CRIV 56 COM 429 Enfin, monsieur le ministre, je pense que vous êtes arrivé au bout de votre logique. Bien sûr, l'opposition vous donne des leçons, c'est clair – je vous en ai parfois donné aussi – mais ce qui commence à m'agacer dans cette commission, ce sont les partenaires de la majorité qui demandent ce que fait tel ou tel au gouvernement. Des textes sont déposés devant cette commission pour la reconnaissance de l'État palestinien! Le ministre vous dit qu'il s'agissait finalement d'un point de détail. Prenez donc vos responsabilités dans la majorité! Ce n'est pas cela qui fera tomber le gouvernement! Aujourd'hui, votez avec nous les textes pour la reconnaissance de l'État palestinien et arrêtez de nous abreuver ici de discours qui montrent votre versatilité et une forme de faiblesse, peut-être même de lâcheté dans le chef de certains. 01.22 François De Smet (DéFI): Merci, monsieur le ministre, pour votre réponse. Je suis un des premiers à considérer que vous n'avez pas tous les jours un rôle facile. En général, je vous le dis franchement, vous faites vraiment de votre mieux. J'ai quand même été décontenancé par le début de votre réponse – et ça m'avait aussi fait tiquer la semaine dernière en séance plénière – quand vous commencez par dire: "Oh, j'ai regardé sur Google, on me dit que la Belgique reconnaît la Palestine sur le plan international. Et donc, si internet le dit, c'est vrai." Mais non, il y a être et percevoir tout de même. Nous savons bien que, dans notre langage juridique, ce n'est pas suffisant. Et je ne peux pas concevoir qu'un homme de votre valeur se contente de cette double approche. C'est un compromis à la belge, on le sait bien. Les uns peuvent voir ce qu'ils veulent en regardant la figure d'un côté ou de l'autre, mais ce n'est pas complètement satisfaisant et vous le savez. Alors, vous nous annoncez une sorte de clause de rendez-vous avec vos partenaires, dont acte. Moi, je fais le pari que le verrou ne sautera pas, mais je serai le premier à vous applaudir si vous me donnez tort. Et je suis d'accord sur une large partie de votre analyse quand vous rappelez que la reconnaissance de la Palestine ne va pas tout arranger. On est bien d'accord. La reconnaissance de la Palestine, on aurait aimé que ce soit dans une solution à deux depuis longtemps, en vertu des accords d'Oslo mais, aujourd'hui, elle est surtout vitale pour permettre qu'un jour, cette solution à deux États soit toujours viable. Dès lors, si certains de vos partenaires, par KAMER-3E ZITTING VAN DE 56E ZITTINGSPERIODE 17 15/07/2026 2025 exemple, demain, dans l'hypothèse où il peut être établi notamment par les analyses de terrain que le Hamas ne joue plus aucun rôle dans la gestion de Gaza, continuent à s'opposer à la reconnaissance de la Palestine, il faudra leur poser la question ici, mais aussi au Conseil des ministres: "Êtes-vous encore, oui ou non, pour la solution à deux États?" 01.23 Sarah Schlitz (Ecolo-Groen): Monsieur le ministre, d'abord, vous nous faites systématiquement un commentaire sur l'attitude de l'opposition à votre égard, et vous nous dites: "Ah, on est vraiment bien mieux reçus à l'international." Certes, je suis consciente du climat au niveau européen ou international: des salons feutrés, des mots qu'on utilise, mais qui ne mettent pas vraiment les bons mots sur la situation, on enrobe toujours tout élégamment. Mais en fait, nous, les partis de l'opposition au niveau belge, je suis désolée mais nous ne sommes pas là pour vous dorloter. Il y a un accord au sein de votre gouvernement qui n'est pas mis en œuvre en raison des blocages internes. Oui, c'est notre rôle – nous en sommes désolés – de vous demander des comptes, de vous demander où en sont les blocages, et de vous demander comment vous comptez sortir de cette situation. C'est notre travail, et vous faites le vôtre. Autre élément, vous nous dites: "Cette reconnaissance de la Palestine est symbolique, arrêtez un peu de vous agiter avec cela." Si c’est si symbolique que cela, pourquoi ne pas le faire, tout simplement? Cela couperait court aux discussions et nous pourrions passer à autre chose. Par ailleurs, si ce n'est pas cela qui va aider les Palestiniens sur le terrain, nous avons également posé de multiples questions sur d'autres aspects, notamment les accords commerciaux et l'importation de produits. Je pense que ce sont des éléments qui peuvent faire mal à Israël et envoyer un signal clair. Il me semble que cela peut faire poids. S’il y en a d'autres, s'il y a d'autres leviers que vous identifiez, nous vous en prions: allez-y. Ce que nous vous reprochons, en effet, c'est l'immobilisme à tous les étages. Chacun se renvoie la balle, ce n’est jamais la faute de personne, et à la fin, la situation se déroule froidement. Les violences continuent, les morts continuent sur le terrain. C'est pour cela que nous sommes obligés de vous interpeller chaque semaine. Encore aujourd'hui, des visas ne sont pas exécutés. En tant que députés, nous recevons tous les jours des messages sur Instagram, sur 2026 CHAMBRE-3E SESSION DE LA 56E LÉGISLATURE

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