SÉNAT
7 JANVIER 2021
2. Réponses des ministres
aux questions écrites
France, 11 % des plus de 15 ans ont de grosses difficultés de lecture et d’écriture et sont incapables de lire un texte
simple de plus de cinq lignes et d’en tirer une information ou une action. C’est inacceptable pour la santé
culturelle et économique de notre pays mais aussi sur le plan des valeurs. Laisser quelqu’un sur le bord du chemin
de la lecture, incapable de raisonner, c’est le rendre vulnérable à des discours extrémistes ». Aussi, il demande si des
mesures conséquentes sont envisagées pour pallier cette situation inacceptable au regard de notre pacte
républicain.
Réponse. − Le Gouvernement est pleinement investi dans la lutte contre l’illettrisme et la maîtrise par tous des
compétences de base, pour l’insertion sociale, culturelle et professionnelle de tous les citoyens. Être en situation
d’illettrisme, c’est avoir désappris à lire, à écrire, à compter, au fil de la vie, à cause d’acquis et de savoirs trop
fragiles. C’est pourquoi le ministère de l’éducation nationale, de la jeunesse et des sports (MENJS) mène avant
tout une action volontariste de prévention de l’illettrisme, qui consiste à mettre l’accent durant toute la scolarité
sur l’acquisition des savoirs fondamentaux (lire, écrire, compter, respecter autrui) et à permettre à tous d’atteindre
une aisance en lecture et en écriture suffisante pour conserver durablement la maîtrise et le goût de la langue, ne
pas désapprendre au cours de sa vie et ne pas se retrouver en situation d’illettrisme. Le MENJS met donc en œuvre
un ensemble de mesures ambitieuses, ciblées sur ceux qui en ont le plus besoin, afin d’agir le plus précocement
possible et de favoriser des apprentissages durables et solides, particulièrement : l’abaissement de l’âge de
l’instruction obligatoire à 3 ans pour combattre les déterminismes sociaux, en développant très tôt, par un travail
quotidien, le vocabulaire des enfants, en leur faisant découvrir la phonologie et le principe alphabétique, en
développant leur écoute et leur compréhension de textes lus par l’adulte, en les familiarisant avec les livres ; le
dédoublement des classes de CP et CE1 en zone d’éducation prioritaire pour mieux accompagner les élèves au
moment crucial de l’entrée dans la lecture et l’écriture ; un renouvellement et un enrichissement des pratiques
pédagogiques dans les classes élémentaires pour plus d’efficacité dans les apprentissages en formant et
accompagnant les professeurs grâce à un ensemble d’outils et de ressources pédagogiques ciblés sur les savoirs
fondamentaux ; des évaluations en CP, CE1 et 6ème, des tests de positionnement (français et mathématiques) en
classes de seconde et de CAP, afin de repérer les difficultés de certains élèves et de mettre en place des solutions de
remédiation adaptées à chacun ; des ressources spécifiques d’aide à la remédiation pour les élèves repérés en
difficulté, mises à la disposition des professeurs, et des dispositifs de soutien aux élèves, comme les stages de
réussite, « Devoirs faits », l’accompagnement personnalisé… ; des actions autour du livre et la lecture afin de faire
naître et croître le goût de la lecture, de former des lecteurs compétents et actifs aimant la lecture sous toutes ses
formes : plan d’investissement pluriannuel dans les bibliothèques d’école ; distribution en fin d’année scolaire à
tous les élèves de CM2 d’un recueil de fables de La Fontaine illustrés par un dessinateur renommé pour encourager
la lecture sur le temps de loisir (« Un livre pour les vacances ») ; instauration d’un temps de lecture personnelle
quotidien à l’école, appelé « quart d’heure lecture » ; promotion de la lecture à voix haute, avec particulièrement
un grand concours national, « Si on lisait à voix haute », organisé en partenariat avec France télévisions et
l’émission « La grande librairie »… Ces différentes mesures, en faveur d’une amélioration des conditions
d’apprentissage, de la qualité des enseignements dispensés, de la détection des élèves en difficulté et de la
remédiation qui leur est proposée, et de la place du livre et de la lecture à l’École permettront à chaque élève
d’acquérir durablement la maîtrise de la lecture, de l’écriture et des compétences de base. Quant aux élèves repérés
en grande difficulté avec l’écrit lors de la Journée défense et citoyenneté, leurs noms sont transmis par les centres
du service national aux directions des services départementaux de l’éducation nationale, qui doivent mettre en
place pour ces jeunes des actions de remédiation dans les établissements publics locaux d’enseignement ou au
niveau d’un district voire d’un bassin de formation. Les missions de lutte contre le décrochage scolaire (MLDS) et
les réseaux Formation Qualification Emploi (FOQUALE), qui se déploient sur l’ensemble du territoire et
regroupent les établissements et dispositifs relevant de l’éducation nationale, dont les structures de retour à l’école
de type micro-lycée, peuvent être mobilisés. Enfin, pour ce qui concerne l’accès des adultes illettrés aux
compétences de base, le MENJS est engagé, au côté des autres ministères concernés, des collectivités territoriales,
des acteurs du monde de l’emploi, de la formation et l’orientation professionnelles, des entreprises et des
opérateurs de compétences, dans le renforcement de l’action de l’Agence nationale de lutte contre l’illettrisme
(ANLCI). L’existence de l’ANLCI vient d’être pérennisée par une nouvelle convention constitutive sans limitation
de durée. Une enquête nationale va permettre de dresser bientôt un état des lieux précis, territoire par territoire, de
l’illettrisme et des profils des personnes concernées (les dernières données nationales disponibles datent de 2011),
pour mieux répondre aux besoins ; et surtout, le réseau des chargés de mission régionaux « illettrisme » va être
complété et renforcé, afin d’assurer de manière équitable et adaptée la nécessaire coordination des actions dans les
régions. L’ANLCI assurera quant à elle la coordination nationale de ce réseau. L’ANLCI va pouvoir ainsi, mieux et
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