SÉNAT
4 JUIN 2026
2. Réponses des ministres
aux questions écrites
l’extension de la Prime Ségur. Mise en place, suite à la crise sanitaire, pour les professionnels de santé, la prime
Ségur s’est élargie à certains établissements et services sociaux et médico-sociaux, ainsi qu’aux soignants et aides
médico-psychologiques, auxiliaires de vie sociale et accompagnants éducatifs et sociaux exerçants dans les
établissements médico-sociaux. Dans la loi no 2025-127 du 14 février 2025 de finances pour 2025, une enveloppe
de 7 millions d’euros avait été prévue, comme compensation de l’État, pour abonder ces primes. Pour autant, il
semble que de nombreux employeurs attendent toujours le versement de ces crédits (et ceci malgré de nombreuses
relances des intéressés, alertant l’État), pour pouvoir donner ladite prime à leurs employés, se plaçant donc dans
une situation de risque prud’homal important. En ne versant pas les crédits aux employeurs, tout en imposant que
la prime Ségur soit bien versée auxdits employés, l’État met en péril des emplois et les finances de ces structures.
Aussi, elle lui demande de bien vouloir lui préciser les raisons de ce retard dans les versements et quand le
Gouvernement entend-il abonder les crédits prévus, à l’attention des employeurs concernés par le versement de la
Prime Ségur, afin qu’ils puissent donner lesdites primes à leurs employés, comme prévu par la loi. − Question
transmise à Mme la ministre déléguée auprès de la ministre de la santé, des familles, de l’autonomie et des
personnes handicapées, chargée de l’autonomie et des personnes handicapées.
Réponse. − L’attractivité des métiers des secteurs sanitaire, social et médico-social constitue une priorité de la feuille
de route gouvernementale. En partenariat avec les conseils départementaux, les professionnels du secteur ont
bénéficié de revalorisations à hauteur de 4 milliards d’euros. Cette mesure a concerné près de 700 000 salariés,
dont environ 500 000 dans le cadre des dispositifs issus du Ségur de la santé et de la mission Laforcade, avec une
revalorisation mensuelle nette de 183 euros. À la suite de la conférence des métiers sociaux du 18 février 2022, ces
revalorisations ont été étendues à 200 000 professionnels de la filière socio-éducative. Il convient de rappeler tout
d’abord qu’au sein de la fonction publique hospitalière, l’ensemble des agents administratifs et techniques évoluant
dans un Établissement ou service social ou médico-social (ESSMS) public rattaché à un établissement public de
santé ou un Etablissement d’hébergement pour personnes âgées dépendantes (EHPAD) public bénéficient du
Complément de traitement indiciaire (CTI). Dans une décision no 2023-1084 QPC du 21 mars 2024, le Conseil
constitutionnel a jugé que le législateur a pu réserver le bénéfice du CTI aux seuls agents publics visés par l’article
48 de la Loi de financement de la sécurité sociale (LFSS) pour 2021, sans l’étendre à tous les agents des ESSMS. Le
Conseil constitutionnel a considéré que cette distinction opérée par l’article 48 de la LFSS pour 2021 était
conforme à la Constitution, la différence de traitement étant justifiée par une différence de situation. Ensuite,
l’accord du 4 juin 2024 a étendu le Ségur à l’ensemble des professionnels de la Branche associative sanitaire, sociale
et médico-sociale (BASS) qui n’en avait pas bénéficié. La branche autonomie de la sécurité sociale, en tant que
financeur majoritaire des ESSMS, a d’ores et déjà financé la mise en oeuvre de cet accord à hauteur de 300 Meuros
dès juillet 2024. Cet accord a été agréé conformément à l’article L. 314-6 du code de l’action sociale et des
familles, après consultation de la commission nationale d’agrément. Cet agrément rend le « Ségur pour tous »
opposable aux différents financeurs des ESSMS relevant de la branche de l’action sanitaire, sociale et médicosociale qu’il s’agisse de la sécurité sociale, l’Etat et les conseils départementaux. Le Gouvernement a pris en compte
les difficultés de financement de l’accord du 4 juin par certains départements sur le périmètre des ESSMS. Aussi, le
Gouvernement et Départements de France sont parvenus à un compromis sur le financement de l’accord agréé du
4 juin 2024 de la BASS dit "Ségur pour tous" lors du comité des financeurs des politiques sociales le 29 avril 2025.
Ainsi, l’article 93 de la loi no 2025-1403 du 30 décembre 2025 de financement de la sécurité sociale pour 2026
prévoit le versement par la caisse nationale de solidarité pour l’autonomie d’une aide financière annuelle et pérenne
de 85 millions d’euros aux départements, au titre de la mise en oeuvre de l’accord du 4 juin 2024, avec effet au
1er janvier 2025.
Frais supportés par les aidants lors de l’hospitalisation d’un proche
6369. − 23 octobre 2025. − M. Alexandre Basquin attire l’attention de Mme la ministre de la santé, des
familles, de l’autonomie et des personnes handicapées sur les dépenses souvent lourdes que doivent supporter
les aidants familiaux lors de l’hospitalisation d’un proche. Lorsqu’un patient est hospitalisé loin de son domicile en
raison de la spécialisation de certains établissements ou du manque de places à proximité, les proches aidants
doivent fréquemment se déplacer et séjourner sur place afin de pouvoir lui apporter un soutien quotidien. Ces
situations engendrent des frais importants : hébergement temporaire, repas, et surtout stationnement, souvent
onéreux dans ou autour des établissements de santé. Si certaines structures, telles que les « maisons des familles »,
offrent des solutions d’hébergement à proximité des hôpitaux, leurs tarifs, bien qu’indexés sur le quotient familial,
restent parfois trop élevés pour des foyers modestes, déjà fragilisés par la maladie. Par ailleurs, le coût du
stationnement dans les parkings hospitaliers atteint souvent des montants difficilement supportables pour des
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