2. Réponses des ministres
aux questions écrites
SÉNAT
11 MAI 2023
eux et mettre à jour ces informations tout au long de cette relation (articles L. 561-5 et L. 561-5-1 du code
monétaire et financier). L’article R. 561-12 du code monétaire et financier prévoit, en outre, que : « La nature et
l’étendue des informations collectées [pour connaître l’objet et la nature de la relation d’affaires] ainsi que la fréquence
de la mise à jour de ces informations et l’étendue des analyses menées sont adaptés au risque de blanchiment de capitaux
et de financement du terrorisme présenté par la relation d’affaires. » L’arrêté du ministre de l’économie et des finances
en date du 2 septembre 2009 et pris en application de l’article R. 561-12 du code monétaire et financier énumère
de manière exhaustive les informations susceptibles d’être recueillies pendant toute la durée de la relation d’affaires
aux fins d’évaluation des risques LCB-FT. Il s’agit surtout d’informations permettant d’évaluer la situation
économique, financière et professionnelle du client ainsi que l’origine et la destination des fonds. Cette approche
dite par les risques est prescrite par les recommandations du Groupe d’Action Financière (GAFI), l’organisme
international compétent pour établir les standards LCB-FT que chaque Etat membre s’est engagé à respecter et
retranscrire dans son droit interne. La recommandation 10 (qui porte sur les mesures de vigilance clientèle)
indique ainsi que : « […] les institutions financières […] devraient déterminer la portée et l’étendue de ces mesures en
fonction d’une approche par les risques […]. » En principe, conformément à ce que prévoit le I de l’article 116 de la
loi Informatique et Libertés (Loi no 78-17 du 6 janvier 1978 relative à l’informatique, aux fichiers et aux libertés), les
banques sont tenues de faire part à leurs clients des raisons qui les poussent à leur demander ces informations et de
l’utilisation qui en sera faite. Elles doivent également informer les clients des conséquences qu’entraîne un refus de
leur part de fournir les informations demandées (par exemple, l’impossibilité d’accéder à une partie des services
bancaires). Par ailleurs, chaque banque détermine librement les modalités et dispositifs internes par lesquels elle se
conforme à ses obligations LCB-FT. Néanmoins, il fait partie des missions de l’Autorité de contrôle prudentiel
et de résolution (ACPR) non seulement de contrôler et d’apprécier si ces obligations sont efficacement mises en
œuvre, mais aussi de veiller à ce que les intérêts de la clientèle soient effectivement protégés et, notamment, à ce
que les banques respectent les dispositions du code de la consommation portant sur l’information des clients et les
pratiques commerciales, les clauses abusives des contrats et la conclusion des contrats à distance en matière de
services financiers (art. L. 612-1 du code monétaire et financier). Enfin, les banques sont tenues de déclarer à
TRACFIN, la cellule de renseignement financier rattachée au ministère de l’économie, des finances et de la
souveraineté industrielle et numérique, « les sommes inscrites dans leurs livres ou les opérations portant sur des sommes
dont elles savent, soupçonnent ou ont de bonnes raisons de soupçonner qu’elles proviennent d’une infraction passible
d’une peine privative de liberté supérieure à un an ou sont liées au financement du terrorisme » (article. L. 561-15 du
code monétaire et financier). En tant que détectrices de premier niveau des opérations de blanchiment et de
financement du terrorisme (au même titre que les autres entités assujetties à la LCB-FT), les banques procèdent
donc aux signalements nécessaires à l’autorité compétente, à savoir Tracfin. C’est ensuite à Tracfin, puis, le cas
échéant, aux autorités répressives (police, justice), de mener les enquêtes sur les soupçons de blanchiment et de
financement du terrorisme, et non aux banques elles-mêmes.
Impact des refus de recensement pour les communes
5773. − 16 mars 2023. − M. Cyril Pellevat attire l’attention de Mme la secrétaire d’État auprès du ministre de
l’intérieur et des outre-mer, chargée de la citoyenneté sur l’impact des refus de recensement pour les
communes. Certains administrés refusent de remplir les formulaires de recensement ou refusent d’ouvrir aux
agents des collectivités venus enquêter. Si une amende est prévue en cas de refus rép��tés de recensement, son
montant de 38 euros est dérisoire et ne permet pas de dissuader les personnes réfractaires. Elle est de ce fait très
rarement prononcée. Les refus de recensement ont pourtant un impact pour les communes, notamment financier,
puisque la dotation globale de fonctionnement versée par l’État est calculée en fonction du nombre d’habitants. Si
les agents recenseurs peuvent remplir une fiche de logement non-enquêté (FLNE), étant donné qu’ils n’ont pas pu
contacter les habitants du logement, il n’est jamais certain qu’il s’agit bien d’une résidence principale, en
particulier lorsqu’ils n’ont pu obtenir aucun renseignement précis de la part du voisinage. Ainsi des FLNE peuvent
être remplies à tort pour des résidences non-principales. De même, le nombre de personnes résidant dans le
logement ne peut pas être déterminé exactement. Au regard de ces éléments, il lui demande donc de quelle façon
elle entend limiter l’impact des refus de recensement pour les communes et si elle compte renforcer les sanctions
pour refus de recensement. − Question transmise à M. le ministre de l’économie, des finances et de la
souveraineté industrielle et numérique.
Réponse. − La répartition des rôles, prévue par la loi no 2002-276 du 27 février 2002(titre V, article 156, paragraphe
III), est essentielle pour le bon déroulement du recensement de la population et la qualité de ses résultats : l’Insee
organise et contrôle le recensement de la population ; la collecte des données est préparée et réalisée par les
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