A SSEMBLÉE NATIONALE
27 JANVIER 2026
comportements dangereux et illégaux, ce qui entre totalement en contradiction avec les devoirs et missions de la
police nationale. Aussi, elle lui demande comment il compte sanctionner de telles pratiques qui, outre leur
caractère illégal, mettent gravement en danger la vie des usagers de la route au quotidien.
4. Questions écrites
Police
Polices municipales : insuffisances persistantes et recommandations ignorées
12483. − 27 janvier 2026. − M. Ugo Bernalicis interroge M. le ministre de l’intérieur sur le suivi effectif des
recommandations formulées par la Cour des comptes dans son rapport public de 2020 relatif aux polices
municipales. La Cour des comptes dresse un constat particulièrement préoccupant concernant l’organisation, la
formation, l’évaluation et surtout, le contrôle externe des polices municipales. Ces dysfonctionnements
surviennent alors même que les missions et les pouvoirs de ces forces locales se sont considérablement élargis ces
dernières années, notamment avec l’autorisation du port d’armes et l’extension de leurs compétences. Le contrôle
interne demeure largement insuffisant : les critères d’agrément des policiers municipaux ne sont pas réexaminés en
cas de mutation, le cadre déontologique n’est pas suivi en continu et l’enquête de moralité se limite à la
consultation de fichiers policiers et judiciaires. Le contrôle, prévu à l’article L. 513-1 du CSI se heurte à l’efficacité
limitée de la commission consultative des polices municipales (CCPM), dont les réunions trop rares rendent tout
contrôle effectif presque impossible. Par ailleurs, l’inspection générale de l’administration, censée constituer un
recours indépendant, a été saisie seulement à deux reprises entre 1999 et 2020, laissant la responsabilité du
contrôle principalement entre les mains des maires. Si certains disposent d’inspections générales locales ou de
référents déontologues, ces dispositifs internes restent largement insuffisants pour garantir un contrôle
véritablement effectif. Une expertise externe, indépendante et impartiale apparaît donc nécessaire. Ce constat
n’est pas nouveau, il était déjà formulé dans le rapport public de la Cour des comptes de 2011, qui recommandait
d’« étudier de nouvelles modalités de contrôle des polices municipales par le ministère de l’intérieur, adaptées à
l’importance de leurs missions et de leurs effectifs ». Un consensus existe, tant au sein du ministère de l’intérieur
que parmi les élus et les organisations syndicales, sur la nécessité d’un renforcement des contrôles externes. Le
rapport parlementaire Fauvergue-Thourot de 2018, D’un continuum de sécurité vers une sécurité globale, soulignait
également que l’extension des pouvoirs des polices municipales devait impérativement s’accompagner d’un
contrôle effectif des services de l’État. Or dix ans après les premières alertes, aucune réforme structurelle
significative n’a été mise en œuvre. Dans l’exercice de son mandat, M. le député a d’ailleurs pu constater que
malgré ce rapport de 2020 les mêmes problématiques persistent. La Cour des comptes y formulait pourtant
plusieurs recommandations structurantes, qui auraient pu orienté des pistes de réformes importantes, parmi
lesquelles : le recentrage de la commission consultative des polices municipales (CCPM) sur les seuls enjeux
stratégiques et opérationnels, les questions statutaires devant relever du Conseil supérieur de la fonction publique
territoriale ; l’amélioration de la qualité de la formation continue obligatoire et l’intégration, dès la formation
initiale, de la formation préalable à l’armement pour les armes de catégorie D ; l’incitation faite aux communes et
aux intercommunalités à évaluer l’activité et l’efficacité des services de police municipale ; l’organisation d’un
véritable contrôle externe des polices municipales selon des modalités adaptées, indépendantes et effectives. Dans
ces conditions, il lui demande de préciser si ces recommandations ont été mises en œuvre concrètement et, le cas
échéant, quelles mesures sont envisagées pour renforcer la formation, l’évaluation et le contrôle externe des polices
municipales, conformément aux préconisations réitérées de la Cour des comptes. Il l’interroge également sur les
intentions du Gouvernement pour garantir enfin un contrôle indépendant et transparent, à la hauteur des
pouvoirs élargis confiés aux polices municipales.
Police
Publication par un policier de vidéos interdites avec des signes néonazis
12484. − 27 janvier 2026. − M. Thomas Portes alerte M. le ministre de l’intérieur sur la diffusion pourtant
interdite de vidéos d’interventions policières sur les réseaux sociaux. Selon une enquête publiée par L’Humanité le
19 janvier 2026, un compte intitulé « Bac Fend », actif depuis mai 2025 sur plusieurs réseaux sociaux, serait
administré par un policier en poste à la brigade anticriminalité du Val-de-Marne. Ce compte diffuse régulièrement
des vidéos d’interventions policières, notamment des courses-poursuites consécutives à des refus d’obtempérer,
filmées depuis un véhicule de police et rendues accessibles à un large public, sans floutage systématique des
personnes filmées ni information sur l’existence d’autorisations administratives ou judiciaires préalables. L’article
précité indique que certaines images semblent issues de dispositifs strictement encadrés, tels que des caméras
embarquées ou des caméras-piétons. Or l’usage de ces équipements est réglementé par le code de la sécurité
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