A SSEMBLÉE NATIONALE
27 JANVIER 2026
l’absence de décision judiciaire définitive, le professionnel demeure exposé à une reprise du recouvrement. Cette
situation place les entreprises concernées dans une impasse économique, avec un risque réel de cessation des
paiements, alors qu’elles sont victimes de défaillances de sécurisation d’un téléservice public. La Fédération
nationale de l’automobile souligne que ces professionnels sont majoritairement des PME et TPE de proximité,
indispensables à l’aménagement du territoire et au service rendu aux usagers. Elle alerte également sur le risque que
nombre d’entre eux renoncent à leur agrément, compromettant le fonctionnement même du SIV. Dans ce
contexte, elle souhaiterait savoir si le Gouvernement envisage la suspension durable des procédures de
recouvrement des taxes liées à des immatriculations frauduleuses, jusqu’à l’issue définitive des procédures pénales ;
si des instructions nationales claires seront adressées aux services fiscaux afin d’éviter toute mise en recouvrement
automatique de créances manifestement indues ; si un dispositif exceptionnel d’indemnisation ou de neutralisation
fiscale est envisagé pour les entreprises reconnues victimes ; comment l’État entend assumer sa part de
responsabilité liée aux défaillances de sécurisation du SIV ; enfin, quelles garanties seront apportées pour éviter que
des entreprises de proximité ne soient contraintes de cesser leur activité du fait de créances fiscales injustifiées.
4. Questions écrites
Impôts et taxes
Fiscalité imposée aux producteurs et opérateurs de la filière cognac
12442. − 27 janvier 2026. − Mme Caroline Colombier attire l’attention de M. le ministre de l’économie, des
finances et de la souveraineté industrielle, énergétique et numérique sur les conséquences fiscales imposées aux
producteurs et opérateurs de la filière cognac à la suite de vols récemment constatés en Charente et en CharenteMaritime. Le 22 novembre 2025, un transporteur usurpant une fausse identité a dérobé une vingtaine de palettes
de cognac auprès de deux maisons de négoce, tandis qu’une troisième a refusé de lui remettre des marchandises.
Ce vol de près de 12 000 bouteilles, porte sur un préjudice de près de 130 000 euros. Outre ce vol spectaculaire de
par son volume, d’autres vols ont eu lieu tout au long de l’année dans les chais ou lors d’opérations de transports.
Ces faits, dûment signalés aux forces de l’ordre et faisant l’objet d’enquêtes, interviennent dans un contexte
de fragilisation économique sévère de la filière, qui constitue pourtant un pilier de l’économie et de l’emploi des
deux-Charentes. Or en l’état de l’interprétation retenue par l’administration douanière, les volumes volés ont été
assimilés à des volumes manquants réputés mis à la consommation, rendant exigibles les droits d’accise
correspondants. Selon les organisations professionnelles, les montants réclamés au titre de ces droits s’échelonnent
entre 50 000 et 141 000 euros, tandis que le préjudice global supporté par certaines exploitations peut
atteindre près de 250 000 euros, en incluant la perte des volumes volés et les dégradations. Cette situation conduit
à faire supporter aux viticulteurs et opérateurs locaux les conséquences financières d’actes criminels dont ils sont les
victimes et constitue une charge supplémentaire pour des opérateurs déjà mis en difficulté par la conjoncture
actuelle. Elle alimente un sentiment d’injustice profond dans un territoire attaché à la préservation de son activité
viticole, de son savoir-faire et de son économie de proximité. Comme le demande le syndicat de la viticulture
cognaçaise : « Cette situation est d’autant plus incompréhensible que, dans n’importe quel autre contexte, un
citoyen victime d’un cambriolage n’est évidemment pas tenu de rembourser à l’État la valeur des biens qui lui ont
été volés. Pourquoi en irait-il autrement pour les viticulteurs ? Le vol est, par nature, un évènement extérieur,
imprévisible. À ce titre, le principe de force majeure doit pouvoir être pleinement examiné ». C’est pourquoi elle
lui demande s’il entend reconnaître le caractère de force majeure des vols d’eaux-de-vie dûment constatés, afin de
ne pas soumettre les volumes dérobés aux droits d’accise, si une évolution de la doctrine de la DGDDI est
envisagée afin de mettre un terme à cette situation pénalisant les victimes et plus largement, quelles mesures
concrètes seront prises pour protéger une filière stratégique face à l’insécurité croissante et à une fiscalité jugée
inadaptée.
Industrie
Sauvegarde du site industriel Fibre Excellence à Tarascon
12444. − 27 janvier 2026. − M. Emmanuel Taché alerte M. le ministre de l’économie, des finances et de la
souveraineté industrielle, énergétique et numérique sur l’avenir préoccupant du groupe Fibre Excellence, pilier
industriel national de la filière papetière, dont les sites de Tarascon (Bouches-du-Rhône) et de Saint-Gaudens
(Haute-Garonne) emploient des centaines de salariés et irriguent des milliers d’emplois indirects dans la filière
bois. Alors que le Gouvernement vante à longueur de discours la réindustrialisation, la souveraineté productive et
la fierté ouvrière française, le sort de Fibre Excellence illustre tristement le fossé entre les slogans parisiens et la
réalité des territoires. À Tarascon, les syndicats CGT, CFDT et FO alertent depuis des mois sur la situation
financière catastrophique de l’entreprise, amplifiée par une hausse de 50 % du coût du bois de trituration depuis
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