SÉNAT
7 JANVIER 2021
2. Réponses des ministres
aux questions écrites
lieux de culte, sont le lot quotidien des Palestiniens privés des droits les plus élémentaires. Ces pratiques, en
violation totale du droit international, connaissent une recrudescence inquiétante symbolisée notamment par la loi
du 8 mars 2018 prétendant bannir de Jérusalem les Palestiniens pour « défaut d’allégeance » et « rupture du devoir
de loyauté ». C’est ce qui menace un avocat des droits humains franco-palestinien, emprisonné arbitrairement à
plusieurs reprises et séparé de sa femme et de sa fille, elles-mêmes interdites de territoire par la puissance
occupante. La France a, à maintes reprises, réaffirmé que seule la coexistence pacifique de deux États, dans des
frontières reconnues sur les lignes du 4 juin 1967 et ayant l’un et l’autre Jérusalem comme capitale, était à même
de mettre fin au conflit et d’assurer une paix durable. En conséquence, elle lui demande quelles mesures la France
compte prendre pour mettre fin aux violations du droit international et des droits humains par Israël à Jérusalem
comme dans les territoires occupés.
Réponse. − La position de la France est claire et constante : seul l’établissement de deux États, vivant côte à côte en
paix et en sécurité, dans des frontières reconnues fondées sur les lignes du 4 juin 1967, et ayant l’un et l’autre
Jérusalem comme capitale, permettra le règlement juste et durable du conflit israélo-palestinien. À cet égard, la
France considère que la question du statut de Jérusalem devra être réglée dans le cadre des négociations de paix
entre Israéliens et Palestiniens. En outre, l’implantation de colonies israéliennes en Cisjordanie et à Jérusalem-Est
est illégale en droit international. Elle menace par ailleurs la viabilité de la solution des deux États et constitue un
obstacle à une paix juste et durable. Dans ce cadre, la France se mobilise afin de préserver la présence palestinienne
à Jérusalem-Est et contre la politique de colonisation. D’une part, la France déploie, à travers notamment l’Agence
française de développement, plusieurs programmes visant à maintenir la présence palestinienne et accroître sa
résilience à Jérusalem-Est. D’autre part, la France condamne avec la plus grande fermeté la politique de
colonisation, à Jérusalem-Est et en zone C, et met en œuvre, aux côtés de l’Union européenne, le principe de
différenciation entre le territoire de l’État d’Israël et les territoires palestiniens occupés depuis 1967. Concernant la
situation de notre compatriote M. Salah Hamouri, les autorités françaises demeurent pleinement mobilisées afin
que M. Hamouri puisse mener une vie normale à Jérusalem, où il est né et où il réside, et que son épouse et son fils
obtiennent le droit de s’y rendre pour le retrouver. Le ministère de l’Europe et des affaires étrangères, à travers le
consulat général de France à Jérusalem et l’ambassade de France à Tel Aviv, a engagé des démarches pour obtenir
des explications sur la possible révocation du titre de séjour de M. Hamouri à Jérusalem. Les autorités françaises
maintiennent également un contact étroit avec M. Hamouri et son entourage. La France s’attache à défendre
activement les paramètres définis par la communauté internationale et est déterminée à œuvrer pour une paix au
Proche-Orient juste et respectueuse du droit international, comme l’a rappelé récemment le Président de la
République au Président Abbas, ainsi que lors de l’Assemblée générale des Nations unies. Elle le fait en
coordination avec ses partenaires européens et arabes. Lors de la réunion qui s’est tenue à Amman le 24 septembre
dernier, le ministre de l’Europe et des affaires étrangères et ses homologues allemand, jordanien et égyptien ont
ainsi marqué une détermination commune en faveur d’une reprise progressive du dialogue entre les parties. Cette
logique doit prendre le pas sur celle des actes unilatéraux, pour recréer le niveau de confiance nécessaire à la reprise
de négociations crédibles.
Missions du poste consulaire d’Édimbourg
19451. − 10 décembre 2020. − Mme Évelyne Renaud-Garabedian attire l’attention de M. le ministre de
l’Europe et des affaires étrangères sur les missions attribuées au poste consulaire d’Édimbourg. Depuis 2016,
certaines compétences - comme l’inscription au registre des Français établis hors de France, les demandes de pièces
d’identité, les formalités d’état civil, les démarches liées à la nationalité ou à la délivrance de visa - relèvent du
consulat général de France à Londres. Des tournées consulaires sont certes organisées afin de permettre aux
Français vivant dans le nord du Royaume-Uni de déposer leur demande de documents administratifs. Le nombre
de rendez-vous étant limité, le consulat ouvre cette possibilité en priorité aux personnes rencontrant de réelles
difficultés à se déplacer (familles nombreuses, problèmes de santé, résidence dans l’un des quatre archipels de
l’Écosse). Ainsi, nombre de Français d’Écosse - faute d’avoir pu s’inscrire sur les créneaux d’une tournée consulaire
- doivent se déplacer à Londres pour réaliser leurs démarches administratives, ce qui, du fait des restrictions de
circulation liées à l’épidémie de Covid, est rendu difficile. De plus, les services du consulat général à Londres notamment celui établissant les visas - sont de plus en plus engorgés par les demandes à la suite du Brexit et les
démarches sont considérablement ralenties. Dans ces conditions, elle lui demande si un retour de certaines
missions au sein du consulat général de France à Édimbourg est envisagé ou à défaut une augmentation de la
fréquence des tournées consulaires. Elle lui demande également si les équipes du consulat général de Londres sont
appelées à être renforcées pour faire face à l’afflux croissant de demandes.
63