Mali et le Niger, ont suspendu des centaines d'associations de la société civile et de partis politiques. Les pays côtiers dont le Bénin et le Sénégal ont adopté des législations restrictives pour l'espace civique. Comment la Belgique entend-elle contribuer à la sauvegarde de l'espace civique et des droits et libertés individuelles dans ses pays partenaires d'Afrique de l'Ouest? Comment la Belgique qui souhaite demeurer engagée au Sahel évitera-t-elle de compromettre l'efficacité des programmes de Coopération en les axant sur les intérêts belges à court terme plutôt que sur les besoins locaux réels; et la Belgique entend-elle y poursuivre sa coopération dans les domaines cruciaux et vecteurs de stabilité que sont l'éducation, la sécurité alimentaire, l'appui à la jeunesse et le travail décent? 06.02 Maxime Prévot, ministre: Madame la présidente, madame la députée, mon administration a entrepris en début d'année une réévaluation de notre stratégie au Sahel, dans un contexte local marqué par des mutations politiques, un recul de l'espace civique et des défis sécuritaires et humanitaires que nous savons majeurs. De larges consultations ont été menées, notamment avec Enabel, les administrations concernées, le monde académique et la société civile. Ces échanges ont alimenté notre réflexion stratégique; et je tiens sincèrement à remercier l'ensemble des acteurs. Je suis conscient que la crédibilité de notre stratégie ne peut se limiter à des consultations en Belgique. Elle repose sur l'intégration des priorités de nos partenaires locaux et régionaux, ce qui continuera de guider sa finalisation. S'agissant de la dégradation de l'espace civique en Afrique de l'Ouest et au Sahel, la Belgique partage pleinement vos préoccupations, madame la députée. Ces restrictions constituent un défi majeur, non seulement en matière de droits humains, mais aussi pour l'efficacité même de toute politique de développement. Face à cette situation, nous souhaitons rester engagés tout en adoptant nos modalités. Concrètement, cela se traduit par, premièrement, un dialogue politique qui a l'ambition de discuter de l'ensemble des sujets, y compris les droits humains; deuxièmement, un soutien aux institutions indépendantes lorsqu'elles existent et peuvent agir; et troisièmement, le maintien de notre KAMER-3E ZITTING VAN DE 56E ZITTINGSPERIODE 2025 CRIV 56 COM 394 appui aux organisations de la société civile, y compris à travers des modalités flexibles, indirectes ou régionales, permettant de continuer à soutenir les acteurs locaux, même dans des environnements contraints. Je viens d'ailleurs d'approuver des cadres stratégiques communs dans six pays de la région, ouvrant la voie à une action coordonnée et renforcée de nombreuses ONG belges au plus près du terrain. Vous m'interrogez sur le risque d'une approche trop centrée sur les intérêts belges à court terme. Je veux ici être très clair. Si nous souhaitons évoluer vers des partenariats réciproques, où les intérêts de chacun sont pris en compte, cela ne signifie en aucun cas un abandon des principes fondamentaux de la coopération en développement. Dépasser une logique donateurbénéficiaire implique justement de reconnaître pleinement l'expertise et les attentes de nos partenaires, et non de substituer leurs priorités par les nôtres. Mais si on parle à chaque fois de partenariats mutuellement bénéfiques, il est logique de veiller à ce qu'ils soient bénéfiques dans les deux sens. Enfin, l'engagement de la Belgique au Sahel s'inscrit dans une perspective de long terme. Malgré les incertitudes, nous restons convaincus que soutenir les acteurs structurels de stabilité est essentiel. C'est pourquoi nous poursuivrons notre coopération dans des domaines clés comme la sécurité alimentaire, l'éducation, l'emploi des jeunes, la santé et la résilience climatique. J'ai d'ailleurs prévu de me rendre au Sahel dans les prochains mois. Ce sont autant de leviers essentiels pour répondre aux besoins des populations et renforcer durablement la stabilité, mais aussi la sécurité de la région. Je vous remercie. 06.03 Lydia Mutyebele Ngoi (PS): Merci pour votre réponse, monsieur le ministre. Les attaques au Mali sont la preuve qu'une politique qui ne s'intéresse qu'aux questions sécuritaires ne fera qu'ignorer les racines du problème et, surtout, ne fera qu'ignorer les problèmes que subit la population dans la région. En nous désintéressant de la question du développement et en réduisant notre présence diplomatique sur place, nous prenons le risque d'alimenter ce que vous annoncez vouloir combattre. La stabilité de la région, comme vous l'avez dit, ne passe que par le développement, 2026 CHAMBRE-3E SESSION DE LA 56E LÉGISLATURE

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