SÉNAT
4 JUIN 2026
2. Réponses des ministres
aux questions écrites
en service à l’étranger. Destiné à compenser la perte de revenus liée à la cessation ou à la limitation d’activité
professionnelle des conjoints d’agents expatriés, ce supplément est actuellement indexé sur l’indemnité de
résidence à l’étranger (IRE), elle-même déterminée en fonction de la catégorie, du grade et de l’échelon de l’agent.
Il en résulte une inégalité manifeste : dans un même poste, les conjoints d’agents de catégorie A perçoivent un
supplément familial plus élevé que ceux des agents de catégories B ou C, alors qu’ils sont confrontés aux mêmes
contraintes locales et aux mêmes difficultés d’accès à l’emploi. Cette situation apparaît contraire à l’objectif du
supplément familial, qui vise à compenser une perte de revenus subie par les conjoints, et non à prolonger les
écarts de rémunération entre agents. Elle renforce en outre les inégalités sociales entre familles d’agents à l’étranger.
Elle demande donc au Gouvernement s’il envisage de réformer le mode de calcul du supplément familial afin qu’il
ne soit plus indexé sur la catégorie de l’agent, mais qu’il soit identique pour tous les conjoints d’agents affectés
dans un même poste à l’étranger, ou à défaut, adossé à un niveau médian d’IRE.
Réponse. − Un supplément familial est versé aux agents de l’État en service à l’étranger qui sont mariés ou liés par
un pacte civil de solidarité, lorsque le conjoint ou le partenaire ne travaille pas, ou perçoit une rémunération
annuelle inférieure à un montant réglementairement fixé. Cet émolument est également versé aux agents
célibataires, divorcés, veufs ou séparés de corps, ayant un enfant à charge éligible aux majorations familiales. Le
supplément familial est égal à 10 % de l’indemnité de résidence à l’étranger. Son montant est susceptible de varier
d’un agent à l’autre, selon le pays d’affectation et le niveau du groupe d’indemnité de résidence à l’étranger dans
lequel l’agent est classé. Des réflexions ont été engagées en vue de modifier la règle de calcul de cet émolument.
L’option d’un pourcentage appliqué à un même groupe d’indemnité de résidence à l’étranger, qui garantirait le
versement d’un montant unique par pays, quelle que soit la catégorie de l’agent, est celle qui est privilégiée à ce
stade par le ministère de l’Europe et des affaires étrangères. Des discussions sont actuellement menées avec tous les
ministères affectant des agents à l’étranger afin de parvenir à une solution consensuelle. Cette question constitue
un enjeu important pour les agents ayant choisi de réaliser un projet d’expatriation en famille.
Évolutions envisagées du centre d’analyse, de prévision et de stratégie
7477. − 29 janvier 2026. − Mme Évelyne Renaud-Garabedian attire l’attention de M. le ministre de l’Europe
et des affaires étrangères sur les évolutions envisagées du centre d’analyse, de prévision et de stratégie (CAPS).
Dans son rapport publié début janvier 2026, la Cour des comptes relève la faiblesse des liens du CAPS avec les
acteurs économiques institutionnels, notamment les organisations représentatives des entreprises, les opérateurs
publics de la diplomatie économique et les institutions économiques internationales implantées en France. Elle
souligne en particulier le caractère très limité des relations du CAPS avec des acteurs tels que le Mouvement des
entreprises de France (MEDEF), MEDEF-International et Business France, alors même que ceux-ci disposent
d’une connaissance approfondie des réalités économiques internationales et de l’activité des entreprises françaises à
l’étranger. La Cour observe également que le CAPS exploite très marginalement le potentiel d’institutions
économiques internationales présentes à Paris, en particulier l’Organisation de coopération et de développement
économiques (OCDE), tant comme source d’analyse que comme relais d’influence. Cette situation apparaît
d’autant plus paradoxale que la diplomatie économique constitue un axe structurant de l’action extérieure de la
France, que le ministère exerce une cotutelle sur Business France et que des objectifs économiques figurent
explicitement parmi les missions assignées aux ambassadeurs. La Cour des comptes recommande en conséquence
de renforcer au sein du CAPS les compétences en économie internationale et de structurer davantage ses échanges
avec les acteurs économiques publics et privés. Elle souhaite donc savoir quelles mesures concrètes le
Gouvernement entend mettre en oeuvre, dès 2026, pour renforcer durablement les interactions du CAPS avec ces
acteurs, améliorer l’intégration des dimensions économiques, commerciales et financières dans ses travaux de
prospective et assurer une meilleure articulation entre le CAPS, les opérateurs de la diplomatie économique et les
grandes institutions économiques internationales présentes en France.
Réponse. − Comme le relève la Cour des Comptes, plusieurs mesures ont été prises depuis fin 2024 par la nouvelle
direction du Centre d’analyse, de prévision et de stratégie (CAPS) pour répondre aux recommandations émises
dans son rapport, en particulier : La densification et la multiplication de contacts de haut niveau entre le CAPS et
des entreprises exerçant de fortes activités internationales (notamment avec CMA-CGM, BNP Paribas, Safran,
EURONEXT, etc.) afin d’échanger sur l’analyse des risques géopolitiques ; La participation du CAPS aux contacts
menés par le Centre de crise et de soutien (CDCS) du Ministère des Affaires étrangères avec des sociétés
d’assurance et de réassurance sur l’analyse des risques-pays, dans le cadre de l’exercice d’alerte précoce mené par le
service ; Le resserrement des liens entre le CAPS et la Direction générale du Trésor dans le cadre de l’exercice
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