A SSEMBLÉE NATIONALE
27 JANVIER 2026
Automobiles
Transparence du score environnemental
12385. − 27 janvier 2026. − M. Romain Daubié attire l’attention de Mme la ministre de la transition
écologique, de la biodiversité et des négociations internationales sur le climat et la nature sur le climat et la
nature sur la nécessité de renforcer la transparence et la lisibilité des scores environnementaux appliqués aux
véhicules électriques. Depuis l’entrée en vigueur de la réforme du bonus écologique, l’éligibilité des véhicules est
conditionnée à l’atteinte d’un score environnemental minimal, calculé selon une méthodologie prenant en compte
l’empreinte carbone de la production (matériaux, assemblage, batterie) et le transport. Si cette mesure est saluée
pour sa contribution à la réindustrialisation verte de l’Europe et à la réduction des émissions globales de CO2, elle
soulève des interrogations légitimes de la part des citoyens quant à sa complexité et au manque d’information
accessible au consommateur final. Plusieurs administrés ont fait part de leurs difficultés à comprendre le détail de
la notation attribuée à chaque modèle. Actuellement, le score est perçu comme une donnée administrative binaire
(éligible ou non) plutôt que comme un véritable outil pédagogique permettant de comparer l’impact écologique
réel de deux véhicules électriques. À l’instar du « nutri-score » pour l’alimentation, une information plus granulaire
sur l’origine des composants, la part de matériaux recyclés ou l’intensité carbone du mix énergétique utilisé lors de
la fabrication de la batterie semble indispensable pour éclairer le choix des Français. Dans un souci de justice
environnementale et de protection du consommateur, M. le député estime qu’une transparence accrue permettrait
non seulement de valoriser les efforts des constructeurs les plus vertueux, mais aussi d’éviter toute suspicion de
greenwashing. En conséquence, il souhaite savoir quelles mesures le Gouvernement entend prendre pour assurer la
mise en place d’un affichage environnemental simplifié et détaillé sur les lieux de vente et les configurateurs en
ligne. Il lui demande, par ailleurs, quels leviers pourraient être mobilisés pour rendre les critères de calcul du score
environnemental plus accessibles et compréhensibles pour le grand public, afin de faire de cet outil un véritable
moteur de la transition écologique citoyenne.
4. Questions écrites
Biodiversité
Maintien du renard roux dans la liste des ESOD
12390. − 27 janvier 2026. − M. Vincent Ledoux attire l’attention de Mme la ministre de la transition
écologique, de la biodiversité et des négociations internationales sur le climat et la nature sur le maintien du
renard roux dans la liste des espèces susceptibles d’occasionner des dégâts (ESOD), classement dont la pertinence
est aujourd’hui largement contestée. Les ESOD sont inscrites par arrêté ministériel pour une durée de trois ans, ce
classement autorisant leur piégeage, leur destruction, voire leur déterrage, y compris en dehors des périodes de
chasse. En application de l’arrêté du 3 août 2023, le renard roux est actuellement classé ESOD dans 88
départements, conduisant à la destruction estimée de 500 000 à 1 million d’individus chaque année. Or de
nombreux travaux scientifiques récents et plusieurs expertises institutionnelles mettent en cause le bien-fondé
écologique, sanitaire et économique de ce dispositif. Le renard joue en effet un rôle essentiel dans la régulation des
populations de micromammifères, contribuant ainsi à la limitation des dégâts agricoles et à la réduction de la
circulation de certains agents pathogènes, notamment ceux impliqués dans la borréliose de Lyme. Plusieurs études
en écologie des maladies vectorielles montrent que, selon les contextes locaux, la présence de prédateurs peut être
associée à une diminution du risque sanitaire. Omnivore, disséminateur de graines et charognard, le renard
participe également au bon fonctionnement des écosystèmes. L’ANSES a par ailleurs indiqué en 2023 que le
renard ne présente plus de risque significatif pour la santé publique : la rage a été éradiquée en France depuis 2001
et les campagnes d’abattage peuvent, au contraire, favoriser la dispersion de l’échinococcose alvéolaire. S’agissant
des prédations sur les élevages de volailles, les travaux scientifiques, notamment le programme CARELI,
démontrent que la destruction des renards n’en réduit pas l’occurrence, seules des mesures de protection adaptées
des bâtiments étant réellement efficaces. L’exemple du Luxembourg, où la chasse au renard a été suspendue sans
provoquer de déséquilibre écologique ni de surpopulation, confirme la capacité de régulation naturelle de l’espèce.
Dans son rapport du 13 février 2025, l’inspection générale de l’environnement et du développement durable
recommande la suppression du groupe 2 des ESOD prévu à l’article R. 427-6 du code de l’environnement et le
recours à des méthodes alternatives à la mise à mort. La Fondation pour la recherche sur la biodiversité a
également conclu en 2023 au caractère inefficace, voire contre-productif, des politiques de régulation des ESOD.
Enfin, plusieurs décisions du Conseil d’État rendues en mai 2025 ont annulé le classement du renard comme
ESOD dans différentes communes, en l’absence d’éléments suffisants permettant d’établir la réalité des dommages
invoqués. Dans ce contexte de déclin accéléré de la biodiversité et au regard de l’ensemble de ces éléments
scientifiques et juridiques, il lui demande si le Gouvernement envisage, pour la prochaine période triennale de
586
Select target paragraph3
Connect to a paragraph
Connect to an entity
Disable highlights
Add to table of contents