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premières critiques est devenue un enjeu majeur
de souveraineté européenne. Nous l'avons encore
évoqué récemment en séance plénière. Le Critical
Raw Materials Act, en vigueur depuis mai 2024,
avait pour ambition de réduire notre dépendance
aux fournisseurs uniques et de renforcer nos
capacités d'extraction, de transformation, de
recyclage et de diversification, avec des objectifs
précis à l'horizon 2030. Deux ans après son entrée
en vigueur, force est de constater que sa mise en
œuvre reste poussive: manque de financement, les
délais d'autorisation dépassant souvent les
27 mois réglementaires, sans compter les taux de
recyclage qui sont dérisoires.
Dans le même temps, les restrictions chinoises sur
certaines terres rares ont rappelé la vulnérabilité de
nos chaînes industrielles, notamment pour
l'automobile, la défense, les batteries ou encore les
technologies vertes. Le G7 a de son côté adopté,
le 17 juin dernier, une déclaration des dirigeants
sur
la
sécurisation
des
chaînes
d'approvisionnement en minéraux critiques.
Quelle est l'analyse de la Belgique sur la
dépendance européenne persistante à la Chine
pour l'approvisionnement en matières premières
critiques? Notre pays soutient-il la mise en place
d'une stratégie européenne plus offensive, incluant
des partenariats avec des pays fiables, des stocks
stratégiques et une diversification obligatoire des
chaînes d'approvisionnement?
Comment l'Union européenne compte-t-elle
décliner concrètement la déclaration du G7 sur la
sécurisation des chaînes d'approvisionnement?
Enfin, comment notre diplomatie économique peutelle contribuer à sécuriser ces approvisionnements
essentiels pour nos entreprises, notre industrie et
notre autonomie stratégique? Je vous remercie.
24.02 Maxime Prévot, ministre: Monsieur De
Maegd, il n'y a pas le moindre doute sur la position
dominante de la Chine et sur la dépendance
européenne et belge vis-à-vis d'elle. Ainsi, pour 17
des 34 matières premières critiques identifiées par
l'Union européenne, la Chine contrôle au moins
70 % de la capacité globale de production ou de
raffinage. Pour certaines, comme les terres rares
lourdes, le gallium ou encore le germanium – tous
primordiaux pour l'industrie belge –, la Chine
contrôle jusqu'à quasiment 100 %.
Il ne peut y avoir de doute non plus sur la volonté
de la Chine d'user et d'abuser de sa position
dominante dans ses chaînes de valeur à des fins
économiques et politiques. Elle l'a démontré par le
passé. Notre pays, disposant de secteurs
KAMER-3E ZITTING VAN DE 56E ZITTINGSPERIODE
2025
CRIV 56 COM 429
métallurgiques et chimiques essentiels, se trouve
dans une situation de vulnérabilité certaine. En
même temps, ces secteurs font que notre pays fera
aussi partie de la solution.
Nous travaillons au niveau fédéral, aussi bien
qu'européen et régional, à une compréhension
précise de ces dépendances afin de développer
des mesures et des politiques ciblées visant à
renforcer la résilience de nos chaînes
d'approvisionnement
et
notre
autonomie
stratégique.
La Belgique soutient pleinement les initiatives
européennes visant à renforcer la résilience des
chaînes
d'approvisionnement
en
matières
premières critiques, en particulier, vous l'avez
évoqué, le Critical Raw Materials Act (CRMA) et le
plan d'action Resources EU.
L'approche européenne repose sur trois piliers
complémentaires.
Premièrement,
l'Union
européenne entend renforcer ses capacités
propres d'extraction, de transformation et de
recyclage. Deuxièmement, elle poursuit une
diversification
accrue
des
sources
d'approvisionnement.
Troisièmement,
elle
développe des partenariats stratégiques avec des
pays fiables, renforce le monitoring des risques
d'approvisionnement et travaille à la constitution de
stocks stratégiques.
Dans ce contexte, la Belgique est associée, avec
plusieurs autres États membres et la Commission
européenne, à un projet pilote visant à explorer les
modalités de constitution de stocks stratégiques
pour certaines matières premières critiques.
Nos efforts ne se limitent toutefois pas au niveau
européen. Ainsi, dans le cadre de la diplomatie
économique que je souhaite renforcer, et en
coopérant étroitement avec les secteurs industriels
concernés et les collègues fédéraux et régionaux,
notre réseau diplomatique est mobilisé afin
d'atténuer autant que possible les conséquences
des restrictions à l'exportation qui sont imposées.
Grâce au dialogue avec les autorités concernées,
nous défendons les intérêts de nos entreprises et
contribuons à garantir un accès plus stable et plus
prévisible aux matières premières essentielles.
Notre stratégie consiste à contribuer à diversifier et
à renforcer nos chaînes d'approvisionnement en
développant des partenariats avec des pays riches
en ressources naturelles.
En outre, un envoyé spécial pour la sécurité
d’approvisionnement énergétique et les matières
2026
CHAMBRE-3E SESSION DE LA 56E LÉGISLATURE
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