2. Réponses des ministres
aux questions écrites
SÉNAT
4 JUIN 2026
nombre significatif de collectivités ont ainsi rencontré de plus en plus de difficultés à s’assurer. Cette raréfaction de
l’offre assurantielle pour les acheteurs publics s’est traduite par une pression à la hausse des primes, voire par
l’absence de réponse à certains appels d’offres. En 2024, pour l’ensemble des collectivités locales, l’augmentation
moyenne a été de +22,9 %, contre +11,2 % l’année précédente. En un an, ce rebond a représenté 220 Meuros
supplémentaires, pour un total de 1,175 Mdeuros. En outre, pour les contrats existants, certains assureurs font
application des dispositions législatives du code des assurances pour résilier les contrats ou imposer des conditions
tarifaires qui peuvent être difficilement soutenables. Les dispositions législatives du code des assurances autorisent
en effet les assureurs à résilier de façon anticipée et unilatérale leurs contrats en cas d’aggravation du risque (article
L.113-4 du code des assurances). Face à ces difficultés assurantielles, l’évaluation du risque et de la valeur assurée
avec le plus haut degré de précision possible est, pour les collectivités, une condition indispensable pour faciliter le
dialogue avec les assureurs et accroître leurs chances d’obtenir des réponses aux appels d’offres. Par ailleurs, plutôt
que de chercher une couverture totale du risque, une évaluation préalable détaillée permet d’accepter des franchises
et primes en adéquation avec les réalités économiques de la collectivité et d’envisager l’auto-assurance dans certains
cas. La mise en oeuvre d’une politique ambitieuse de prévention et de protection contre les risques est donc
fondamentale pour réduire le coût de l’assurance. Par exemple, il existe une corrélation forte entre l’existence d’un
plan de prévention du risque inondation sur un territoire et la fréquence des sinistres. A ce titre, l’Etat a porté à
300 Meuros, dans la loi de finances pour 2025, le budget alloué au Fonds de prévention des risques naturels
majeurs (dit « fonds Barnier »), qui peut être mobilisé par les collectivités pour financer des dépenses
d’investissement afin de réaliser des études, des travaux ou des équipements de prévention ou de protection contre
les risques naturels. Les difficultés rencontrées dans l’exécution des contrats d’assurance, et en particulier la crainte
de la résiliation unilatérale par l’assureur, doivent inciter les collectivités à délimiter le plus précisément possible la
notion d’« aggravation du risque » dans le contrat afin que l’assureur soit limité dans son droit à résiliation
unilatérale. Elles peuvent également inclure dans le marché public des clauses encadrant l’évolution de son prix.
Dans le but d’éviter une augmentation excessive du montant des primes en cours d’exécution du contrat, les
collectivités peuvent prévoir une clause permettant de réduire les risques à garantir en cas de hausse anormale de la
sinistralité, ou bien encore une clause de sauvegarde permettant de résilier le contrat sans indemnité si
l’augmentation de la prime dépasse un certain montant ou pourcentage. En avril 2024, Alain Chrétien et JeanYves Dagès, missionnés par le Gouvernement, ont finalisé un rapport sur l’assurabilité des biens des collectivités
locales et de leurs groupements. Le Sénat a par ailleurs produit en mars 2024 un rapport d’information relatif aux
problèmes assurantiels des collectivités territoriales. Le Gouvernement s’est pleinement saisi en 2025 des enjeux
d’assurabilité des collectivités locales, notamment en réunissant les acteurs concernés à l’occasion du Roquelaure
de l’assurabilité des territoires. A la suite de concertations et d’une étude des propositions portées par les différents
acteurs, le Gouvernement a signé, avec France assureurs et les principales associations d’élus, une Charte nationale
d’engagement déclinée dans un plan d’actions présenté le 14 avril 2025. Plusieurs actions prévues par ce plan ont
d’ores et déjà été réalisées. Ainsi, un guide des marchés publics d’assurance des collectivités territoriales et de leurs
groupements a été publié à la suite d’un travail partenarial piloté par la direction des affaires juridiques et la
direction générale du trésor du ministère de l’économie et des finances et de la souveraineté industrielle et
numérique. Ce document permet de clarifier l’articulation entre le code des assurances et celui de la commande
publique, d’aider les collectivités à déterminer leurs besoins et à passer et exécuter leurs marchés, et de partager
certaines bonnes pratiques. Par ailleurs, la cellule CollectivAssur est opérationnelle depuis le 1er juillet 2025. Elle
accompagne les collectivités n’étant pas parvenues à trouver de solution d’assurance ou connaissant des difficultés
avec leur assureur. CollectivAssur s’engage à recontacter une collectivité ayant complété le formulaire de saisie
disponible sur son site sous 3 jours ouvrés. S’agissant spécifiquement de la garantie dite "émeutes", celle-ci a fait
l’objet d’un groupe de travail appuyé par les équipes du Trésor et de France assureurs. Un amendement
gouvernemental a été déposé au Sénat en décembre dernier dans le projet de loi de finances dont le dispositif a été
dépuis examiné et validé par le Conseil constitutionnel dans sa décision du 19 février dernier. Le Gouvernement
est ainsi pleinement mobilisé sur ce sujet essentiel pour la couverture des collectivités.
Modalités de reversement de la compensation « part salaires » aux communes membres des
établissements publics de coopération intercommunale à fiscalité additionnelle
7346. − 15 janvier 2026. − M. Rémy Pointereau attire l’attention de Mme la ministre de l’aménagement du
territoire et de la décentralisation sur les modalités de reversement de la compensation « part salaires » (CPS) aux
communes membres des établissements publics de coopération intercommunale (EPCI) à fiscalité additionnelle.
La loi no 2023-1322 du 29 décembre 2023 de finances pour 2024 a modifié les articles L. 2334-7 et L. 5211-28-1
du code général des collectivités territoriales (CGCT) afin que la compensation « part salaires » (CPS), intégrée à la
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