A SSEMBLÉE NATIONALE 27 JANVIER 2026 Agriculture Situation économique de la filière des distilleries vinicole 4. Questions écrites 12363. − 27 janvier 2026. − M. Maxime Michelet attire l’attention de Mme la ministre de l’agriculture, de l’agro-alimentaire et de la souveraineté alimentaire sur la situation économique critique et inédite de la filière des distilleries vinicoles françaises. Les distilleries vinicoles sont des PME historiques des territoires et constituent un acteur environnement indispensable de l’écosystème vitivinicole. Sur le territoire de l’AOC Champagne, la distillerie installée à Aÿ-Champagne valorise ainsi la quasi-totalité des sous-produits de la vinification des vignes de Champagne. Les distilleries sont chargées de la collecte et de la valorisation de plus de 850 000 tonnes de marc de raisin et de 1,4 million d’hectolitres de lie de vin chaque année. Si ces sous-produits de la vinification ne sont pas distillés, ils doivent être considérés comme des polluants. La mesure de prestation vinique, qui concerne la distillation des marcs et des lies, est d’ailleurs classée comme une mesure environnementale dans le Plan stratégique national (PSN). Pourtant, le modèle économique de cette filière est aujourd’hui menacé. La majorité de l’alcool vinique produit (70 % à 75 % du chiffre d’affaires alcool) est destiné au biocarburant, contribuant à la diminution des émissions de gaz à effet de serre. Cependant, la filière fait face à une chute de près de 50 % des prix de l’éthanol vinique, une situation causée par la pression des importations extra-européennes à bas prix, notamment du Brésil et d’Ukraine. En effet, les opérateurs français produisent de petits volumes (environ 200 hl/jour) et ne peuvent pas rivaliser avec les opérateurs massifs étrangers. Afin de protéger le tissu industriel français et d’assurer la survie de cette filière qui risque la fermeture d’ici 2027, une seule solution pérenne envisagée par la profession est la mise en place d’un mécanisme réglementaire spécifique. Il s’agit d’intégrer un sous-objectif viticole dans le futur dispositif d’Incitation à la réduction de l’intensité carbone des carburants (IRICC), lequel est prévu par la directive RED III et doit remplacer la TIRUERT au 1er janvier 2027. Cette demande de protection structurelle fait l’objet d’une recommandation d’un rapport d’information no 96 du Sénat sur la filière viticole. Ce rapport préconise en effet de soutenir les distilleries en insérant dans le projet IRICC un sous-objectif d’incorporation de biocarburants avancés essence d’origine vinique. En conséquence, il lui demande si le Gouvernement compte introduire et défendre la création de ce sous-objectif viticole dans le futur mécanisme IRICC, conformément aux recommandations du Sénat, afin de pérenniser le rôle environnemental et la compétitivité de la filière des distilleries vinicoles françaises. Consommation Information viande GMS 12397. − 27 janvier 2026. − M. Michel Guiniot interroge Mme la ministre de l’agriculture, de l’agroalimentaire et de la souveraineté alimentaire sur l’indication de l’origine des viandes dans le cadre de l’étiquetage des produits destinés à la vente. Le décret no 2016-1137 du 19 août 2016 sur l’indication géographique posait le principe, en son article 2, d’une indication systématique du lieu de naissance, d’élevage et d’abattage pour les viandes bovines, porcines, ovines, caprines et de volailles. Mais ce décret a été annulé à la suite de la décision no 404651 du Conseil d’État du 20 mars 2021. Cette décision a occasionné le retour à la réglementation antérieure, laquelle ne prévoyait l’indication du lieu de naissance que pour les bovins. Pourtant, avec l’arrivée sur le marché français de viandes étrangères, la distinction est primordiale pour permettre une information éclairée et complète du consommateur. À titre d’exemple, une volaille née en Ukraine, qui y aura passé trois semaines avant de venir en France quatre semaines avant son abattage, sera étiquetée comme d’origine française puisqu’il s’agit de sa période prédominante d’élevage. Cette indication n’a toujours pas été rétablie dans les derniers décrets sur le sujet, en particulier dans le décret de 2025 sur la viande en restauration. Il l’interroge donc sur l’opportunité de rétablir cette indication afin de garantir aux consommateurs une entière information sur les viandes qu’ils achètent, afin de protéger les éleveurs français. Élevage Filière œufs - accélérer le relèvement des seuils ICPE 12402. − 27 janvier 2026. − M. Lionel Vuibert attire l’attention de Mme la ministre de l’agriculture, de l’agroalimentaire et de la souveraineté alimentaire sur les tensions constatées ces derniers mois sur la filière œufs, qui interrogent la capacité de la production nationale à répondre, dans des délais courts, aux besoins du marché intérieur. Dans ce contexte, M. le député souhaite alerter Mme la ministre sur l’impact des procédures administratives applicables aux élevages de poules pondeuses, en particulier ceux soumis au régime des installations classées pour la protection de l’environnement (ICPE). Si ce cadre est indispensable à la protection de 523

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