SÉNAT
4 JUIN 2026
assurée en continu. L’accompagnement à la réinstallation en France n’entre pas dans le champ de compétences de
ce ministère. Toutefois, pleinement sensibilisé, en raison de la relation étroite nouée avec les familles, aux
difficultés rencontrées par les captifs après leur retour et désireux de contribuer à leur résolution, le MEAE s’est
associé à un travail interministériel sous l’égide du ministère de la Justice, dans le cadre de l’aide aux victimes.
Derrière chaque cas, il y a des parcours humains marqués par de lourdes épreuves, pour les personnes concernées
comme pour leurs proches. Une réponse pragmatique est aujourd’hui possible à travers un dispositif
interministériel renforcé permettant, dès le retour en France, une prise en charge des personnes concernées,
incluant un suivi médical et psychologique, ainsi qu’un accompagnement social et administratif pour faciliter la
reprise d’une vie normale. Il convient de souligner qu’un équilibre doit être préservé : faire face à ces situations
avec la gravité qu’elles appellent, tout en évitant de créer des dispositifs qui ne seraient ni juridiquement sécurisés
ni adaptés à la diversité des cas. De même, l’ensemble des détentions à l’étranger, auxquelles est dédié le dispositif
de protection consulaire, ne sauraient être appréhendées de manière univoque comme des prises d’otages. Le
Gouvernement est pleinement attentif aux attentes exprimées par les anciens otages et leurs familles, ainsi que par
les associations qui les accompagnent. Le dialogue avec ces acteurs est engagé et se poursuivra.
2. Réponses des ministres
aux questions écrites
Protection des personnes LGBT+ au Sénégal
8507. − 23 avril 2026. − M. Rémi Féraud appelle l’attention de M. le ministre de l’Europe et des affaires
étrangères sur la nécessaire protection des personnes LGBT+ au Sénégal. Depuis la promulgation le 31 mars 2026
de la loi durcissant la répression au Sénégal, la situation des personnes LGBT+ y est devenue critique. La peine de
prison encourue a doublé, atteignant désormais 10 ans. Des discours de haine et une vague de violence se
rependent également dans le pays ces dernières semaines : insultes, menaces, agressions physiques. Ce phénomène
s’appuie aussi sur une désinformation dangereuse car, pour justifier une véritable traque, des rumeurs infondées
accusent des membres de la communauté LGBT+ de transmettre volontairement le virus de l’immunodéficience
humaine (VIH) à leurs partenaires. Il demande au Gouvernement les mesures qu’il entend mettre en place pour
faciliter la délivrance de visas humanitaires, afin de permettre aux personnes LGBT+ persécutées au Sénégal de
trouver asile en France et d’inciter ses partenaires européens à s’inscrire dans la même démarche de défense des
droits humains.
Réponse. − La France a exprimé sa préoccupation à la suite de la promulgation au Sénégal, le 30 mars 2026, d’une
loi qui durcit les peines encourues pour relations sexuelles entre personnes de même sexe et pénalise l’apologie et le
financement en vue de promouvoir l’homosexualité, la bisexualité et la transsexualité. Elle a rappelé son
attachement au respect des droits de l’Homme dans leur universalité et leur indivisibilité, ainsi que son
engagement en faveur de la dépénalisation universelle de l’homosexualité, de la défense des droits des personnes
LGBT+ et de la lutte contre les discriminations fondées sur l’orientation sexuelle et l’identité de genre. La France a
exprimé son plein soutien à toutes les personnes discriminées partout où leurs droits sont remis en cause, et en
particulier à tous ceux que cette loi met en danger. La France est mobilisée dans le cadre de son dialogue avec ses
partenaires sénégalais. Notre ambassade et notre consulat général à Dakar ont par ailleurs reçu des demandes
individuelles de diverses natures en lien avec ce contexte, et s’emploient à y répondre. Pour des raisons évidentes de
confidentialité et de sécurité, il n’est pas possible de donner d’informations complémentaires s’agissant de la
nature, du volume ainsi que du traitement réservé à ces demandes. Cette situation fait par ailleurs l’objet
d’échanges avec nos partenaires européens et affinitaires.
Place du programme Leader dans les négociations européennes en cours
8538. − 23 avril 2026. − M. Bruno Belin attire l’attention de M. le ministre de l’Europe et des affaires
étrangères sur les négociations relatives au futur cadre financier pluriannuel (CFP) 2028-2034, ainsi que sur les
futurs plans de partenariats nationaux et régionaux (PPNR), et plus particulièrement sur la place du programme
Leader (« Liaison entre les actions de développement de l’économie Rurale ») au sein de ces dispositifs. Le
programme Leader constitue un outil majeur de l’Union européenne en faveur du développement des territoires
ruraux, en plaçant les habitants au coeur des dynamiques locales. Il accompagne aujourd’hui plus de 300
territoires en France, couvrant près de 27 000 communes et 26 millions d’habitants. Si les premières propositions
législatives de la Commission européenne réaffirment le rôle du programme Leader en tant qu’instrument
stratégique au service de la cohésion territoriale, elles envisagent toutefois de rendre sa mise en oeuvre obligatoire
uniquement dans les territoires dits « les moins développés ». Or, cette notion relevant de l’appréciation des États
membres, une telle orientation pourrait conduire à restreindre le périmètre d’intervention du programme et, par
conséquent, fragiliser les groupes d’action locale (GAL). Par ailleurs, dans un courrier adressé le 6 janvier 2025 au
2750
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