70 15/07/2026 premières critiques est devenue un enjeu majeur de souveraineté européenne. Nous l'avons encore évoqué récemment en séance plénière. Le Critical Raw Materials Act, en vigueur depuis mai 2024, avait pour ambition de réduire notre dépendance aux fournisseurs uniques et de renforcer nos capacités d'extraction, de transformation, de recyclage et de diversification, avec des objectifs précis à l'horizon 2030. Deux ans après son entrée en vigueur, force est de constater que sa mise en œuvre reste poussive: manque de financement, les délais d'autorisation dépassant souvent les 27 mois réglementaires, sans compter les taux de recyclage qui sont dérisoires. Dans le même temps, les restrictions chinoises sur certaines terres rares ont rappelé la vulnérabilité de nos chaînes industrielles, notamment pour l'automobile, la défense, les batteries ou encore les technologies vertes. Le G7 a de son côté adopté, le 17 juin dernier, une déclaration des dirigeants sur la sécurisation des chaînes d'approvisionnement en minéraux critiques. Quelle est l'analyse de la Belgique sur la dépendance européenne persistante à la Chine pour l'approvisionnement en matières premières critiques? Notre pays soutient-il la mise en place d'une stratégie européenne plus offensive, incluant des partenariats avec des pays fiables, des stocks stratégiques et une diversification obligatoire des chaînes d'approvisionnement? Comment l'Union européenne compte-t-elle décliner concrètement la déclaration du G7 sur la sécurisation des chaînes d'approvisionnement? Enfin, comment notre diplomatie économique peutelle contribuer à sécuriser ces approvisionnements essentiels pour nos entreprises, notre industrie et notre autonomie stratégique? Je vous remercie. 24.02 Maxime Prévot, ministre: Monsieur De Maegd, il n'y a pas le moindre doute sur la position dominante de la Chine et sur la dépendance européenne et belge vis-à-vis d'elle. Ainsi, pour 17 des 34 matières premières critiques identifiées par l'Union européenne, la Chine contrôle au moins 70 % de la capacité globale de production ou de raffinage. Pour certaines, comme les terres rares lourdes, le gallium ou encore le germanium – tous primordiaux pour l'industrie belge –, la Chine contrôle jusqu'à quasiment 100 %. Il ne peut y avoir de doute non plus sur la volonté de la Chine d'user et d'abuser de sa position dominante dans ses chaînes de valeur à des fins économiques et politiques. Elle l'a démontré par le passé. Notre pays, disposant de secteurs KAMER-3E ZITTING VAN DE 56E ZITTINGSPERIODE 2025 CRIV 56 COM 429 métallurgiques et chimiques essentiels, se trouve dans une situation de vulnérabilité certaine. En même temps, ces secteurs font que notre pays fera aussi partie de la solution. Nous travaillons au niveau fédéral, aussi bien qu'européen et régional, à une compréhension précise de ces dépendances afin de développer des mesures et des politiques ciblées visant à renforcer la résilience de nos chaînes d'approvisionnement et notre autonomie stratégique. La Belgique soutient pleinement les initiatives européennes visant à renforcer la résilience des chaînes d'approvisionnement en matières premières critiques, en particulier, vous l'avez évoqué, le Critical Raw Materials Act (CRMA) et le plan d'action Resources EU. L'approche européenne repose sur trois piliers complémentaires. Premièrement, l'Union européenne entend renforcer ses capacités propres d'extraction, de transformation et de recyclage. Deuxièmement, elle poursuit une diversification accrue des sources d'approvisionnement. Troisièmement, elle développe des partenariats stratégiques avec des pays fiables, renforce le monitoring des risques d'approvisionnement et travaille à la constitution de stocks stratégiques. Dans ce contexte, la Belgique est associée, avec plusieurs autres États membres et la Commission européenne, à un projet pilote visant à explorer les modalités de constitution de stocks stratégiques pour certaines matières premières critiques. Nos efforts ne se limitent toutefois pas au niveau européen. Ainsi, dans le cadre de la diplomatie économique que je souhaite renforcer, et en coopérant étroitement avec les secteurs industriels concernés et les collègues fédéraux et régionaux, notre réseau diplomatique est mobilisé afin d'atténuer autant que possible les conséquences des restrictions à l'exportation qui sont imposées. Grâce au dialogue avec les autorités concernées, nous défendons les intérêts de nos entreprises et contribuons à garantir un accès plus stable et plus prévisible aux matières premières essentielles. Notre stratégie consiste à contribuer à diversifier et à renforcer nos chaînes d'approvisionnement en développant des partenariats avec des pays riches en ressources naturelles. En outre, un envoyé spécial pour la sécurité d’approvisionnement énergétique et les matières 2026 CHAMBRE-3E SESSION DE LA 56E LÉGISLATURE

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