1. Questions orales A SSEMBLÉE NATIONALE 27 JANVIER 2026 organisateurs. C’est également un enjeu sécuritaire important ayant fait appel à plus de 300 gendarmes, qui mobilise pendant plusieurs semaines des forces de sécurité parfois issues de départements voisins. À cela s’ajoutent les difficultés de cohabitation avec les habitants, légitimement affectés par la présence d’un nombre aussi important de personnes à proximité de leur lieu de vie. En 2023, ce sont 40 000 voyageurs qui ont participé au rassemblement du mois de mai, auxquels s’est ajouté un second rassemblement en août. Au-delà du nombre de participants, c’est l’ensemble du défi logistique lié à leur accueil qui a pesé lourdement sur les capacités locales. Cette situation n’est pas tenable. Mme la députée tient toutefois à souligner que certaines années se sont mieux déroulées. En concertation avec le pasteur, la mise en place d’une jauge limitée à 25 000 participants, ainsi que la délocalisation du second rassemblement de l’Ascension hors du département, ont été actés. Par ailleurs, les effectifs nécessaires des forces de l’ordre avaient été mobilisés, permettant au pèlerinage de se dérouler dans de meilleures conditions. L’année passée, ces avancées ont été le fruit d’une collaboration entre les élus locaux, la préfecture et le ministère qui ont permis d’obtenir des renforts pour la sécurité, une jauge respectée et un seul pèlerinage. Mme la députée adresse une simple question à M. le ministre : est-il prêt, cette année encore, à travailler avec les élus afin de permettre aux voyageurs de se réunir dans des conditions dignes, tout en assurant la protection des concitoyens ? S’engage-t-il à mettre à disposition les mêmes forces de sécurité, à savoir trois escadrons de gendarmerie mobile ? L’État soutiendra-t-il la tenue d’un évènement en règle permettant à tous d’en profiter ? La commune de Nevoy et l’ensemble des acteurs locaux font tout leur possible pour accueillir ce rassemblement dans les meilleures conditions, mais ils ne peuvent pas porter seuls une charge d’une telle ampleur. Il est aujourd’hui indispensable que l’État s’engage pleinement pour venir en soutien d’élus qui font déjà preuve d’un sens aigu des responsabilités. Le terrain prêté pendant plusieurs années par l’État a été un levier essentiel ; il est nécessaire que cela redevienne le cas. C’est une question de solidarité nationale. Les élus comptent sur M. le ministre pour que, cette année encore, le pèlerinage puisse se dérouler dans des conditions satisfaisantes, garantissant la sécurité de tous et le respect de chacun. Elle lui demande, s’il est prêt à passer des discours aux actes et à s’y engager publiquement. Aménagement du territoire Application du ZAN dans les communes rurales 573. − 27 janvier 2026. − M. Lionel Vuibert appelle l’attention de Mme la ministre de l’aménagement du territoire et de la décentralisation sur les effets de la mise en œuvre uniforme de l’objectif de zéro artificialisation nette dans les communes rurales et sur la nécessité d’une différenciation territoriale adaptée à leurs contraintes spécifiques. L’objectif de sobriété foncière et de lutte contre l’artificialisation des sols fait aujourd’hui consensus. En revanche, sa mise en œuvre uniforme, issue de la loi « climat et résilience », continue de produire des effets excessivement contraignants dans de nombreux territoires ruraux, comme les Ardennes. Dans des communes peu denses, historiquement très faiblement consommatrices de foncier et composées en très large majorité d’espaces naturels, agricoles et forestiers, cette trajectoire uniforme limite désormais toute capacité d’accueil de logements, d’équipements de proximité ou d’activités économiques pourtant indispensables à la vie locale. Sur le terrain, les élus locaux se heurtent à des documents de planification qui figent toute perspective de développement, tandis que des habitants voient leurs terrains devenir inconstructibles, avec des pertes de valeur foncière parfois très importantes. Ce décalage entre l’objectif poursuivi et ses effets concrets fragilise l’adhésion locale à la trajectoire de sobriété foncière. La proposition de loi dite « TRACE », adoptée par le Sénat, apporte des clarifications utiles mais ne permet pas de traiter pleinement la situation spécifique des communes rurales les plus contraintes, en maintenant une logique largement uniforme. C’est pour répondre à cette difficulté que M. le député a déposé, le 9 décembre 2025, la proposition de loi no 2215, cosignée par plusieurs dizaines de députés, visant à instaurer une exemption rurale ciblée au sein du dispositif ZAN, fondée sur des critères objectifs et juridiquement sécurisés. L’enjeu n’est pas de remettre en cause l’objectif de long terme, mais d’éviter que le ZAN ne devienne, dans ces territoires, un facteur durable de blocage du développement local. Il s’agit de permettre une différenciation territoriale proportionnée, afin que la sobriété foncière puisse s’appliquer de manière équitable et opérationnelle. Dans ce contexte, il lui demande sa position sur l’évolution du cadre du ZAN pour les communes rurales, tant dans la poursuite de l’examen du texte TRACE à l’Assemblée nationale que sur la prise en compte d’une exemption rurale, ainsi que le calendrier envisagé pour apporter aux élus locaux la visibilité et la sécurité juridique nécessaires. 495

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