CRIV 56 COM 429
Au sujet de la reconnaissance, tout d'abord, le
début sera similaire à la semaine dernière,
probablement pas la conclusion que je vous livrerai
ensuite. J'ai rappelé, lors de la séance plénière de
jeudi dernier, l'approche en trois temps qui est
prévue à ce sujet dans l'accord que j'ai forcé en
septembre dernier.
Tout d'abord, la reconnaissance politique et
diplomatique de l'État de Palestine par un message
clair et sans équivoque à la tribune des Nations
unies. Ce message a été passé urbi et orbi à New
York en septembre dernier par notre premier
ministre. Ce message a bien été entendu, je peux
vous l'assurer.
À chaque fois que je me déplace et que le dossier
suscite l'attention de mes interlocuteurs, mes
homologues étrangers nous en félicitent. Aux yeux
du monde, y compris aux yeux des autorités
palestiniennes, cette reconnaissance par la
Belgique est acquise. D'ailleurs, je viens encore de
faire le test en tapant sur internet "pays qui
reconnaissent la Palestine". Vous verrez que la
Belgique est listée parmi ces pays qui
reconnaissent la Palestine.
Cette reconnaissance, qui est attendue et
souhaitée depuis des années, est, sur la scène
diplomatique, acquise depuis New York l'an
dernier. Sa légitimité a été affirmée et elle est
assumée par notre gouvernement. Sur la place
internationale, elle ne fait donc pas débat.
Je sais que cela irrite quand je dis que la question
de l'arrêté royal relève essentiellement d'un débat
interne, mais c'est la réalité. Aucun de mes
interlocuteurs étrangers ne m'interpelle en me
demandant: "Tiens, où en êtes-vous dans
l'adoption de votre arrêté royal qui doit être soumis
en Conseil des ministres?" C'est effectivement
l'une des subtilités de notre position adoptée en
septembre dernier.
À l'échelle internationale, cet élément n'est pas de
nature à remettre en cause notre reconnaissance
politique et diplomatique de l'État de Palestine.
Cela tient précisément au fait que nous nous
sommes inscrits, à l'époque, à la tribune des
Nations unies, dans l'initiative franco-saoudienne
visant à garantir, au travers de reconnaissances
plurielles de certains États lors de ce momentum,
un appui massif à la solution à deux États.
Vervolgens voorziet het akkoord inderdaad in een
tweede fase, een meer technische en juridische
stap, namelijk de formalisering van die erkenning
in het nationaal recht via een koninklijk besluit. Het
KAMER-3E ZITTING VAN DE 56E ZITTINGSPERIODE
9
15/07/2026
2025
akkoord van september legt daarvoor twee
voorwaarden vast.
Enerzijds gaat het om de vrijlating van alle
gijzelaars en anderzijds om de uitsluiting van
terroristische organisaties zoals Hamas van het
bestuur van Palestina. In de praktijk gaat het om de
uitsluiting van Hamas van het bestuur van Gaza,
aangezien de Westelijke Jordaanoever al wordt
bestuurd door de Palestijnse Autoriteit. Meer nog,
het betreft het deel van Gaza dat niet onder
Israëlische controle staat.
La libération de tous les otages, qu'ils soient
vivants ou décédés, est confirmée depuis janvier,
tandis que les autorités du Hamas, après
20 années au pouvoir, viennent d'annoncer le
6 juillet dernier leur renonciation à administrer la
bande de Gaza, la dissolution de l'organe en
charge de cette administration et la démission de
son responsable, précisément dans le but de
laisser pleinement la gestion de Gaza au Comité
national pour l'administration de Gaza, organe
validé par le Conseil de sécurité de l'ONU et
composé d'experts technocrates et apolitiques,
actuellement basé au Caire.
Quelle que soit donc la sensibilité de chacun sur ce
dossier – et je respecte la pluralité de ces
sensibilités –, l'honnêteté impose donc de
reconnaître que cette annonce amène a priori à
pouvoir bel et bien cocher la deuxième condition.
C'est pour cette raison que j'ai pris l'initiative de
demander à mon administration de préparer un
dossier permettant l'adoption de l'arrêté royal. Cet
arrêté est prêt. Même si vous connaissez ma
conviction concernant cette deuxième condition,
puisque c'est moi-même qui ai tenu la plume de
l'accord à l'époque, la même honnêteté
intellectuelle m'impose de dire qu'on ne peut pas
se baser exclusivement sur une déclaration de
presse faite par un groupe terroriste pour
considérer que la messe est dite – si vous me
permettez cette expression.
Dès lors, pour éviter que d'aucuns tirent prétexte
du fait qu'il ne s'agirait que d'une déclaration de
presse pour douter du remplissage de la deuxième
condition et au risque de se faire remballer avec
l'arrêté au Conseil des ministres, j'ai demandé à
mes postes diplomatiques d'examiner la situation
effective sur place, d'ici la fin de l'été, pour
s'assurer que les paroles sont bien suivies d'actes
concrets, et qu'il n'y ait donc plus de doute quant
au fait que le Hamas a bien renoncé à toute
gouvernance effective de Gaza.
2026
CHAMBRE-3E SESSION DE LA 56E LÉGISLATURE