A SSEMBLÉE NATIONALE
27 JANVIER 2026
professionnelle que personnelle. Cette situation illustre la violence croissante à laquelle sont exposés les agents
publics, en particulier ceux exerçant des fonctions d’autorité ou de responsabilité dans des environnements
sensibles comme l’administration pénitentiaire. Face à la multiplication des menaces, d’intimidations ou de
campagnes de dénigrement ciblant des fonctionnaires sur internet, il apparaît indispensable de renforcer la
prévention, la protection et l’accompagnement de ces agents. Il est en effet intolérable que ceux qui œuvrent
quotidiennement au service de la République et à la sécurité des citoyens soient ainsi exposés à la vindicte
numérique ou aux représailles de personnes mal intentionnées. Aussi, Mme la députée souhaiterait connaître les
mesures que le Gouvernement entend adopter pour éviter la reproduction de tels faits à l’encontre des dépositaires
de l’autorité publique. Enfin, elle souhaiterait savoir quelles actions pourront être engagées afin de permettre à la
directrice du centre pénitentiaire des Baumettes de retrouver des conditions de vie et d’exercice professionnel
normales et plus largement, comment l’État entend réaffirmer son soutien sans faille à l’ensemble des personnels
de l’administration pénitentiaire confrontés à de telles situations.
4. Questions écrites
Police
Heures supplémentaires dans la police nationale
12481. − 27 janvier 2026. − M. Marc de Fleurian attire l’attention de M. le ministre de l’intérieur sur
l’organisation du temps de travail et des heures supplémentaires dans la police nationale, dans un contexte
d’accroissement de la charge de travail des forces de l’ordre lié à la multiplication des missions : lutte contre le
terrorisme, la criminalité organisée, la grande délinquance et la drogue, maîtrise des flux migratoires, maintien de
l’ordre sur la voie publique. Dans un rapport d’octobre 2020, la Cour des comptes relevait déjà que le volume des
heures supplémentaires stockées par les agents de la police nationale atteignait 23 millions d’heures au
31 décembre 2018. Valorisé au coût horaire de 12,47 euris (coût auquel les heures étaient alors indemnisées), le
stock d’heures supplémentaires dans la police nationale au 31 décembre 2018 représenterait pour l’État une charge
financière de 286,9 millions d’euros. Certes, l’arrêté du 5 septembre 2019 portant sur l’organisation relative au
temps de travail dans les services de la police nationale (dit « APORTT ») pose le principe d’une indemnisation
d’une partie des services supplémentaires que les policiers ont effectués en 2020 et réforme les cycles horaires, mais
au risque de limiter à l’avenir le volume des services supplémentaires. Quant à l’indemnisation du stock des heures
supplémentaires, elle reste d’une grande complexité. Par conséquent, il souhaite savoir si le Gouvernement
envisage, en lien avec les représentants des agents, de simplifier et rendre plus attractive l’organisation du temps de
travail de la police, en préservant son adaptabilité à ses différentes missions.
Police
Phénomène inquiétant des policiers influenceurs
12482. − 27 janvier 2026. − Mme Clémence Guetté interroge M. le ministre de l’intérieur sur le phénomène
inquiétant des policiers influenceurs mettant en scène leurs courses poursuite sur les réseaux sociaux. Plus
précisément, le cas du policier connu sous le pseudonyme de « BAC FEND » sur les réseaux sociaux, membre de la
brigade anti-criminalité du Val-de-Marne et très actif sur la circonscription de Mme la députée, est
particulièrement préoccupant. Cumulant près de 80 000 abonnés et plus de 500 000 vues sur TikTok,
Instagram et YouTube, ce policier publie régulièrement des vidéos de ses courses-poursuites pour refus
d’obtempérer depuis l’habitacle de sa voiture. Dans ces vidéos, on peut voir le policier prendre des risques
disproportionnés en lançant sa voiture à plus de 100km/h en centre-ville et 160 km/h sur le périphérique, grillant
des feux rouges, adoptant une conduite nerveuse et ce parfois sans déclencher son alarme sonore. De tels
comportements mettent clairement en danger la vie de ses coéquipiers et des autres usagers de la route, en
particulier les piétons. D’après l’ancien policier et membre de l’association Police République et Citoyenneté JeanLouis Arajol, il est clair que l’agent de police est en situation d’infraction aggravée. En outre, d’après la CNIL, une
telle utilisation des caméras embarquées et caméras piéton est strictement interdite. En effet, les caméras
embarquées ne peuvent pas procéder à un enregistrement du son et les enregistrements comportant des données
personnelles, comme des images de personnes arrêtées, doivent être conservés pour une durée maximale de 7 jours.
Depuis plusieurs mois, de telles vidéos et comptes de policiers se multiplient rapidement sur les réseaux sociaux
sans réaction de la part du ministère de l’intérieur. Rivalisant de courses toujours plus sensationnelles, ces policiers
détournent leur mission de service public en se mettant en scène durant leur temps de travail. En valorisant
l’adrénaline, la vitesse, la prise de risque, la confrontation et la violence, ce type de contenu fait la promotion de
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