A SSEMBLÉE NATIONALE
27 JANVIER 2026
4. Questions écrites
Assurance maladie maternité
Prise en charge des actes de chirurgie gynécologique
12378. − 27 janvier 2026. − Mme Virginie Duby-Muller alerte Mme la ministre de la santé, des familles, de
l’autonomie et des personnes handicapées sur le faible niveau de prise en charge financière des actes de chirurgie
gynécologique et ses conséquences sur l’accès aux soins des patientes. En France, de nombreuses femmes en âge de
procréer et non enceintes souffrent de saignements menstruels excessifs. Ces ménorragies sont un problème de
santé publique avec une prévalence estimée entre 10 et 35 % selon les séries dont l’évaluation quantitative est
difficile. Les ménorragies représentent un tiers des motifs de consultation en gynécologie et leurs causes peuvent
être idiopathiques, ou dues à des polypes, myomes, adénomyose. Ces ménorragies sont souvent sources d’anémie
par carence martiale, d’épuisement physique et d’isolement des femmes avec un impact sur leur qualité de vie et
leur santé globale. Dans les cas où un acte chirurgical est indiqué comme traitement, des dispositifs innovants de
chirurgie gynécologique permettent aujourd’hui d’éviter des interventions lourdes et irréversibles comme
l’hystérectomie, tout en réduisant les durées d’hospitalisation, les complications post-opératoires et des arrêts de
travail. Pourtant, le recours à l’hystérectomie demeure élevé en France. Selon une publication de Santé publique
France portant sur la période 2005-2021, près de 79 % des hystérectomies sont réalisées à la suite d’un diagnostic
de pathologie bénigne, avec de fortes disparit��s territoriales, alors même que cet indicateur figure parmi les
priorités nationales de pertinence des actes chirurgicaux. L’un des freins identifiés au développement de ces
techniques mini-invasives réside dans la tarification actuelle des séjours de gynécologie. Les données issues des
travaux de l’Agence technique de l’information sur l’hospitalisation (ATIH) montrent une sous-évaluation
significative de certains actes de chirurgie gynécologique. Cette inadéquation entre les tarifs et les coûts moyens
nationaux, soulignée notamment par la Cour des comptes, conduit les établissements de santé à financer euxmêmes en partie ces prises en charge, limitant de fait l’adoption de solutions innovantes pourtant moins invasives
pour les patientes. Par ailleurs, l’évolution des pratiques permet désormais de réaliser un certain nombre d’actes de
chirurgie gynécologique en dehors du bloc opératoire, sans anesthésie générale, dans des conditions de sécurité
validées par les sociétés savantes et soutenues notamment par l’Académie nationale de chirurgie. Le rapport
« Charges et Produits » de l’assurance maladie recommande lui-même d’« ouvrir le champ de la chirurgie hors
bloc ». Cette organisation présente des bénéfices médicaux, organisationnels et économiques avérés, tant pour les
patientes que pour les établissements de santé, mais ne bénéficie pas aujourd’hui d’un cadre tarifaire suffisamment
incitatif et pérenne, les dispositifs médicaux innovants permettant cette pratique hors bloc n’étant pas toujours
financés de façon adéquate. Dans ce contexte, elle souhaite savoir quelles mesures le Gouvernement entend
prendre pour favoriser la prise en charge tarifaire des actes de chirurgie gynécologique, afin de faciliter le recours
aux techniques mini-invasives et sécuriser le développement des pratiques hors bloc opératoire.
Assurance maladie maternité
Prise en charge des implants et prothèses dentaires par la sécurité sociale
12379. − 27 janvier 2026. − M. Alain David attire l’attention de Mme la ministre de la santé, des familles, de
l’autonomie et des personnes handicapées sur l’absence de prise en charge par la sécurité sociale du
remboursement des implants et prothèses dentaires. Actuellement, la pose d’implants dentaires est considérée par
la sécurité sociale comme un acte « hors nomenclature » et n’est donc pas remboursée. En conséquence, les
praticiens qui réalisent ces interventions sont libres de fixer leurs tarifs, ce qui fait peser un reste à charge
considérable sur les patients. Les coûts de ces interventions sont en effet élevés. En France, pour un implant
dentaire complet, le prix moyen constaté se situe généralement autour de 2 000 euros par dent, avec des
fourchettes observées entre 1 500 euros et 3 000 euros selon les praticiens, les techniques et les matériaux utilisés.
De tels montants sont extrêmement difficiles à supporter pour de nombreuses catégories de la population,
notamment les travailleurs et retraités aux revenus modestes et conduisent bien souvent à un renoncement aux
soins. À cet égard, dans un avis publié le 6 novembre 2024, la Haute Autorité de santé (HAS) s’est déclarée
favorable au remboursement des actes implanto-prothétiques dans les cas d’édentement complet et d’édentement
unitaire, afin d’améliorer l’accès aux soins et de répondre à l’évolution des besoins de la population. Alors que le
nombre de personnes concernées par l’édentement et nécessitant des implants est amené à croître avec le
vieillissement de la population (près d’un million d’implants ont été posés en France en 2023 selon la HAS), il
apparaît nécessaire, pour améliorer l’accès aux soins, d’envisager une prise en charge par la sécurité sociale de ces
actes jusqu’à présent exclus du remboursement. Il lui demande donc si des études ou des travaux sont en cours afin
d’envisager une évolution de la prise en charge des implants et prothèses dentaires par la sécurité sociale et, le cas
échéant, selon quelles modalités un tel remboursement pourrait être mis en œuvre dans un horizon rapproché.
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