SÉNAT
11 MAI 2023
1. Questions écrites
Questions écrites
AGRICULTURE ET SOUVERAINETÉ ALIMENTAIRE
Situation précaire de la filière arboricole limousine
6689. − 11 mai 2023. − M. Christian Redon-Sarrazy attire l’attention de M. le ministre de l’agriculture et de la
souveraineté alimentaire sur la situation très précaire de la filière arboricole limousine et singulièrement des
entreprises de l’aval en matière de commercialisation et transformation des pommes du Limousin, seules pommes
françaises à bénéficier d’une appellation d’origine protégée (AOP). Cette filière agricole a été fortement impactée
par 2 années de gel consécutives, avec notamment un épisode de 2022 qui a impacté négativement la récolte de
pommes de 30 à 40 % et a donc entrainé de faibles tonnages à emballer. En 2021, un dispositif avait déjà permis
d’amortir les retombées économiques négatives d’une première baisse de production consécutive aux gels de
printemps. Avec à nouveau une année 2022 catastrophique, les professionnels sont inquiets pour la pérennité de
leur activité sur notre territoire et pour les 4 000 emplois qui en dépendent. Aujourd’hui, ils déplorent que rien
n’ait été engagé, comme annoncé par l’État au printemps 2022, afin de soutenir tous les maillons de cette filière,
de la production à la mise sur le marché. Il lui demande quand les annonces faites au printemps 2022 seront
effectives, afin que les entreprises de l’aval de la filière arboricole limousine puissent se relever et continuer leur
activité dans notre territoire. Une absence de mesures concrètes à ce jour met en péril les nombreux emplois de la
filière qui, déjà fragile, a besoin d’un soutien de l’État.
Vaccination contre l’influenza aviaire
6690. − 11 mai 2023. − Mme Annick Billon attire l’attention de M. le ministre de l’agriculture et de la
souveraineté alimentaire sur la campagne de vaccination contre l’influenza aviaire. Le 1er février 2023, le cabinet
du ministre a présenté aux élus les modalités d’un plan de vaccination contre l’influenza aviaire avec la mise en
place d’un comité de pilotage, ainsi que d’un calendrier prévisionnel pour une vaccination en septembre. Trois
mois après cette information, les professionnels redoutent une nouvelle épidémie. Les interrogations demeurent
sur la réalité du plan de vaccination, sur son financement, sur les indemnisations financières aux éleveurs concernés
par les abattages préventifs et les vides sanitaires, sur les risques à l’export. Aussi, elle lui demande comment la
campagne de vaccination est envisagée et quelles seront les modalités de sa mise en oeuvre.
Interdiction du S-métolachlore par l’agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de
l’environnement et du travail
6692. − 11 mai 2023. − M. Jean-François Longeot appelle l’attention de M. le ministre de l’agriculture et de la
souveraineté alimentaire sur l’interdiction du S-métolachlore par l’agence nationale de sécurité sanitaire de
l’alimentation, de l’environnement et du travail (ANSES). L’ANSES a acté le 20 avril 2023 le retrait de plusieurs
autorisations de mises sur le marché (AMM) concernant des herbicides à base de S-métolachlore, en raison de la
détection de dérivés chimiques au-delà des limites autorisées dans les nappes phréatiques, et donc potentiellement
dans l’eau potable. Plus précisément, l’agence supprime quatre AMM en intégralité, retire certains usages pour
cinq formulations commerciales et annule quatre permis de commerce parallèle pour des produits autorisés par
d’autres pays de l’Union européenne. La vente et la distribution de produits phytopharmaceutiques à base de Smétolachlore resteront autorisées jusqu’au 20 octobre 2023. Cependant, une décision d’interdiction de la
Commission européenne pourrait ne pas intervenir avant novembre 2024. Sans remettre en cause le bien-fondé
scientifique de ce choix ou l’indépendance de l’ANSES, cette décision soulève des préoccupations majeures quant
à la souveraineté alimentaire et aux écarts de réglementation entre les pays européens. En effet, ces produits étant
largement employés pour les cultures de maïs, de tournesol et de soja, cette situation impacterait les capacités de
production de la filière agricole française, en contradiction avec l’ambition de souveraineté alimentaire de notre
pays. De surcroît, cette interdiction anticipée en France créerait inévitablement des distorsions de concurrence
avec les autres pays européens qui continueraient à autoriser l’utilisation de cette substance, sans restriction de
durée. En matière de santé publique, il est également à noter que cette décision favoriserait l’importation de
produits agricoles qui ne respectent pas les normes auxquelles sont soumis les agriculteurs français. Dans ce
contexte, il lui demande de l’informer des mesures que le Gouvernement compte prendre pour résoudre les
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