SÉNAT
7 JANVIER 2021
Politique de dépistage à l’arrivée sur le territoire national de nos compatriotes établis hors de France
2. Réponses des ministres
aux questions écrites
19010. − 19 novembre 2020. − M. Damien Regnard appelle l’attention de M. le ministre des solidarités et de
la santé sur la politique de dépistage à l’arrivée sur le territoire national de nos compatriotes établis hors de France.
Le décret no 2020-1358 du 6 novembre 2020 oblige nos ressortissants de 18 pays à obtenir un test PCR de
dépistage Covid-19 avant l’embarquement, sous peine de voir la compagnie aérienne refuser l’embarquement. Ce
décret prolonge les dispositions du décret no 2020-911 du 27 juillet 2020 qui ont été partiellement remises en
cause par une ordonnance du Conseil d’État en date du 18 août 2020. Cette situation est fortement pénalisante
pour nombre de nos compatriotes qui doivent se soumettre à cette procédure de prise de tests onéreuse,
contraignante, stigmatisante et parfois techniquement impossible à réaliser dans les délais prescrits par le décret
suscité, alors que le Président de la République avait rappelé de façon explicite et indéniable, le 28 octobre 2020, le
droit fondamental à tout ressortissant français de retourner sur le territoire national sans entrave. Il souhaite donc
connaître les mesures et les moyens logistiques et financiers que souhaite déployer le Gouvernement pour garantir
ce droit à nos compatriotes établis hors de France. − Question transmise à M. le ministre de l’Europe et des
affaires étrangères.
Réponse. − Le décret no 2020-860 du 10 juillet 2020 est intervenu dans un contexte de déconfinement en France et
afin de prévenir l’arrivée aux aéroports français de passagers positifs à la Covid-19 et autorisés à entrer sur le
territoire français malgré la fermeture des frontières. S’agissant d’un risque sanitaire sérieux pour notre pays, il a été
décidé de prévoir des tests pour les voyageurs venant de pays où le virus circulait activement et au départ desquels
les flux de voyageurs vers la France étaient importants. Fin octobre, ce contexte avait évolué. D’une part, la France
était confrontée à une deuxième vague de la pandémie qui a rendu nécessaire un second confinement. D’autre
part, un effort considérable avait été entrepris pour accroître le nombre de tests réalisés en France. Dans ce
nouveau contexte, il n’était pas possible sur le plan sanitaire qu’un nombre important de voyageurs venant de pays
hors d’Europe puisse entrer sur le territoire français sans avoir subi de test. Les frontières extérieures de l’Union
européenne sont ainsi restées fermées et la généralisation des tests pour les passagers autorisés à entrer en France a
été mise en place. Le décret no 2020-1358 du 6 novembre 2020, modifiant les décrets no 2020-1262 du
16 octobre 2020 et no 2020-1310 du 29 octobre 2020 prescrivant les mesures générales nécessaires pour faire face à
l’épidémie de la Covid-19 dans le cadre de l’état d’urgence sanitaire, en a tiré les conséquences et a révisé le
dispositif de tests de dépistage mis en place pour les déplacements internationaux à destination du territoire
métropolitain. L’approche retenue est différenciée et évolutive et tient compte à la fois de la situation sanitaire des
pays d’origine des voyageurs comme des capacités locales à réaliser des tests. Il ressort ainsi des dispositions du
décret trois cas de figure distincts : le test est recommandé sans obligation pour tout voyageur en provenance d’un
État membre de l’Union européenne, d’un des 9 autres pays de l’espace européen (Andorre, Islande, Liechtenstein,
Monaco, Norvège, Royaume-Uni, Saint-Marin, Saint-Siège et Suisse) et d’un des 7 pays tiers où le virus circule
faiblement (Australie, Corée du Sud, Japon, Nouvelle-Zélande, Rwanda, Singapour et Thaïlande) ; le test est exigé
72h avant le départ pour la France dans 18 pays (Bahreïn, Émirats arabes unis, États-Unis, Panama, Afrique du
Sud, Algérie, Chine, Équateur, Irak, Iran, Israël, Liban, Maroc, République démocratique du Congo, Turquie,
Russie, Ukraine, Zimbabwe). En cas d’impossibilité avérée de réaliser ces tests localement, et après une étude au
cas par cas, des dérogations peuvent être accordées par les représentations diplomatiques et consulaires françaises.
Ce dispositif a bien fonctionné, notamment aux Etats-Unis. Il a permis de réduire au minimum le nombre de
refus d’embarquement pour la France. Les premiers retours, depuis le 11 novembre, montrent que l’obligation de
réaliser un test avant le départ pour la France, dans ces 18 pays, ne soulève pas de difficultés importantes ; le test
est recommandé 72h avant le départ pour la France dans l’ensemble des autres pays, visés à l’annexe 2 ter du
décret. Les voyageurs qui ne peuvent présenter un résultat négatif sont dirigées, à leur arrivée, vers un poste de
contrôle sanitaire permettant la réalisation du test. Ces dispositions s’appliquent à tout voyageur âgé de 11 ans ou
plus, arrivant sur le territoire métropolitain par transport maritime ou aérien, à l’exclusion du transport terrestre.
Les tests sont généralisés pour les voyageurs se rendant dans les collectivités d’outre-mer, qu’ils viennent de
métropole ou de l’étranger. Des modalités particulières régissent les déplacements entre certaines collectivités
d’outre-mer. La mise en quarantaine ou le placement à l’isolement par le préfet de personnes arrivant de l’étranger
sont utilisés en pratique dans deux cas : les personnes présentant des symptômes de la Covid-19 et les personnes
arrivant en provenance des pays visés à l’annexe 2 ter qui refuseraient de subir un test. Ces mesures, alors que nous
sommes rarement obligés de les utiliser, sont indispensables pour la protection sanitaire de notre pays. L’ensemble
de ces dispositions, adaptables en fonction des situations rencontrées, permet l’arrivée des voyageurs sur le
territoire national tout en contribuant à maîtriser la circulation de la Covid-19.
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