SÉNAT
11 MAI 2023
ne peut également être honorée dans son intégralité au regard d’un manque criant de personnel. En 2022, ce sont
95 % de celles-ci qui ont été confrontées à cette problématique. Une absence de reconnaissance salariale, un fort
absentéisme et des conditions de travail parfois difficiles en sont les principales causes. La mise en place de leviers
nécessaires pour une meilleure attractivité de ce métier s’avère aujourd’hui indispensable pour la bonne continuité
du parcours de soins des personnes vulnérables et un suivi adapté à leurs besoins. Aussi, elle demande au
Gouvernement de bien vouloir lui indiquer les mesures qu’il entend prendre pour conserver un maillage territorial
suffisant et ainsi permettre le soutien à domicile des plus fragiles dans la gestion de leur vie quotidienne.
Aides à domicile et propositions de l’association APF handicap
2. Réponses des ministres
aux questions écrites
5941. − 23 mars 2023. − M. Daniel Laurent attire l’attention de M. le ministre des solidarités, de l’autonomie
et des personnes handicapées sur la valorisation des aides à domicile et la reconnaissance de leur engagement qui
permet chaque jour aux personnes de se maintenir à domicile. Force est de constater que nombre de personnes en
situation de handicap ne trouvent plus d’aides humaines ni de professionnels de soins pour intervenir à leur
domicile. Les mesures publiques prises ces dernières années apparaissent dès lors insuffisantes. L’association APF
handicap demande un plan d’urgence et l’organisation d’un Grenelle de l’aide à domicile associant les
organisations représentatives des personnes en situation de handicap et de leurs familles. En conséquence, il lui
demande quelles sont les propositions du Gouvernement en la matière.
Réponse. − Conscient des difficultés de recrutement dans les métiers du soin et de l’accompagnement à domicile, le
Gouvernement a pris des engagements forts pour développer l’attractivité de ces métiers, dans le cadre d’une
stratégie globale qui vise à travailler sur l’ensemble des leviers : conditions de travail et rémunérations, qualité de
vie au travail, accès à la formation. Ces dernières années ont tout d’abord vu les financements de la branche
autonomie en faveur de l’aide à domicile augmenter fortement, avec par exemple : - la création d’un tarif plancher
de l’aide personnalisée à l’autonomie (APA) et de la prestation de compensation du handicap (PCH) ; - la création
d’une dotation complémentaire pour financer notamment des actions auprès de publics spécifiques, de soutien aux
aidants ou encore de qualité de vie au travail ; - l’instauration, via la loi de financement de la Sécurité sociale pour
2023, de deux heures de convivialité supplémentaires pour tous les plans d’aide APA ; - ou encore le soutien aux
revalorisations salariales. Concernant les rémunérations, l’agrément par l’État de l’avenant 43 de la branche de
l’aide à domicile a ainsi permis des revalorisations historiques de rémunérations de 15 % en moyenne des salaires
des employés du secteur associatif. Pour les services d’aide et d’accompagnement à domicile (SAAD) relevant de la
fonction publique territoriale, le décret no 2022-740 du 28 avril 2022 élargit le bénéfice de la revalorisation de
183 € net aux aides à domicile des centres communaux d’action sociale (CCAS) et centres intercommunaux
d’action sociale (CIAS) exerçant leurs missions auprès de bénéficiaires de l’APA ou de la PCH. En application de
l’article 44 de la loi no 2022-1157 du 16 août 2022 de finances rectificative pour 2022, le décret no 2022-1497,
publié le 30 novembre 2022, a transformé cette prime de revalorisation en complément de traitement indiciaire
pour les fonctionnaires exerçant des missions d’aide à domicile auprès des personnes âgées ou des personnes
handicapées au sein des SAAD relevant de la fonction publique territoriale. A ces avancées vient s’ajouter la
revalorisation du point d’indice de la fonction publique au 1er juillet 2022, qui concerne l’ensemble des agents
publics, notamment ceux exerçant au sein des établissements et services sociaux et médico-sociaux (ESSMS). En
miroir, l’Etat a agréé les avenants à la convention collective de la branche de l’aide à domicile portant
revalorisation des plus bas coefficients de salaire et de la valeur du point. Pour faire face aux besoins croissants de
recrutement de ce secteur, des solutions de court et moyen terme sont mobilisées. Dès le début de l’année 2022,
une campagne de recrutement d’urgence pour les métiers du soins et d’accompagnement a ainsi été lancée, portée
par l’Etat avec l’appui des agences régionales de santé (ARS) et du service public de l’emploi. Celle-ci a notamment
permis de mettre en place des dispositifs de coordination au niveau territorial engageant les ARS, les directions
régionales de l’économie, de l’emploi, du travail et des solidarités (DREETS), les conseils régionaux, le réseau
régional de pôle emploi ainsi que l’union régionale des missions locales, pour identifier les viviers de professionnels
et proposer des formations courtes qualifiantes prises en charge par l’Etat. Ces différents axes d’action viennent
renforcer les efforts déjà initiés par l’augmentation du nombre de places dans les instituts de formation. En effet,
12 600 places supplémentaires ont été ouvertes depuis 2020 pour les formations d’aide soignants, d’infirmiers et
d’accompagnants éducatifs et sociaux. Des mesures pour favoriser le développement de l’apprentissage dans le
secteur médico-social et sanitaire, afin d’y faire entrer davantage de jeunes, ont également été prises, elles visent
notamment à lever des freins juridiques (levée du quota limitant les places en apprentissage, travaux sur
l’apprentissage dans la fonction publique hospitalière) et à apporter des incitations financières spécifiques (aide
exceptionnelle pour réduire le coût du salaire des apprentis). L’engagement de développement de l’emploi et des
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