A SSEMBLÉE NATIONALE
27 JANVIER 2026
activités. Ces aides sont votées et financées avec une finalité précise : permettre soit le rachat rapide d’un troupeau
et la reprise de l’activité, soit le financement d’une reconversion ou d’un rééquipement, afin d’assurer la continuité
économique des exploitations agricoles. Or, dans les faits, ces primes sont aujourd’hui considérées comme des
produits comptables de l’exploitation, entraînant leur assujettissement aux cotisations sociales du résultat fiscal de
l’exploitation, elles peuvent donc être imposables selon le régime. Cette situation conduit à une réduction
significative des montants réellement disponibles pour atteindre les objectifs initiaux de ces dispositifs. Les
cotisations prélevées sur ces aides empêchent souvent de constituer une enveloppe suffisante pour reconstituer un
cheptel, investir dans un nouvel outil de production ou mener à bien une reconversion viable. Les agriculteurs se
retrouvent ainsi confrontés à une double peine : d’une part, subir les conséquences économiques d’une décision ou
d’une contrainte imposée par l’État, et d’autre part, voir les aides censées réparer ou compenser cette situation
amputées par des prélèvements sociaux et fiscaux. Dans ce contexte, comment le Gouvernement justifie-t-il
l’assujettissement de ces aides exceptionnelles aux cotisations sociales et fiscales, alors même qu’elles ne constituent
pas un revenu de production mais un outil de compensation ou d’investissement ? Elle lui demande si le
Gouvernement envisage une évolution du cadre fiscal et social applicable à ces primes afin de garantir qu’elles
remplissent pleinement leur objectif initial et ne pénalisent pas davantage les agriculteurs concernés.
4. Questions écrites
Agriculture
Favoriser la consommation de produits agricoles français
12360. − 27 janvier 2026. − M. Jean-Michel Jacques attire l’attention de Mme la ministre de l’agriculture, de
l’agro-alimentaire et de la souveraineté alimentaire sur la nécessité de renforcer la souveraineté alimentaire de la
France en favorisant prioritairement la consommation de produits agricoles français et en particulier de légumes
issus des filières nationales. Dans un contexte de tensions sur les marchés agricoles, de concurrence internationale
accrue et d’attentes fortes des citoyens en matière de qualité, de traçabilité et d’impact environnemental de leur
alimentation, manger français constitue un levier essentiel pour soutenir les agriculteurs, préserver l’emploi local et
garantir l’indépendance alimentaire du pays. Si des efforts ont été engagés, notamment dans la restauration
collective publique, force est de constater que la part de légumes d’origine française demeure encore insuffisante
dans de nombreuses collectivités territoriales. Par ailleurs, la restauration collective privée, notamment au sein des
entreprises, reste largement en dehors de toute dynamique structurée visant à privilégier l’approvisionnement en
produits agricoles français. Dans ce contexte, il souhaite savoir quelles mesures le Gouvernement entend mettre en
œuvre afin d’inciter, voire d’accompagner plus fortement les collectivités territoriales à augmenter
significativement la part de légumes français dans la confection des repas servis en restauration collective ;
d’encourager les entreprises et les acteurs de la restauration collective privée à recourir davantage à des produits
agricoles français, notamment par des dispositifs incitatifs, contractuels ou réglementaires, et, plus largement, de
faire de la consommation de produits français un pilier central de la politique de souveraineté alimentaire.
Agriculture
Menaces des droits de douane sur les vins et champagnes français
12361. − 27 janvier 2026. − Mme Valérie Bazin-Malgras attire l’attention de Mme la ministre de l’agriculture,
de l’agro-alimentaire et de la souveraineté alimentaire sur les déclarations du président des États-Unis
d’Amérique annonçant l’instauration de droits de douane pouvant atteindre 200 % sur les vins et champagnes
français. Ces annonces constituent une attaque directe, délibérée et inacceptable contre les filières viticoles
françaises et européennes. Elles ne relèvent pas d’un différend commercial ordinaire, mais s’apparentent à une
stratégie de pression économique et politique assumée, en contradiction manifeste avec les règles du commerce
international et les principes du multilatéralisme. Pour des territoires fortement ancrés dans la viticulture, comme
le département de l’Aube, les conséquences potentielles seraient particulièrement graves : perte brutale de
débouchés à l’export, fragilisation de milliers d’exploitations, menaces sur l’emploi et déstabilisation durable de
filières déjà confrontées à de fortes tensions économiques. Dans ce contexte, l’absence d’une réponse rapide, claire
et déterminée exposerait les producteurs à une insécurité économique insoutenable et serait perçue comme un
signal de faiblesse, tant au niveau national qu’européen. Elle souhaite donc savoir quelles actions le Gouvernement
entend engager, en lien avec ses partenaires européens, pour faire face à ces menaces, quels leviers diplomatiques,
commerciaux et juridiques seront mobilisés pour défendre les intérêts stratégiques de la France et si des mesures
exceptionnelles de soutien sont envisagées pour accompagner les filières viticoles menacées par ces décisions
unilatérales.
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