SÉNAT
11 MAI 2023
1. Questions écrites
SOLIDARITÉS, AUTONOMIE ET PERSONNES HANDICAPÉES
Difficultés des personnes en situation de handicap
6684. − 11 mai 2023. − M. Pascal Allizard attire l’attention de M. le ministre des solidarités, de l’autonomie et
des personnes handicapées à propos des difficultés des personnes en situation de handicap. Il rappelle que dans
une décision récente, le Comité européen des droits sociaux du Conseil de l’Europe a conclu à une violation par la
France de plusieurs articles de la Charte sociale européenne. Parmi les motifs, la décision évoque le manquement
des autorités à adopter des mesures efficaces dans un délai raisonnable en ce qui concerne l’accès aux services d’aide
sociale et aux aides financières, l’accessibilité des bâtiments, des installations et des transports publics, et à
développer et adopter une politique coordonnée pour l’intégration sociale et la participation à la vie de la
communauté des personnes handicapées. Elle évoque des problèmes liés à l’inclusion des enfants et adolescents
handicapés dans les écoles ordinaires, à l’accès des personnes handicapées aux services de santé, une pénurie de
services d’aide et le manque d’accessibilité des bâtiments et des installations, ainsi que des transports publics. Cette
décision fait suite à une réclamation introduite par diverses associations souhaitant alerter sur la situation des
personnes handicapées et de leurs familles. Par conséquent, il souhaite savoir comment le Gouvernement entend
renforcer sa politique d’inclusion des personnes handicapées à la lumière des constats formulés par le Comité
européen des droits sociaux du Conseil de l’Europe.
Instauration d’un tarif socle de l’allocation personnalisée d’autonomie du particulier employeur
6695. − 11 mai 2023. − Mme Pascale Gruny attire l’attention de M. le ministre des solidarités, de l’autonomie
et des personnes handicapées sur l’instauration d’un tarif socle de l’allocation personnalisée d’autonomie (APA)
du particulier employeur. Le tarif socle de l’APA, exclusivement destiné aux prestataires autorisés, permet la
solvabilisation de l’aide à domicile, si tant est que la personne en perte d’autonomie choisisse le mode prestataire.
Cette solvabilisation s’opère au détriment des autres modes d’intervention dont la solvabilisation via l’APA dépend
des capacités budgétaires du département, créant une hétérogénéité territoriale dans le bénéfice de cette allocation
dont pâtissent les particuliers employeurs. L’allocation personnalisée d’autonomie n’est de fait pas accessible aux
particuliers employeurs qui, dans de très nombreux départements, doivent encore licencier leur salarié à domicile
pour avoir accès à l’APA. C’est pourquoi, l’instauration d’un tarif socle de l’APA en emploi direct et mandataire au
sein d’une prochaine loi de financement pour la sécurité sociale est plébiscitée. Tous les départements auraient
alors une base pour ouvrir l’APA à tous les modèles d’emploi et pas uniquement aux prestataires autorisés. La
compensation de la caisse nationale de solidarité pour l’autonomie (CNSA) induite par l’instauration d’un tarif
socle permet de ne pas faire reposer l’effort financier sur les départements dont les budgets sont déjà contraints.
Compte tenu de l’altération du principe de liberté du mode d’intervention pour la personne en perte d’autonomie
provoquée par l’exclusion de l’emploi direct et mandataire du tarif socle, elle demande si le Gouvernement
envisage l’instauration d’un tarif socle des particuliers employeurs.
Ubérisation du secteur de l’aide à domicile
6698. − 11 mai 2023. − M. Laurent Burgoa attire l’attention de M. le ministre des solidarités, de l’autonomie et
des personnes handicapées sur une menace pour la qualité et la sécurité des prestations réalisées auprès des publics
fragiles au profit de l’ubérisation du secteur de l’aide à domicile. En effet, le ministère de l’économie et des finances
envisagerait par voie réglementaire de modifier le cahier des charges de l’agrément qui définit aujourd’hui les
exigences de qualité et de sécurité que doivent respecter les structures et les professionnels du secteur. Ce projet
d’arrêté, qui pourrait être publié prochainement, entrainerait entre autres dispositions deux modifications
majeures pour le secteur ainsi que pour la sécurité des professionnels et des familles, à savoir : la suppression de
l’obligation pour les structures qui interviennent auprès des publics fragiles de détenir un local dans leur territoire
d’implantation. Ainsi, elles ne pourraient plus recevoir les familles, les aidants mais également les professionnels
qui seraient livrés à eux-mêmes sans temps d’encadrement et sans lien social. Le projet supprimerait également
l’obligation de devoir organiser un entretien physique préalable avec les intervenants avant de les recruter et de les
faire intervenir auprès d’enfants de moins de 3 ans ou de personnes dépendantes. Ainsi, il n’y aurait plus aucun
contrôle physique de la structure quant à la personne qui devra réaliser la prestation. L’identité, le savoir faire et le
savoir être ne seront donc plus des prérequis pour intervenir auprès de publics fragiles. Alors que le secteur a pu
être exposé récemment à des scandales liés à des défauts de qualité et de maltraitance, cette remise en cause des
règles en vigueur au détriment de la qualité et de la sécurité serait incompréhensible tant pour le grand public, les
bénéficiaires eux-mêmes et les professionnels. Il lui demande de bien vouloir le rassurer à ce sujet.
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